L'Enfer (La Divine Comédie) - Chant XXVI

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

L'Enfer - Chant XXVI

Réjouis-toi, Florence, d’être si grande que, sur terre et sur mer, battent tes ailes, et qu’en Enfer ton nom soit répandu ! Parmi les larrons, je trouvai cinq de tes citoyens  ; j’en ai honte, et à toi peu d’honneur en revient. Mais si, près du matin, vrais sont les songes, tu sentiras d’ici à peu de temps ce que Prato, sans parler des autres, te souhaite . Et si déjà c’était, ce ne serait pas de trop bonne heure. Que n’est-ce dès à présent, puisque cela doit être ! Plus je vieillirai, plus le poids m’en sera lourd.

Nous partîmes, et, par les pierres saillantes qui nous avaient d’abord servi d’escaliers pour descendre, mon Guide remonta, me tirant après lui. Et, suivant la route solitaire à travers les escarpements et les rochers du précipice, le pied sans la main ne se dépêtrait pas. Alors je m’attristai, el maintenant encore je m’attriste, quand je reporte mon souvenir sur ce que je vis, et plus que d’ordinaire je retiens mon esprit, afin qu’il ne coure point sans que la vertu le guide, et que si une bonne étoile, ou une autre chose meilleure , a mis en moi le bien, je ne me l’envie pas à moi-même.

Alors que celui qui éclaire le monde tient le moins de temps sa face [[cachée[4]]], lorsque la mouche cède l’air au cousin , autant le villageois qui se repose sur le tertre, voit de lucioles dans la vallée, peut-être il vendange et laboure, autant de flammes resplendissaient dans toute la huitième bolge, comme je l’aperçus quand je fus d’ l’on découvrait le fond. Et tel qu’à celui qui se vengea par les ours apparut, au départ, le char d’Élie, quand se dressant vers le ciel les chevaux s’élevèrent, et que, le suivant de l’œil, il ne pouvait discerner que la flamme seule qui, comme une petite nue, montait, telle chacune de celles- se mouvait à la bouche de la fosse : nulle ne montre le larcin  ; et chaque flamme enveloppe un pécheur .

Debout, sur le pont, je m’étais si avancé pour voir, que si à une saillie je ne me fusse retenu, je serais tombé sans qu’on me heurtât.

Et le Guide, qui me vit si attentif, dit : »Au dedans des feux sont les esprits ; chacun se revêt de ce qui le brûle.» —Maître, lui répondis-je, l’ouïr de toi m’en rend plus certain ; mais déjà je m’étais aperçu qu’il en était ainsi, et je voulais te demander qui est dans ce feu, si divisé à son sommet qu’on dirait qu’il s’élève du bûcher sur lequel Étéocle fut mis avec son frère  ? Il me répondit : » dedans sont tourmentés Ulysse et Diomède  ; ils sont ensemble emportés par la vengeance, comme ils le furent par la colère. Au dedans de leur flamme se pleure l’embûche du cheval qui fut la porte d’ sortit des Romains la noble semence  ; et s’y pleure aussi l’artifice par lequel Déidamie morte déplore encore le destin d’Achille , et du Palladium s’y porte la peine .» —Si, au milieu de ces étincelles, ils peuvent parler, dis-je, je t’en prie, et t’en prie encore Maître, et que ma prière en vaille mille ! ne me refuse point d’arrêter jusqu’à ce qu’ici vienne la flamme double ; vois, de désir je me ploie vers elle. Et lui à moi : »De beaucoup de louange ta prière est digne, et ainsi je l’accepte. Mais fais qu’en repos ta langue se tienne ! Laisse-moi parler : j’ai compris ce que tu veux, et peut-être, ayant été Grecs, auraient-ils à dédain ton langage.».

Lorsque la flamme fut venue près de nous, et qu’à mon Guide il parut que c’était le moment et le lieu, je l’entendis parier de la sorte : »O vous qui êtes deux dans un seul feu, si je méritais de vous pendant que je vivais, si beaucoup ou peu je méritai de vous lorsque dans le monde j’écrivis mes hauts vers , arrêtez-vous ! et que l’un de vous dise , par lui-même perdu, il alla mourir

La plus grande corne de l’antique flamme, pareille à celle que fatigue le vent, commença à s’agiter ; puis ça et mouvant sa cime, comme si ce fut la langue qui parlât, au dehors émit une voix, et dit : »Quand je quittai Circé, qui me retint caché plus d’un an, , près de Gaëte , avant qu’ainsi Énée la nommât , ni la douce pensée de mon fils, ni la piété envers mon vieux père, ni l’amour qui devait être la joie de Pénélope, ne purent vaincre en moi l’ardeur d’acquérir la connaissance du monde, et des vices des hommes, et de leurs vertus . Mais, sur la haute mer de toutes parts ouverte, je me lançai avec, un seul vaisseau, et ce petit nombre de compagnons qui jamais ne m’abandonnèrent. L’un et l’autre rivage je vis, jusqu’à l’Espagne et jusqu’au Maroc, et l’île de Sardaigne, et les autres que baigne cette mer. Moi et mes compagnons nous étions vieux et appesantis, quand nous arrivâmes à ce détroit resserré Hercule posa ses bornes, pour avertir l’homme de ne pas aller plus avant : je laissai Séville à ma droite ; de l’autre déjà Septa m’avait laissé. Alors je dis : »O frères, qui, à travers mille périls, êtes parvenus à l’Occident, suivez le soleil, et à vos sens à qui reste si peu de veille, ne refusez l’expérience du monde sans habitants . Pensez à ce que vous êtes : point n’avez été faits pour vivre comme des brutes, mais pour rechercher la vertu et la connaissance. Par ces brèves paroles j’excitai tellement mes compagnons à continuer leur route, qu’à peine ensuite aurais-je pu les retenir. La poupe tournée vers le levant, des rames nous, fîmes des ailes pour follement voler, gagnant toujours à gauche. Déjà, la nuit, je voyais toutes les étoiles de l’autre pôle, et le nôtre si bas que point il ne s’élevait au-dessus de l’onde marine. Cinq fois la lune avait rallumé son flambeau, et autant de fois elle l’avait éteint, depuis que nous étions entré dans la haute mer, quand nous apparut une montagne, obscure à cause de la distance, et qui me sembla plus élevée qu’aucune autre que j’eusse vue. Nous nous réjouîmes, et bientôt notre joie se changea en pleurs, de la nouvelle terre un bourbillon étant venu, qui par devant frappa le vaisseau. Trois fois il le fit tournoyer avec toutes les eaux ; à la. quatrième, il dressa la poupe en haut, et en bas il enfonça la proue, comme il plut à un autre, jusqu’à ce que la mer se refermât sur nous


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