L'agglutination

De Elkodico.

On appelle agglutination le fait d’associer plusieurs clés entre elles afin de former des concepts plus précis. L'agglutination est un phénomène linguistique très répandu en elko. Un mot agglutiné sera plus précis qu'un mot non-agglutiné. En d'autres termes, plus un mot est long, plus il est précis. L'agglutination fait partie des deux phénomènes linguistiques utilisés en elko en vue d'apporter de la précision au vocabulaire de la langue. L'autre est l'affixation, et, comme nous le verrons plus tard, il s'agit également d'une forme d'agglutination.

Sommaire

Présentation

Voir aussi : L'affixation

En elko un mot se compose de quatre éléments au maximum, ces éléments peuvent être de trois types :


Remarque : Aucun mot ne peut contenir plus de quatre éléments. Si vous souhaitez ajouter de l'information vous devrez avoir recours à d'autres procédés comme le ligatif par exemple ou alors faire le choix de supprimer un élément au profit d'un autre plus significatif.

Les fonctions claviques

La disposition des clés au sein d’un mot n’est pas aléatoire. Chacune des clés qui compose un mot a une place et une fonction bien précise : ce sont les fonctions claviques. Placée à droite la clé jouera la fonction de catégorisateur, placée à gauche la fonction de spécificateur. À cela s'ajoutent les affixes, qui ne tiennent pas compte de cette organisation car rapidement identifiables ils peuvent s'immiscer partout : à l'avant (les préfixes), à l'arrière (les suffixes) et même en plein milieu du mot (les infixes).

Le catégorisateur

Le classificateur est la clé la plus à droite d’un mot (hors affixe). Cette appellation est due au fait que cette clé permet de classer le mot dans une catégorie bien définie (activité, état, personne, animal,…). On parle parfois de catégorisateur ou de clé thématique et on le rencontre dans certaines langues, comme les langues bantoues ou langues de signes. Dans les exemples suivants : ranba ("aile"), gibba ("main") ou encore kumba ("dent") on rencontre le même classificateur : BAW qui signifie « corps ». De ce fait, tous les mots désignant des parties du corps posséderont ce même catégorisateur.


Remarque : L'elko a souvent tendance à réduire ses mots au maximum et dans bien des cas au catégorisateur. On départage ainsi tous les mots ayant un catégorisateur commun par le contexte. Ainsi le mot « loli » traduira à la fois chuter, effondrer, dérober, tomber, prenez-en bien garde lors de la traduction.

Le classificateur élitiste

Le classificateur élitiste est la clé la plus parlante pouvant jouer le rôle de catégorisateur. Ainsi le mot « cacahuète » pourra avoir plusieurs catégorisateurs possibles : graine ou aliment, mais graine sera préférable car ce concept est plus précis que le second. Encore une fois, tout dépend du concept. Cette clé est en général celle qui entame la définition d’un mot dans un dictionnaire.

Le spécificateur

Le spécificateur est la clé précédant le catégorisateur. Un mot peut contenir jusqu’à trois spécificateurs, mais avec toujours un seul catégorisateur. Cette appellation est due au fait que cette clé permet de spécifier le mot et ainsi l’isoler de tous les autres ayant le même classificateur. Ainsi dans les exemples suivants : ranba (aile), ranak (avion) ou encore ranek (oiseau) : on observe le même spécificateur : RAN qui signifie « ciel ».


Remarque : Il est important de ne pas confondre « spécificateur » et adjectifs qualificatif. Alors que le premier fait partie intégrante du sens du mot le second, lui, apporte une information qualitative et s'exprime en dehors du mot.


Ranako avion mais rana wako véhicule céleste. (rana est un adjectif car il se termine en -a)

Les affixes

Voir l'article détaillé : Les affixes

Les affixes ne jouent ni le rôle de classificateur ni celui de spécificateur. Ils ont un statut parfaitement neutre. Cela s'explique par le fait qu'il sont souvent omis à l'oral et ne sont pas aussi importants que le classificateur. En revanche, ils comptent bien en tant que clés car tous les affixes utilisés en elko proviennent bel et bien de clés, ce sont des clés réduites.

