L'Enfer (La Divine Comédie) - Chant IV

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

L'Enfer - Chant IV

Un tonnerre horrible rompit dans ma tête le profond sommeil, de sorte que je revins à moi comme quelqu’un réveillé de force : et levé, je jetai alentour mes yeux reposés, et regardai fixement pour connaître le lieu j’étais.

Je me trouvai sur le bord de l’abîme de douleur, retentit le tonnerre d’infinis hurlements. Cet abîme était si obscur, si profond, si sombre, que jetant mes regards au fond, je n’y discernais aucune chose.

« Nous descendons maintenant dans le monde ténébreux, dit le Poète, tout pâle : je serai le premier, et tu seras le second [].»

Et moi qui m’aperçus de sa pâleur, je dis : —Comment irai-je, si tu t’épouvantes, toi, l’ordinaire soutien de mes craintes ?

Et lui à moi : »L’angoisse de ceux qui sont en bas empreint mon visage de cette pitié que tu prends pour de la frayeur. Allons ! la longue route nous presseCe disant, il entra et me fit entrer dans le premier cercle qui ceint l’abîme.

, selon qu’en jugeait, l’ouïe, point de gémissements, mais des soupirs dont frémissait l’air éternel. Et ces soupirs venaient de la tristesse, toutefois sans souffrances [], que ressentaient des troupes nombreuses et d’enfants, et de Femmes, et d’hommes.

Le bon Maître me dit : »Tu ne demandes point qui sont ces esprits que tu vois ? Or, avant d’aller plus loin, je veux que tu saches qu’ils ne péchèrent point : mais, si leurs œuvres furent bonnes, cela ne suffit, parce qu’ils ne reçurent point le baptême, qui est la porte de la foi que tu crois. Ayant vécu avant le christianisme, ils n’adorèrent point Dieu dûment, et je suis moi-même de ceux-. Pour ces choses qui nous ont manqué, non pour autre crime, nous sommes perdus, et notre seule peine est de vivre dans le désir sans espérance

Une grande tristesse me prit au cœur lorsque je l’entendis ; car je reconnus des gens de haute valeur ainsi suspendus [].

Dis-moi, mon Maître, dis-moi, Seigneur, commençai-je, voulant être certain de cette foi qui vainc toute erreur, jamais aucun, par ses mérites ou les mérites d’autrui, est-il sorti d’ici pour être heureux ensuite ?

Et lui, qui comprit mon parler couvert, répondit : »J’étais nouveau en ce lieu, lorsque j’y vis venir un Puissant, couronné du signe de la victoire [].

Il en tira l’ombre du premier père, d’Abel son fils, celle de Noé et celle de Moïse, législateur et obéissant ; le patriarche Abraham et le roi David ; Israël, et son père et ses enfants, et Rachel pour qui il fit tant [], et beaucoup d’autres, et les fit heureux ; car je veux que tu saches qu’auparavant les âmes humaines n’étaient pas sauvées

Nous ne cessions point d’aller pendant qu’il parlait, mais nous traversions la forêt, je veux dire l’épaisse forêt des esprits. Nous n’étions pas encore descendu beaucoup au-dessous du sommet, quand je vis un feu rayonnant autour d’un hémisphère de ténèbres. Nous en étions encore un peu loin, mais non pas tant que je n’y discernasse en partie qu’une gent illustre occupait ce lieu.

O toi, qui honores toute science et tout art, qui sont ceux-ci que sépare des autres l’honneur qu’on leur rend ?

Et lui à moi : »Leurs noms glorieux, dont retentit le monde tu vis, leur acquièrent dans le ciel la faveur qui tant les élève

Lorsque j’entendis une voix : »Honorez le grand Poète son ombre qui était partie revient [].»

Lorsque la voix se tut, je vis quatre grandes ombres venir à nous ; elles ne semblaient ni tristes, ni joyeuses.

Le bon Maître me dit : »Regarde celui qui, avec cette épée en main, marche comme seigneur devant les autres : celui- est Homère, le poète souverain, et l’autre qui vient ensuite est Horace le satirique ; Ovide est le troisième, et le dernier Lucain ; quoiqu’à chacun d’eux, comme à moi, convienne le nom qu’a prononcé la voix seule [], ils m’honorent et en cela ils font bien

Ainsi je vis se rassembler la belle école du roi des chants élevés [], qui au-dessus des autres vole comme l’aigle.

Lorsqu’ils eurent ensemble un peu discouru, ils se tournèrent vers moi, me saluant du geste, et mon Maître en sourit :

Et plus d’honneur encore ils me firent, me recevant dans leurs rangs, de sorte que je fus le sixième parmi ces grandes intelligences. Nous allâmes ainsi jusqu’à la lumière [], parlant de choses qu’il est bien de taire, comme il était bien d’en parler. Nous vînmes au pied d’un noble château, sept fois ceint de hautes murailles, et entouré d’un gracieux petit fleuve. Nous le passâmes comme une terre ferme : j’entrai par sept portes avec ces sages, et nous arrivâmes dans une prairie d’une fraîche verdure. étaient des gens aux regards lents et graves, de grande autorité dans leur apparence : ils parlaient peu et d’une voix douce. Nous nous retirâmes à part, en un lieu ouvert, lumineux et haut, de sorte que tous se, pouvaient voir. , devant moi, sur le vert émail me furent montrés les grands esprits, et de leur vue encore en moi-même je m’exalte. Je vis Electre [], accompagnée de beaucoup d’autres, parmi lesquels je reconnus Hector, et Enée, et César, armé de ses yeux d’épervier. Je vis Camille [] et Penthésilée [] de l’autre côte ; je vis aussi le roi Latinus assis avec sa fille Lavinie. Je vis ce Brutus qui chassa Tarquin, Lucrèce, Julia [], Marzia [] et Cornelia [], et, seul à l’écart, Saladin []. Puis ayant levé un peu plus les yeux, je vis le maître de ceux qui savent [], assis au milieu de la famille philosophique. Tous l’admiraient, tous lui rendaient honneur. je vis Socrate et Platon, qui se tiennent plus près de lui que les autres ; Démocrite, qui soumet l’univers au hasard ; Diogène, Anaxagore et Thalès ; Empédocle, Héraclite et Zénon ; et je vis celui qui si bien décrivit les vertus des plantes, je veux dire Dioscoride ; je vis Orphée, Tullius et Livius [], et Sénèque le philosophe moral ; Euclide le géomètre, Ptolémée [], Hippocrate, [[Evicenne[20]]] et Galien, Averroès [] qui fit le grand Commentaire. Je ne saurais les nommer tous, car tellement me presse mon long sujet, que maintes fois le dire reste en arrière des choses. La troupe des six se sépara en deux : le sage Guide, par une autre route, me conduisit, hors de l’air tranquille, dans l’air qui frémit, et je vins en un lieu rien ne luit.


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