L'Enfer (La Divine Comédie) - Chant XV

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

L'Enfer - Chant XV

Maintenant nous suivons l’une des deux berges solides, et la fumée du petit fleuve d’au-dessus, protégeant les levées et l’eau, la garantit du feu. Comme entre Gand et Bruges, les Flamands craignant le flot qui vers eux se précipite, construisent des digues pour repousser la mer ; et comme en opposent les Padouans à la Brenta, pour défendre leurs villes et leurs châteaux, avant que le Chiarentana sente la chaleur ; ainsi, étaient faites ces levées, quoique ni si hautes ni si larges, quoique grand fût le maître qui les fit. Déjà nous étions si loin de la forêt, que, me tournant en arrière, je n’aurais pu voir elle était, lorsque nous rencontrâmes une troupe d’âmes venant le long de la digue, chacune desquelles nous regardait, comme le soir on se regarde l’un l’autre à la nouvelle lune  ; et vers nous elles tendaient les yeux comme le vieux tailleur sur le chas de l’aiguille. Ainsi regardé par cette bande, un d’eux me reconnut, et m’arrêtant par les bords de ma robe, il s’écria : »O merveille !» Lorsque vers moi il étendit le bras, je fixai tellement mon regard, sur cette face grillée par le feu que le visage brûlé n’empêcha point mon entendement de le reconnaître ; et vers sa face abaissant la main , je répondis : —Êtes-vous ici, ser Brunetto ? Et lui : »O mon fils, ne te déplaise qu’un peu en arrière avec toi reste Brunetto Latini , et laisse aller la file !» Je lui dis : —Autant que je peux je vous en prie ; et si vous souhaitez qu’avec vous je m’asseye, je le ferai, s’il plaît à celui avec qui je vais.

« O mon fils, dit-il, qui de ce troupeau s’arrête un instant, gît ensuite cent années sans se mouvoir sous le feu qui le frappe. Va donc, et je t’accompagnerai ; puis je rejoindrai ma bande, qui va pleurant son malheur éternel

Je n’osais descendre de la berge pour marcher près de lui ; mais je tenais ma tête baissée, comme un homme qui chemine humblement. Il commença : »Quelle fortune ou quel destin t’amène ici-bas avant le dernier jour ? et quel est celui qui te montre le chemin ?» —-haut, lui répondis-je, dans la vie sereine, je m’égarai en une vallée, avant que mon âge fût accompli . Hier matin, je retournais en arrière, celui-ci m’apparut comme je redescendais, et il me reconduit dans le mien monde par ce sentier. Et lui à moi : »Si tu suis ton étoile, tu ne peux manquer le glorieux port, autant que lurent vraies nies prévisions durant la belle vie  : et si ma mort n’avait pas été si hâtive, te voyant le ciel ainsi favorable, à l’œuvre je t’aurais encouragé. Mais ce peuple ingrat et méchant qui descendit de Fiesole , et tient encore de la montagne et du rocher, à cause de ton bien faire se fera ton ennemi : et c’est raison ; car, entre les Apres sorbiers, il ne convient pas que le doux figuier fructifie. Une vieille renommée dans le monde les appelle aveugles  ; gent avare, envieuse, superbe : décrasse-toi de leurs mœurs. La fortune te réserve tant d’honneur, que l’un et l’autre parti auront faim de toi ; mais l’herbe sera loin de la bouche .

« Que les bêtes Fiesolanes fassent litière d’elles-mêmes, et ne touchent point à la plante, s’il en surgit encore dételle dans leur fumier, en qui revive la semence sainte de ces Romains qui demeurèrent, quand fut l’ait le nid de tant de malice

Si, lui répondis-je, ma demande eût été exaucée, vous ne seriez point encore banni de la vie humaine ; car dans ma mémoire est gravée, et mon cœur conserve votre chère et bonne et paternelle image, alors que, dans le monde, souvent vous m’enseigniez comment l’homme s’éternise ; et combien j’en ai de gratitude, il convient que, pendant que je vis, ma langue le manifeste. Ce que de mes destins vous racontez, je l’écris et le réserve, pour que l’interprète, avec un autre texte , une Dame qui le pourra, si jusqu’à elle j’arrive. Sachez seulement ceci : pourvu que ma conscience ne me fasse aucun reproche, quoique veuille la fortune, je suis prêt. Un tel présage n’est pas nouveau à mes oreilles ; mais qu’à son gré la fortune tourne sa roue, et le vilain manie son hoyau .

Mon Maître alors, se retournant à droite, me regarda, puis dit : »Bien écoute, qui bien note

Cependant je continue d’aller toujours parlant avec ser Brunetto, et lui demande quels de ses compagnons sont les plus notables et les plus éminents. Et lui à moi : »Parler de quelques-uns est bon ; des autres mieux vaut se taire : le temps serait trop court pour un si long récit. Sache, en somme, que tous furent clercs et grands lettrés, et de grande renommée, et tous dans le monde souillés du même péché. Avec cette troupe misérable va Priscien , et aussi François d’Accorso  ; et si d’une telle teigne tu avais été avide, tu aurais pu voir celui qui, par le Serviteur des serviteurs , fut transféré de l’Arno au Bacchiglione, il laissa ses nerfs mal tendus. De plusieurs autres, je parlerais, mais l’aller ni le discours ne peuvent être plus longs, car du sable je vois, , s’élever une nouvelle fumée. Des gens viennent avec qui je ne dois pas être. Que te sois recommandé mon Trésor , dans lequel encore je vis : rien de plus je ne demande

Puis il se retourna et semblait être de ceux qui, dans la campagne, à Vérone, courent la bannière verte , et de ceux- il paraissait être celui qui vainc, et non celui qui perd .


Auteur : Nom de l'auteur

Titre en elko

Texte en elko


Traducteur : Nom du traducteur

Versions
Version 2016
Analyses
Analyse fréquentielleAnalyse syntaxique

Analyse de texte

Outils personnels