Fonctionnement

→ Voir aussi : l'allomorphie, l'hyperonymie, l'hyponymie

Pour former un mot par agglutination de clé rien de plus simple ! Le plus dur sera de trouver la clé adéquate, et ça le dictionnaire fonctionnel est là pour ça !

Essayons à présent de traduire le mot "torche" au moyen de l'agglutination.

Lorsqu'on traduit un mot on commence toujours par le catégorisateur. La définition de torche dit qu'il s'agit d'un bâton auquel on y met le feu, le catégorisateur sera donc DUL (bâton). On ajoute en suite le suffixe des noms -o et on obtient : dulo bâton.

Pour obtenir le sens de torche il faut maintenant approfondir le sens du mot bâton et le compléter avec une clé, celle-ci jouera le rôle de spécificateur : la clé la plus parlant ici est KAN (feu), on la place donc avant DUL (bâton) et on obtien alors kandulo.

Les types d'agglutination

L'agglutination des clés d'usage

L'agglutination des clés d'usage est simple est sans exception. Comme son nom l'indique elle ne concerne que les clés d'usage, c'est-à dire les clés ne contenant pas la lettre W. Contrairement à l'agglutination des clés glidées, ici les clés ne changent pas de forme lors de l'agglutination.

L'important est de respecter l'ordre des composants : ainsi le catégorisateur doit toujours être placé à droite et le ou les spécificateurs(s) à gauche.


KAN (feu) + DUL (bâton) = kandulo "torche"

L'agglutination des clés glidées

L'agglutination des clés glidées et un peu plus complexe que celle incluant les clés non glidées. Toutefois, il est à noter que cette règle n'appartient qu'au Zammito est apparaît donc comme facultative. Les clés glidées sont, rappelons-le, des clés qui possèdent un ou plusieurs W dans leur structure, lors de l'agglutination celui-ci disparaît sauf dans quatre cas :

  • Lorsque les deux clés commencent par un W, seul le premier est conservé : WVC + WVW = WVCVC
  • Lorsque les deux clés se joignent par un W, seul le premier est conservé : CVW + WVC = CVWVC
  • Lorsque la clé est diglidée, le premier W est systématiquement conservé : WVW + WVW = WVUWV
  • Lorsque le W se trouve devant une consonne ou devant le premier W d'une clé diglidée il devient U : c'est la vocalisation.

La désagglutination

La désagglutination ou agglutination détachée est un type d'agglutination particulier qui autorise le détachement du catégorisateur de son ou de ses spécificateur(s). Cela peut se faire par le biais d'un trait-d'union qui doit être utilisé pour marquer cette action. L'avantage de ce procédé est l'apparition du suffixe sur le spécificateur (celui-ci est omis dans le cas d'une agglutination classique).

la désagglutination s'utilise essentiellement dans les cas d'ambiguité sémantique. Lorsque vous estimez que le contexte n'est pas suffisamment clair vous détachez le catégorisateur et le spécificateur en les reliant par le trait-d'union. Ce qui est important, ensuite, c'est d'ajouter le suffixe au spécificateur, sans quoi, cela n'aurait aucun intérêt. Il est à noter que le suffixe -o, souvent facultatif est ici fortement conseillé pour des raisons évidentes d'euphonie.

Dans le cas de la désagglutination, les W omis ne réapparaissent pas. Ainsi dadso peut se détacher adverbialement en dade-so et non en dade-sowo.

Hyperonymes et hyponymes

Hyperonymie

L'hyperonymie est une relation sémantique désignant un mot de sens hiérarchiquement plus étendu (hyperonyme) contenant un ou plusieurs autres mots au sens plus spécifique (hyponyme). La relation inverse est appelée l'hyponymie.

