L'Enfer (La Divine Comédie) - Chant X

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

L'Enfer - Chant X

Maintenant, par un étroit sentier, entre le mur de la ville et les tourmentés, va mon Maître et moi derrière lui. —O vertu suprême dis-je, qui, comme il te plaît, me conduis par les tristes circuits, parle-moi et satisfais mes désirs. La gent qui gît dans les sépulcres, pourrait-on la voir ? Tous les couvercles sont levés, et nul ne les garde. Et lui à moi : »Tous seront scellés, quand de Josaphat ils reviendront ici avec les corps qu’ils ont laissés -haut. De ce côté ont leur cimetière, avec Épicure, tous ces sectateurs, qui veulent que l’âme meure avec le corps. Au reste, de dedans on satisfera bientôt ta demande, et aussi le désir que tu me taisEt moi : —Bon maître, si je ne te découvre pas tout mon cœur, c’est pour être bref comme déjà auparavant tu m’y as induit.

— «O Toscan, qui t’en vas, vivant, par la cité du feu ainsi sagement parlant, qu’il te plaise t’arrêter en ce lieu ! Ton langage montre que tu es dans cette noble patrie à laquelle peut-être je fus trop rude

Subitement cette voix sortit d’une des tombes : de quoi effrayé, je me rapprochai un peu de mon Guide. Et lui me dit : »Que fais-tu ? Tourne-toi. Vois Farinata qui s’est levé : tu le verras tout entier de la ceinture en haut

J’avais déjà mes yeux fixés sur les siens, et lui de la poitrine et du front se dressait, comme s’il eût eu l’enfer à grand mépris.

Les mains promptes et hardies du Maître me poussèrent vers lui à travers les sépulcres, disant : »Que tes paroles soient nettes  !» Et quand je fus au pied de sa tombe, Farinata me regarda un peu, puis d’un air hautain me demanda : »Qui furent tes ancêtres ?» Moi qui étais d’obéir désireux, je ne les lui cachai point, mais je les nommai tous : sur quoi il éleva un peu les sourcils, puis dit : »Cruellement ils furent mes ennemis et ceux de mes aïeux, el de mon parti ; aussi je les chassai deux fois

S’ils furent chassés, répondis-je, ils revinrent de toutes parts et l’une et l’autre fois ; c’est un art que les vôtres n’apprirent jamais.

Lors, se montrant à découvert, surgit une ombre, qui seulement au menton de l’autre atteignait ; elle s’était, je crois, levée sur les genoux. Elle regarda autour, comme désirant voir si un autre était avec moi ; et après qu’en elle l’espoir fut entièrement éteint, pleurant elle dit : »Si, à travers cette sombre prison, tu vas par grandeur d’âme, est mon fils ? pourquoi n’est-il pas avec toi ? s Et moi à lui :

Je ne viens pas de moi-même ; celui qui attend , et que votre Guido eut peut-être à dédain , me conduit en ces lieux. Ses paroles et le genre de la peine m’avaient déjà appris le nom de cette ombre : ce pourquoi la réponse fut précise. Soudain se dressant, il s’écria : »N’as-tu pas dit : Il eut ? Ne vit-il plus ? La douce lumière ne frappe-t-elle plus ses yeux ?» Voyant qu’un peu je tardais à répondre, à la renverse il retomba, et ne parut plus au dehors. Mais cet autre magnanime, à la demande de qui je m’étais arrêté, ne changea point de visage ; sa tête, son corps restèrent immobiles. Et continuant le premier discours : »Qu’ils aient mal appris cet art, dit-il, cela me tourmente plus que cette couche. Mais de la Dame qui règne ici le flambeau ne se sera pas rallumé cinquante fois, que tu sauras ce que coûte cet art. Et si jamais tu retournes dans le doux monde , dis-moi pourquoi ce peuple, en toutes ses lois, est si cruel contre les miens ?» Et moi à lui : —Le massacre et le carnage qui rougissent l’Arbia font faire de telles oraisons dans notre temple . Après avoir en soupirant secoué la tête : »A cela, dit-il, je ne fus pas seul, et ce n’eût pas certes été sans cause qu’avec les autres je m’y fusse porté ; mais quand tous consentaient à détruire Florence, seul en face je la défendis.» —Ah ! si jamais les vôtres recouvrent le repos, lui dis-je, levez, je vous prie, le voile dont vous avez enveloppé ma sentence  ; car, si je l’entends bien, il semble que, le présent vous étant caché, vous voyez au delà ce que le temps amène avec lui.— «Nous voyons, dit-il, comme on voit avec une mauvaise vue, les choses qui sont loin, autant que les éclaire le souverain Maître. Quand elles s’approchent, ou sont déjà, toute notre intelligence s’évanouit ; et si quelque autre ne vient ici nous en instruire, nous ne savons rien de votre état humain. Ainsi, tu peux comprendre que pour nous mourra toute connaissance, de ce moment sera fermée la porte de l’avenirAlors, comme contrit de ma faute : —Maintenant, dis-je, vous direz à ce tombé que son fils est encore parmi les vivants. Et si, tardant de répondre, je demeurai muet, faites lui savoir que ce fut parce que j’étais encore dans l’erreur dont vous m’avez tiré . Déjà mon Maître me rappelait, ce pourquoi je priai l’esprit de se hâter de me dire qui était avec lui. Il me dit : »Ici je gis avec plus de mille ; -dessous est le second Frédéric, et le cardinal  : je me tais des autres. Puis il s’enfonça : et moi vers l’antique Poète je tournai mes pas, repensant aux paroles qui me semblaient menaçantes. Lui se mut, et ainsi allant, il me dit : »Pourquoi es-tu si troublé ?» Et moi je satisfis à sa demande. «Que ta mémoire conserve ce que tu as entendu contre toi, me commanda ce Sage ; maintenant, regarde ici !» Et il leva le doigt . «Quand tu seras devant le doux rayon de celle dont le bel œil voit tout , par elle tu connaîtras le voyage de ta vieIl tourna ensuite h main gauche : nous laissâmes le mur, et vînmes vers le milieu par un sentier qui aboutit à une vallée dont, jusque d’en haut, l’on sentait la puanteur.


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