L'aile Ouest I

De Elkodico.

L'aile Ouest


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L'aile Ouest (première partie)

Avril 1657

Le souverain du royaume des Toolemnare avait deux soucis majeurs : comment faire cesser les provocations incessantes de son voisin Kantalarryn et comment se débarrasser définitivement de la sorcière Malvyna qui terrorisait régulièrement les habitants. Heureusement, il avait eu récemment une consolation de poids : son épouse avait donné naissance à une fille, Elvira, et tout était préparé pour un baptême grandiose et la réception qui suivrait devrait faire oublier les aléas du moment. S M Edgar II n'avait rien négligé et avait dépêché une bonne demi-douzaine de fées qui pourraitselon luiattribuer à son héritière tous les dons possibles et imaginables : Elvira n'aurait rien à craindre.

Château royal
5/5/1657
21:00

Il y avait bien plus de mille convives au dîner : toute la cour, bien sûr, mais également des bourgeois et quelques artisans qui avaient servi le roi de manières diverses n'avaient pas été oubliés. Six fées étaient déjà , on en attendait même une septième. Tout-à-l'heure, l'évêque n'avait pas ménagé sa peine, on allait dignement lui repasser les couverts ! Ils étaient venus, ils étaient (presque) tous  : le festin pouvait commencer lorsqu'il y eut un imprévu. On annonça que quelqu'un était entré en force dans les appartements royaux après avoir neutralisé deux gardes, le couple royal pâlit en même temps, leurs rares instants de bonheur allaient-ils être gâchés par des intrus venus on ne sait d', envoyés par Kantalarryn pour faire du scandale ? Le roi se ravisa : non ce ne pouvaient pas être des sbires de Kantalarryn, les gardes en seraient venus à bout, par conséquent, ce ne pouvait être que Malvyna, laquelle se planta devant le monarque :

Z'escuserez mon retard, j'ai eu un empêchement !
Vous n'étiez pas invitée, que je sache !
Tiens donc ! Et pourquoi donc ?
Je n'invite pas les sorcières !
Ah bon ? et celles alors ? (désignant les autres fées, lesquelles trouvaient que le Roi se débattait assez mal avec le vocabulaire de la magie)
Celles , comme vous dites si élégamment, ne pressurent pas les paysans et les bourgeois comme vous le faites : combien de fois j'ai eu connaissance de bétail mort-né ou de moissons entières pourries en vingt-quatre heures après votre passage, combien d'incendies ou d'éboulement d'ateliers en ville parce que leurs propriétaires ne voulaient pas ou ne pouvaient pas payer votre "impôt parallèle" ?
Je veux manger ! et ici !
Il n'y a plus de place ici. Si vous voulez manger, allez dans une auberge !
J'ai appris qu'il manquait une de vos invitées (elle regarda de nouveau les fées), je la remplacerai donc.
Certainement pas !
Oh si, vous ne pouvez pas m'en empêcher : votre nouvelle venue a tellement besoin de soins et ce ne sont pas celles- avec leurs mièvreries qui vont vous rendre service. Je serai davantage à la hauteur, Si vous ne me faites pas manger avec les honneurs qui me sont dus, je serai aussi à la hauteur, croyez-moi.

Le roi verdit : soit il laissait Malvyna s'asseoir à la place vacante et il perdait la face vis à vis des autres convives, soit il l'envoyait manger dans une autre salle et il faisait courir un risque énorme à sa fille. Le teint de la reine, lui, faisait concurrence avec la porcelaine des assiettes ; on se demandait si elle n'allait pas tourner de l'œil. Certains courtisans parmi les plus joueurs allaient même jusqu'à parier !

Dereina doit venir d'un instant à l'autre, sa place est ici. Vous, allez à côté, il y a d'autres couverts de libres.
Vous l'aurez voulu.

Dans la salle à manger royale, l'ambiance du dîner fut tout à coup beaucoup moins festive. Quelques courtisans essayèrent bien de détendre l'atmosphère, mais le cœur n'y était pas. Les convives des autres salles (mise à part celle qu'avait choisie Malvyna), eux faisaient grand bruit et ne se doutaient pas du drame qui se préparait. Malvyna avait pris place sans ménagement entre deux entrepreneurs avec qui elle avait eu "affaire", lesquels durent se serrer s'ils voulaient éviter qu'elle ne leur jette quelque sort (« Pousse-toi d', gros porc, c'est ma place, tu vois pas qu'tu gênes ? »). Ils n'étaient pas près d'oublier la réception donnée par leur monarque pour le baptême de la nouvelle princesseDonne-moi ta part, tu vivras sur tes réserves, t'es assez gros comme ça ! »).