Selon la grammaire traditionnelle le terme d’hyperonymie décrit la relation hiérarchique entre deux mots dont le sens du premier (hyperonyme) englobe le sens du second (hyponyme). Ainsi oiseau est l’hyperonyme de hirondelle, mais reste l’hyponyme de animal. En elko, les notions d’hyperonymie et d’hyponymie sont beaucoup plus floues. On considère le nombre de spécificateurs et on en déduit le degré d’hyponymie. Ainsi un mot contenant un seuspécificateur]] sera l’hyperonyme d’un mot en contenant deux mais l’hyponyme d’un mot n’en contenant aucun.


milzeleko "pivert" → zeleko "oiseau" → weko "animal"


Dans cet exemple milzeleko "pivert" est l’hyponyme de zeleko "oiseau" qui est lui-même l’hyponyme de weko "animal". En revanche weko "animal" est l’hyperonyme de zeleko "oiseau" et de milzeleko "pivert". Pour finir zeleko "oiseau" est l’hyperonyme de milzeleko "pivert" mais l’hyponyme de weko "animal".


Remarque : Retenez qu’en elko, l’emploi des hyperonymes est beaucoup plus répandu qu’en français, c’est un gain de temps et d’espace non négligeable. Mais, encore une fois, tout dépend du contexte.

Hyponymie

L'hyponymie est une relation sémantique désignant un mot de sens plus spécifique (hyponyme) contenu dans un autre mot au sens plus étendu (hyperonyme). La relation inverse est appelée l'hyperonymie.

Selon la grammaire traditionnelle le terme d’hyperonymie décrit la relation hiérarchique entre deux mots dont le sens du premier (hyperonyme) englobe le sens du second (hyponyme). Ainsi oiseau est l’hyperonyme de hirondelle, mais reste l’hyponyme de animal. En elko, les notions d’hyperonymie et d’hyponymie sont beaucoup plus floues. On considère le nombre de spécificateur]s et on en déduit le degré d’hyponymie. Ainsi un mot contenant un seul spécificateur sera l’hyperonyme d’un mot en contenant deux mais l’hyponyme d’un mot n’en contenant aucun.


milzeleko "pivert" → zeleko "oiseau" → weko "animal"


Dans cet exemple, milzeleko "pivert" est l’hyponyme de zeleko "oiseau" qui est lui-même l’hyponyme de weko "animal". En revanche weko "animal" est l’hyperonyme de zeleko "oiseau" et de milzeleko "pivert". Pour finir zeleko "oiseau" est l’hyperonyme de milzeleko "pivert" mais l’hyponyme de weko "animal".


Remarque : Retenez qu’en elko, l’emploi des hyperonymes est beaucoup plus répandu qu’en français, c’est un gain de temps et d’espace non négligeable. Mais, encore une fois, tout dépend du contexte.


Glossaire

L'autologisme

Néologisme proposé par Ziecken le 16 janvier 2012 et définissant le fait qu'il soit possible en elko de créer son propre vocabulaire en fonction de sa propre vision du monde, ceci pour vérifier l'hypothèse Sapir-Whorf.

Ainsi, en fonction de sa culture ou de sa langue d'origine, un même concept pourra être traduit de différentes manières. Ainsi par exemple le mot "avion" pourra se traduire par :

La composition

L'agglutination est souvent confondue avec la composition. Alors que la première accumule des éléments et préserve leurs sens, la seconde cumule des éléments pour offrir une signification tout autre. Ainsi mot « garde-fou » n'est pas une personne qui garde les fous mais une rambarde de sécurité, il s’agit donc de composition et non d'agglutination.

La compositionnalité

La compositionnalité : La compositionnalité décrit le fait qu'un mot est partiellement ou totalement déductible par le sens des clés qui le composent.

L'extension

L'extension : On appelle extension le fait de trouver d’instinct tous les mots qui composent un champ sémantique à partir des composants claviques de ce dernier.

 

Liens

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