L'aile Ouest IV

De Elkodico.

L'aile Ouest


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L'aile Ouest (quatrième partie)

Palais royal de Nakol (Roenyls)
puis Toolemnare
17/6/1774

Le surlendemain Le roi Akkar lut la lettre d'ultimatum au moins trois fois mais n'en crut toujours pas ses yeux : si la rançon de 500000 dukkas-or n'était pas remise dans les cinq jours à la forteresse de Strælgarde, Kantalabutt ferait exécuter les soixante-dix otages qui y étaient maintenus en captivité. C'était une guerre de bandits : des hommes de mains enlevaient des innocents dans les campagnes, on réclamait une rançon faramineuse qui étranglait l'économie du pays visé puis on faisait la guerreproprementdite ; mais Kantalabutt n'était pas étouffé par les scrupules. , il voulait frapper un grand coup : il savait qu'il fallait plus de trois jours pour aller de Nakol à sa forteresse, du moins, en contournant leroyaume perdu”. Leroyaume perduétait un territoire totalement hermétique, il avait bien essayé d'y pénétrer mais plusieurs de ses hommes se retrouvèrent dans un coma profond, il essaya de faire brûler la végétation ; le feu ne prenait pas. Même en plein été, il y faisait un froid vif et le sol était gelé. Kantalabutt n'avait même pas attendu le délai pour massacrer les otages tant il était sûr que l'émissaire n'arriverait pas à temps. Le fils d'Akkar, Akirons se porta volontaire et emmena douze hommes avec lui. Son idée était de traverser le royaume perdu coûte que coûte. Il ne faisait guère d'illusions sur ses chances, pas plus que sur celles des otages, mais avec l'aide de Dieu, il dévoilerait à tous les royaumes de la région la félonie de Kantalabutt. L'accès de cette terre inhospitalière ne fut chose aisée que jusqu'au petit village de Dawjatt, après, les complications commenceraient. On ne trouverait rien sur place, pas plus de nourriture pour les hommes que pour les chevaux. Au bout d'une douzaine de lieues en pleine forêt, ils aboutirent à une clairière, puis plus rien : le chemin s'arrêtait . Et plus question de revenir en arrière, la végétation avait envahi la route derrière eux. Leur entreprise paraissait sans issue et Akirons se demanda s'il avait bien fait de passer par . Au bout d'une heure à attendre par un froid intense, ils entendirent un bruissement de feuillage et virent apparaître une femme vêtue d'une robe longue et coiffée d'un chapeau pointu. Ils engagèrent la conversation.

Pardon madame, pourriez-vous nous faire sortir de  ?
Vous savez que vous n'êtes pas chez vous, peut-être devriez-vous vous présenter.
Akirons, fils du roi Akkar et mes hommes, nous sommes navrés de traverser votre domaine mais nous sommes en mission vitale : nous devons porter une rançon à Kantalabutt pour libérer des compatriotes, notre temps nous est compté. Aidez-nous, nous vous en prions.
Dylevja, fille de Djolna et petite-fille de Dereina. Avec mes consœurs, j'ai aussi besoin de vous pour réveiller les habitants de ce royaume en léthargie.
Ça nous prendrait combien de temps ?
Pas plus de deux jours.
Désolés, dans deux jours, nous devons absolument être à Strælgarde sinon on peut craindre le pire.
Écoutez, Altesse, cela ne vous plairait pas de réveiller une belle princesse endormie depuis cent ans ?
C'est quoi cette farce ?
J'ai l'air de plaisanter ? Trouvez-vous normal que je sois à vous parler alors qu'il gèle à pierre fendre et que tout ce qui vit est endormi à plus de trente lieues à la ronde ?
Bon d'accord, nous allons vous aider, mais à notre retour, parce que si nous ne sommes pas à Strælgarde après-demain, les prisonniers de Kantalabutt risquent fort de ne plus se réveiller du tout. Après tout, votre princesse a attendu cent ans, elle pourra bien attendre une petite semaine de plus, non ?
Je vais vous ouvrir la route, vous n'avez qu'à avancer droit devant vous. À quinze lieues d'ici, vous aurez du ravitaillement. Je compte sur vous, revenez vite ; vous savez, si vous réveillez ce royaume, ça vous fera un allié contre Kantalabutt.
Forteresse de Strælgarde
21/6/1774
Bon, alors, vous avez bien tout retenu, on doit ressortir coûte que coûte avec les otages.
S'ils ne sont pas déjà trucidés.
Non, je ne pense pas qu'il serait capable d'une chose pareille, nous sommes même un peu en avance.
Quelqu'un qui fonde sa politique sur des enlèvements d'innocents est capable de tout.