Le roi demanda à l'une des fées :

Vous êtes sûre qu'elle va venir, votre consœur ?
Certaine : elle a été retardée sur le trajet, mais elle va venir.
Comment pouvez-vous le savoir ?
Une sorte de message disons... un peu comme une transmission de pensée à longue distance : un truc de fée, quoi.
Et elle est forte ?
Au niveau des pouvoirs, elle vaut Malvyna : Elle ne pourra pas annihiler ses sorts mais elle pourra en atténuer les conséquences.
C'est déjà ça ! Espérons qu'elle ne viendra pas trop tard.
Ne vous en faites pas Majesté, à cet instant, elle n'est plus qu'à quatre lieues et demie du château.
Ah ? Et comment vous...
Encore un truc de fée.

Dereina arriva en trombe au château, sachant déjà plus ou moins ce qui se tramait (encore un truc...) et se présenta devant le roi qui l'accueillit avec soulagement.

Veuillez me pardonner, Majesté, mais le carrosse de 18h22 a cassé une roue, j'ai même aider le cocher à la réparer, c'est dire si la route n'est pas fameuse entre Splan et le château.
L'essentiel est que vous soyez , vous nous sauvez !
Vous avez eu une visite inopportune ? Malvyna ?
On ne peut rien vous cacher.
Rassurez-vous : on va limiter la casse.

Les fées se réunirent afin de conclure à un plan : Il était convenu qu'elles ne devaient passer qu'une fois au-dessus du berceau, le tout, c'était d'éviter à tout prix que Malvyna passe en premier ou en dernier. Le face-à-face Dereina-Malvyna fut glacial.

Tt, je pensais bien que vous ne viendriez pas.
Je sais, vous avez fait ce qu'il fallait pour, mais j'ai de la ressource, plus que vous ne le croyez.
On verra ça, du reste, je passe en dernier, pour parachever l'œuvre de vos petites camarades.
Non, pas en dernier, mais en avant-dernier, et n'essayez pas de m'entourlouper, normalement, vous ne devriez pas passer du tout, vous passerez avant moi, c'est à prendre ou à laisser.
D'accord, en avant dernier, en tout cas, vos petites copines n'ont pas intérêt à oublier quoi que ce soit, parce que moi, je ne la raterai pas, votre petite protégée !
Je n'en doute pas une seconde. Vous êtes tellement bilieuse que votre sang est vert.

Une des autres fées intervint :

Gaspille pas ton énergie, Dereina, on va en avoir besoin.
Tu as raison, il y a plus sérieux à faire.

Vingt minutes plus tard, le passage des fées au-dessus du berceau put commencer ; pratiquement tout y passa : la première fée prodigua à la jeune monarque l'intelligence, l'esprit d'initiative, la perspicacité. La seconde lui donna la bonté et l'urbanité, la troisième la beauté et l'élégance etc... Il ne manquait rien... presque rien : une petite brèche dans laquelle s'engouffra Malvyna quand ce fut son tour de passer : « Tu seras d'une maladresse, ma pauv' petite au point de te percer la main et d'en crrrrever, ha ! ha ! ha ! ». Satisfaite du sale tour qu'elle venait de jouer à son ennemi de toujours, elle quitta la pièce, indifférente du murmure de réprobation qu'elle suscita. Le roi prit une mine consternée, les courtisans qui avaient parié que la reine s'évanouirait gagnèrent leur pari. Dereina s'adressa au monarque :

C'aurait pu être pire.
J'admire votre optimisme, mais qu'allez-vous faire ?

Dereina se pencha à son tour au-dessus d'Elvira et lui dit : « Ce que l'autre t'a dit est vrai, je ne peux rien faire contre : évite les objets pointus, tu risquerais de te percer la main... oh non, ça ne sera pas mortel mais tu seras plongée dans une sorte de sommeil qui durera... cent ans». Le roi intervint :

Cent ans ? Vous ne pouvez pas faire moins ?
Vous voulez que l'autre revienne à la charge ? C'est cent ans minimum ; en dessous, il y a rupture et Malvyna peut en remettre une couche sans que je puisse intervenir. Je crois que j'ai fait au mieux non ?


Auteur : Anoev

Zera Sero

Texte en attente de traduction


Traduction : Nom du traducteur

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