L'Enfer (La Divine Comédie) - Chant XXX

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

L'Enfer - Chant XXX

Au temps , à cause de Sémélé , Junon était irritée contre le sang thébain, comme plusieurs fois elle le lit voir, Adamante devint si fou, que voyant sa femme aller, portant ses deux fils, un sur chaque bras, il s’écria : »Tendons les rets, pour prendre au passage la lionne et les deux lionceaux ;» puis, allongeant ses ongles impitoyables, il saisit l’un d’eux, qui avait nom Léarque, et, le faisant tournoyer, le broya contre une pierre ; et tandis que la mère chargée de l’autre, se noya , et quand la fortune abaissa l’orgueil des Troyens, qui tout osait, de sorte que royaume et roi ensemble s’évanouirent, Hécube triste, misérable et captive, lorsqu’elle eut vu Polixène morte, et que, sur le rivage de la mer, elle fit de son Polydore la funeste rencontre , forcenée, elle aboya comme un chien, tant la douleur lui tordit l’esprit. Mais ni à Thèbes, ni à Troie, jamais en aucun lieu on ne vit autant de furie, ni si cruelle à déchirer, non des membres humains, mais des animaux même, que j’en vis en deux ombres pâles et nues qui, en se mordant couraient, comme le porc lorsqu’on ouvre l’étable. L’une se jeta sur Capocchio, et au nœud du cou enfonçant les dents, elle le tira de manière qu’elle lui fit gratter le ventre contre le fond solide ; et l’Arétin , qui demeura tremblant, me dit : »Ce follet est Gianni Schicchi , qui, dans sa rage, va ainsi accoutrant les autres.» —Oh ! lui dis-je, que sur toi il ne mette point la dent , et qu’à fatigue il ne te soit pas de me dire qui est l’autre, avant qu’il parte d’ici. Et lui à moi : »C’est l’antique âme de l’exécrable Myrrha , qui, hors du légitime amour, devint l’amante de son père. A pécher ainsi avec lui elle parvint, en simulant la forme d’autrui, comme l’autre qui s’en va osa, pour gagner la Dame du troupeau, falsifier en soi Buoso Donati, testant, et mettant le testament en règle

Et après qu’eurent passé les deux enragés, sur lesquels j’avais l’œil fixé, je tournai mes regards vers les autres mal nés. J’en vis un qui aurait eu la forme du luth, si l’âme eût été tronquée à l’endroit l’homme se bifurque. La lourde hydropisie, qui, avec l’humeur qu’elle convertit mal, disproportionne tellement les membres que le visage au ventre point ne répond, lui faisait tenir les lèvres ouvertes, comme fait un clique, qui de soif abaisse l’une vers le menton et relève l’autre. «O vous qui, sans aucune souffrance (et je ne sais pourquoi), êtes dans le monde désolé, nous dit-il ; regardez et considérez la misère de maître Adam . Vivant, j’eus à profusion ce que je voulais, et maintenant, malheureux, une goutte d’eau je désire ! Les ruisselets qui, des vertes collines du Casentin, descendent dans l’Arno, mollement sur leur lit roulant leurs fraîches ondes, toujours sont devant moi, et non en vain, leur image m’altérant beaucoup plus que le mal qui décharné mon visage. La sévère Justice, qui me fustige, pour moi fait sourdre, du lieu je péchai, une plus abondante source de soupirs. est Romena, je falsifiai le métal à l’effigie de Baptiste , ce pourquoi j’ai Mil laissé mon corps bridé. Mais si j’eusse vu ici la misérable âme de Guido, ou d’Alexandre , ou de leur frère, je n’en donnerais pas la vue, pour la fontaine de Branda . Ici dedans est déjà l’un d’eux, si les ombres enragées qui vont autour disent vrai. Mais que me sert, à moi qui ai les membres liés ? Si j’étais seulement encore assez léger pour, en cent ans, avancer d’un pas, je me serais déjà mis en route pour le chercher parmi la gent hideuse, quoique onze milles de circuit ait la bolge, et de largeur pas moins de la moitié. Pour eux suis-je dans une telle famille : ils m’induisirent à frapper les florins qui avaient trois carats d’alliageEt moi à lui : —Qui sont les deux malheureux qui fument, comme en hiver une main mouillée, et gisent serrés l’un contre l’autre, à ta droite ? «Ici les trouvai-je, répondit-il, quand je tombai dans cette sentine, et depuis ils n’ont bougé, ni, je crois, ne bougeront éternellement. L’une est celle qui accusa faussement Joseph  ; l’autre est Sinon , le Grec fourbe de Troie : une lièvre ardente fait que d’eux sort cette fumée infecteEt l’un d’eux, qui peut-être fut chagrin de s’entendre nommer si honteusement, du poing lui frappa la dure panse. Celle-ci sonna comme un tambour ; et, avec la main maître Adam lui frappa le visage, qui ne parut pas moins dur, lui disant : »Quoique je ne puisse remuer mes membres à cause de leur poids, j’ai le bras dispos pour une telle besogneA quoi l’autre répondit : »En allant au feu, tu ne l’avais pas si agile ; mais oui bien, et plus, quand tu battais monnaieEt l’hydropique : »Tu dis vrai en cela ; mais tu ne fus pas si véridique, lorsqu’à Troie on requit de toi la vérité.» «—Si mon dire fut faux, tu as, loi, falsifié la monnaie, dit Sinon, et je suis ici pour une seule faute, et toi pour plus qu’aucun autre démon. —»Souviens-toi du cheval, parjure répondit celui qui avait le ventre enflé ; et qu’à tourment te soit que tout le monde sache ton crime ! —Et qu’à toi, dit le Grec, à tourment soit la soif dont te crève la langue, et l’eau pourrie qui fait de ton ventre une haie devant tes yeux !» Alors le monnayeur : »Ta bouche, comme d’ordinaire, se disloque pour mal dire : que si j’ai soif, et que d’eau je sois gonflé, tu as, toi, la fièvre qui te brûle, et le mal de tête ; et pour t’inviter à lécher le miroir de Narcisse , point ne faudrait beaucoup de paroles

J’étais tout entier appliqué à les écouter, quand mon Maître me dit : »Regarde donc  ! à peu tient que contre toi je ne me fâcheLorsque avec colère j’entendis mon Maître me parler, je me tournai vers lui si honteux, qu’encore en ai-je le souvenir présent. Et comme celui qui songe quelque sien dommage, et songeant souhaite que ce ne soit qu’un sinise, de sorte qu’il désire ce qui est, comme s’il n’était pas ainsi, ne pouvant parler, je désirais m’excuser, et je m’excusais réellement, et ne croyais pas que je le fisse. «Moins de honte, dit le Maître, lave une faute plus grande que la tienne ; secoue donc toute tristesse, et s’il advient de nouveau que, parmi des gens qui aient de tels débats, la fortune te conduise, pense que toujours je suis près de toi. Vouloir ouïr cela est un bas vouloir


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