Akirons et sa suite furent reçus assez rudement par le gouverneur :

Vous avez l'argent ?
Oui
Alors donnez.
Pas question, nous devons le donner à Kantalabutt en mains propres.
Sa Majesté Kantalabutt, si cela ne vous écorche pas ! Le roi n'est pas ici, il est en son palais, à Hocklenge. C'est moi qui le représente ici. Donnez l'argent et filez, les otages serons libérés dans deux jours.
Ce n'est pas ce qu'il était convenu, j'ai sur moi le pli de votre... roi. Les otages doivent être libérés dès le paiement de la rançon.
Faites voir.

Le gouverneur approcha le pli d'une torche et celui-ci flamba instantanément.

Oh ! Qu'est-ce que je suis maladroit.
Traître !
Holà ! Mesurez vos paroles. Les conditions ont changé, voilà tout.
C'est une félonie ! Jamais nous n'accepterons...
Vous n'êtes pas en positions de refuser quoi que ce soit.
Nous voulons voir les otages.
Hors de question !
Alors pas d'argent.
Alors tant pis pour les otages !
Nous voulons la preuve qu'ils sont encore vivants !
Vous n'avez pas confiance ?
Pas vraiment, non.
Ils sont au sous-sol.
Eh bien nous allons leur rendre visite.
Un seul va leur rendre visite !
Leo, vas-y.
Oui Altesse.

Leo partit accompagné de deux gardes, une minute plus tard on entendit un cri terrible. Le gouverneur prit son air le plus navré et dit, plein de candeur : « Oh, il a rater une marche ». Cette manifestation de culot monstrueux fut pour les hommes d'Akirons un signal : le signal du combat. En quelques instants le gouverneur et les six gardes présents furent passés par le fer, puis les hommes d'Akirons se répandirent dans toute la forteresse et tuèrent tout homme armé qui se trouvait sur leur chemin, ensuite, ils gagnèrent les sous-sols et ils virent, au travers des barreaux de plusieurs cellules... les corps des otages qu'ils étaient venus libérer. Alors pris d'une rage folle, ils entreprirent de mettre méthodiquement la forteresse à sac et d'y mettre le feu, mais ils se ravisèrent : des renforts allaient peut-être arriver. De plus, il fallait penser au chemin du retour ; de toute façon, ils avaient laissé de beaux dégâts ! Ils n'étaient plus que huit et il fallait sortir tout un royaume de l'inconscience. Ils quittèrent donc Strælgarde presque comme ils étaient venus : avec l'argent, sans les otages et un peu moins nombreux.

Splan 24/6/1774
14:30

Akirons et ses hommes retrouvèrent Dylevja aux portes du royaume endormi et pouvaient, avec les fées, se mettre au travail. En un jour et demi, les sujets d'Edgar II, se réveillèrent les uns après les autres, bâillant, s'étirant ou se frottant les yeux. Il ne restait plus à réveiller que les occupants du château. En cent ans, la mode avait bien changé et les compagnons d'Akirons avaient l'impression, chaque fois qu'ils entraient dans une maison, d'être à une représentation théâtrale.

Vous êtes moins nombreux qu'à l'aller ; votre mission a-t-elle...
Fiasco total ! Kantalabutt avait déjà fait massacrer les otages !
Ce Kantalabutt est vraiment monstrueux : aucune droiture, aucune chevalerie. Ses exempts sont d'anciens forbans reconvertis dans des activités de basse police, À côté de lui, même ses prédécesseurs avaient des manières honnêtes. Celui qui le renversera sera méritant. Bon il ne reste plus que le château, maintenant.
Allons au château !
Vous êtes empressé ; vous voulez la voir, hein ?
Vous m'en avez fait tant d'éloges.
Elle s'appelle Elvira, vous verrez comme elle est belle !

Château royal des Toolemnare 18:00 Depuis une heure déjà, l'air s'était quelque peu réchauffé ; Akirons et ses hommes n'étaient plus frigorifiés, ils s'éparpillèrent dans l'édifice, réveillant çà et , un cuisinier, une courtisane, le roi Edgar II. Akirons fut conduit par Dylevja jusqu'à la chambre de la princesse : « Maintenant, je vous laisse. » la fée partit, laissant le prince en tête à tête avec la porte de la chambre. Celui-ci respira un grand coup, ouvrit la porte et fut figé par l'admiration. La fée ne lui avait pas menti : la dormeuse était vraiment belle. Il resta comme ça dix bonnes minutes sans rien faire, juste à l'admirer. Il fallait pourtant la réveiller. Il s'approcha, lui toucha l'épaule et la remua doucement.

