L'eau de vie (troisième partie)

De Elkodico.

L'eau de vie


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L'eau de vie

Cependant le, vieux roi crut que son plus jeune fils avait voulu attenter à sa vie, et il lui en témoigna de la colère. Il convoqua son conseil qui émit l'avis de faire fusiller secrètement le jeune prince. Un serviteur du roi devait l'accompagner à la chasse et l'exécuter dans la forêt.


Cependant, au moment décisif le prince fut surpris de l'air de tristesse de celui qui était charge de la funèbre mission.

- Qu'as-tu, lui demanda-t-il, pour paraître si triste ?

- Je ne puis le dire, répondit le serviteur.

- Parle, lui dit le prince, je te pardonne d'avance.

- Hélas ! dit alors le domestique, je suis chargé de vous fusiller, le roi l'ordonne ainsi.

Le prince tout consterné lui dit :

- Brave, serviteur, je te donnerai ma tenue royale, donne-moi la tienne à la place.

- Très volontiers, répondit l'autre ; je n'aurais quand même pas eu le, courage de tirer sur vous.

Ils échangèrent leurs vêtements, et le serviteur rentra au château tandis que le prince s'enfonça dans la forêt.


Longtemps après arrivèrent chez le vieux roi trois voitures chargées d'or et de pierres précieuses pour être remises à son plus jeune, fils. C'étaient les trois rois dont les royaumes avaient été délivrés par son glaive et fécondés par son pain qui voulaient ainsi exprimer leur gratitude.

Le vieux roi songea : " Mon fils serait-il innocent ? " et il dit à ses gens :

- Ah ! s'il était encore en vie, que je regrette de l'avoir fait tuer !

- Il vit encore, dit le serviteur ; je n'ai pu prendre sur moi de le tuer.

Et il raconta au roi comment les choses s'étaient passées.


Le cœur du vieux souverain fut soulagé d'un grand poids ; il fit publier partout que son fils pouvait rentrer et qu'il lui serait fait bon accueil.

Cependant la princesse avait fait percer devant son palais une rue pavée d'or et de pierreries, et dit à ses gens que, celui qui pousserait son cheval au milieu de cette rue serait l'époux attendu et qu'il fallait lui permettre l'accès du palais, tandis qu'il fallait chasser ceux qui marcheraient sur le côté.


Un pou moins d'un an après l'époque, le jeune prince avait pénétré auprès de la belle princesse, l'aîné se mit en route afin de se donner pour son libérateur et obtenir sa main et son royaume.

En voyant la précieuse route il se dit : " Ce serait grand dommage d'y mettre les pieds ", et il fit passer la bête sur le côté. Mais, arrivé devant la porte, les gens lui dirent de s'en retourner car il n'était pas l'époux attendu.

Le second prince survint peu après, et il pensa comme, son aîné qu'il serait grand dommage de détériorer une si belle route ; il fit donc également passer son cheval sur le côté. Lui aussi, en se présentant au palais, vit les gens de la princesse lui déclarer qu'il n'était nullement l'époux attendu, et il fut prié de, s'en retourner.


Quand l'année fut tout à fait écoulée, le, troisième sortit du bois pour se rendre auprès de sa bien-aimée. Il ne songeait qu'à elle, à l'idée de se trouver auprès d'elle, et, dans sa distraction, il ne vit pas le somptueux pavage de la rue. Il laissa donc son cheval galoper au beau milieu de la voie et trouva la porte grande ouverte.

La princesse le reçut avec transport, le déclarant son sauveur et le, maître de son royaume.

Après que les noces eurent été célébrées en grande pompe, elle lui apprit que son père l'avait mandé auprès de lui et lui avait pardonné. Il se rendit donc auprès du vieux roi et lui raconta comment ses frères l'avaient trahi et qu'il s'était tu.


Le roi voulut les châtier, mais ils s'étaient déjà embarqués et ne reparurent jamais plus.



Auteur : Jacob et Wilhelm Grimm

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Traducteur : Nom du traducteur

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