Demoiselle Méline, la princesse (deuxième partie)

De Elkodico.

Demoiselle Méline, la princesse
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Demoiselle Méline, la princesse

Il offrit son bras à la mariée et la conduisit à l'église. Des orties poussaient près de la route et Méline leur dit :

Ortie, petite plante gracieuse, tu m'as l'air bien soucieuse !

Ne t'inquiète pas, je n'ai pas oublié le temps du chagrin refoulé,

Le temps tu fus ma seule pitance, peu douce et crue, mais en abondance.

- Qu'est-ce que tu dis ? demanda le prince.

- Rien, rien, répondit-elle, je pensais seulement à la princesse Méline.

Le marié fut surpris que sa fiancée connût Méline, mais il se tut.

Ils passèrent près du cimetière et lorsqu'ils arrivèrent devant l'escalier de l'église, Méline dit :


Supportez-moi, les marches, souffrez que je vous emprunte,

De la mariée qui n'en est pas une, écoutez la complainte.


- Que disais-tu ? demanda le prince.

- Rien, je pensais seulement à la princesse Méline.

- La connais-tu ?

- Mais non, rétorqua-t-elle, comment pourrais-je la connaître ? Mais j'ai entendu parler d'elle.

Ils s'arrêtèrent devant la porte de l'église et Méline dit :


Ô toi, la grande porte ! Que je passe, supporte !

De la mariée qui n'en est pas une, écoute la demande infime.


- Et maintenant, qu'est-ce que tu viens de dire ? S'étonna le prince.

- Oh, Je pensais encore à la princesse Méline, répondit-elle.

Le marié prit un collier de très grande valeur et le lui passa au cou.

Ils entrèrent dans l'église et devant l'autel le prêtre lia leurs mains et les maria. Sur le chemin de retour, Méline ne prononça pas un mot. De retour au palais, elle courut aussitôt dans la chambre de la mariée, ôta la belle robe, rangea les bijoux et remit sa chemise grise. Elle ne garda que le collier que le marié lui avait passé autour du cou devant l'église.

La nuit tomba et la mariée devait être conduite dans la chambre du prince.

Elle voila son visage pour que le prince ne s'aperçût pas de la supercherie. Dès que tous furent partis, le prince demanda :

- Qu'as-tu dit aux orties près de la route ?

- À quelles orties ? S'étonna la mariée. je ne parle pas aux orties.

- Si tu ne leur as pas parlé, tu n'es pas la vraie mariée, dit le prince.

Mais la mariée trouva la parade.

- Attends ! s'écria-t-elle :


Ma femme de chambre, j'appelle, car dans mes pensées lit-elle.


Elle sortit de la chambre et s'en prit à Méline :

- Servante ! Qu'as-tu dit aux orties près de la route ?

- je n'ai dit que cela :


Ortie, petite plante gracieuse, Tu m'as l'air bien soucieuse !

Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas oublié Le temps du chagrin refoulé,

Le temps tu fus ma seule pitance, Peu douce et crue, mais en abondance.


Auteur : Jacob et Wilhelm Grimm

Titre en elko

Texte en attente de traduction


Traduction : Nom du traducteur

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