Réveillez-vous... euh... Altesse... euh...
Aaaaaooooh !!! (bâillement) ben j'ai bien dorm... qui êtes-vous ?
Un prince d'un pays limitrophe du vôtre.
Pas celui de Kan...
Non, rassurez-vous, je viens de Nakol.
Comment vous appelez-vous ?
Akirons, fils d'Akkar, prince du Roenyls.
Connais pas... Quelle heure peut-il être ?
Oh, dans les six heures, je présume.
SIX HEURES ? Mais...
Dix-huit heures, je voulais dire, nous sommes le soir...
J'ai dormi tout ce temps ! J'ai presque fait deux fois le tour du cadran, vous vous rendez compte !
— (Si tu savais !) Nous pourrions peut-être rejoindre les autres, non ?
Bonne idée, aidez-moi donc à me changer.

Elvira avait dormi cent années durant dans la tenue qu'elle avait prise pour aller visiter l'aile Ouest, les vêtements étaient bons pour la blanchisseuse. La princesse se fit également un brin de toilette et Akirons ne put s'empêcher d'être impressionné : ces courbes... cette beauté... Peut être avec un peu de chance, pourrait-il passer la nuit au château... Ils descendirent vers le petit salon se trouvaient déjà, le roi, une partie de la cour, quelques domestiques et les compagnons d'Akirons. Edgar II eut de la peine à rassembler ses esprits et se demanda si, en fait, il ne rêvait pas encore. Sa fille était debout devant lui, alors que la veille (?), Dereina lui avait dit qu'elle en aurait pour cent ans à dormir ; ensuite la présence de cette fée qui ressemblait à Dereina comme une... parente. Akirons et ses hommes trouvèrent l'abasourdissement de ces gens croyant avoir dormi presque vingt-quatre heures plutôt amusant alors qu'ils avaient dormi cent ans à quelques jours près. Dylevja, elle, semblait un peu blasée. Il fallait bien, à un moment donné, mettre toutes ces personnes tirées de leur sommeil, en face de la réalité ; et notamment leur donner la date exacte, mais quelle serait leurs réactions ?

Sire, que vous a dit Dereina quant à l'état de votre fille ?
Elle m'a dit qu'elle serait inconsciente pendant cent ans.
Et c'est vrai : elle a bien dormi pendant cent ans (brouhaha créé par la surprise). Dereina est ma grand-mère. Une fois que vous vous étiez assoupi, elle a mis tout le royaume en catalepsie et en a bloqué les frontières pour le protéger afin que la princesse ne soit pas trop déboussolée à son réveil. Nous sommes en l'an de grâce 1774. Ces jeunes gens que vous voyez sont des nobles du royaume du Roenyls.
Et Kantalarryn...
Il est mort depuis un certain temps, mais il ne semble pas que vous ayez gagné au change : Kantalabutt est un vrai bandit, pas vrai Altesse ? (À Akirons)
Ça, vous pouvez l'dire... »

Et Akirons relata au roi Edgar II lesfaits d'armesdu monarque félon et de ses exécuteurs de basses œuvres.

Et vous n'avez pas guerroyé contre cet infâme.
Nous n'avons pas de frontière commune, votre royaume était infranchissable et celui d'Alfazie est un État neutre, Mais Kantalabutt se moque bien de la neutralité de quelque État que ce soit !
Eh bien considérez le royaume des Toolemnare comme un allié. Certes, nous avons cent ans de retard, mais vous pourrez traverser notre territoire avec vos troupes en toute quiétude.
Il me semble pas qu'on puisse faire la guerre tout de suite, mais nous vous aiderons à solidifier vos frontières et à moderniser votre armée ».

Jamais pacte ne fut si vite conclu. Dès lors l'ambiance fut à la bonne humeur, on but et on rebut, à la santé du Roi Edgar II, à celle d'Akirons, au Roenyls, aux Toolemnare et à la défaite définitive et sans appel de Kantalabutt. Le dîner ressemblait à un pique-nique, mais tout le monde était content ; pendant tout le dîner, Elvira et Akirons n'avaient d'yeux l'un que pour l'autre. Il fut convenu qu'Akirons et les siens passent la nuit au château pour ne pas chevaucher de nuit. Les courtisans et les domestiques se serreraient un peu, Akirons, lui, passerait la nuit dans la chambre d'Elvira.


Auteur : Anoev

Zera Sero

Texte en attente de traduction


Traduction : Nom du traducteur

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