La conjugaison

De Elkodico.

La conjugaison elkanne est d'une simplicité extrême du fait de son caractère isolant et de l'absence de flexion. Les temps sont exprimés par des auxiliaires dits "auxiliaires temporels" et les modes au moyen de profixes. Elle ne connaît pas non plus de concordance des temps.


Sommaire

Les paramètres

En elko, le temps du verbe s'exprime au moyen de d'auxiliaires temporels qui peuvent apporter de nombreuses subtilités selon quatre paramètres comme les temps, les modes, l'aspect et les degrés d'éloignement. Les différents paramètres sont combinables et peuvent ainsi offrir des centaines[1] de combinaisons offrant tout autant de nuances.

Les temps

L'elko compte quatre temps qui s'expriment au moyen d'auxiliaires temporels, aucune flexion n'est observée sur le verbe :

ex : Ero wodu wami ("je suis en train de manger")
ex : Ero wedu wami ("je mangeais")
ex : Ero wudu wami ("je mangerai")
ex : Ero wami ("je mange")

Remarque : Lorsque aucun auxiliaire n'est utilisé on parle d'intemporel. Il est employé soit lorsque le contexte est clair soit pour décrire des vérités générales.

Les modes

La conjugaison elkanne connaît quatre modes :

  • Le déclaratif : Ce mode est non marqué, c'est aussi le mode par défaut, il conserve le "W" des auxiliaires temporels, il exprime une généralité sans se soucier de sa véracité :
ex : Ego wodu wami ("il mange")
  • L'indicatif : Ce mode exprime des fait réels, ou affirmés comme tels, liés d'une manière ou d'une autre à la situation d'énonciation. Il se marque au moyen du profixe H placé sur l'auxiliaire temporel.
ex : Ego hodu wami ("il mange")
  • L'impératif : Ce mode est lié à l'injonction et à l'ordre, aucun auxiliaire n'est requis mais l'utilisation du point d'injonction est nécessaire.
ex : wami !! ("mange !")
  • Le médiatif : Ce mode exprime la probabilité d'une action, l'incertitude d'un évènement. Il énonce un fait hypothétique soumis rapporté par une tierce personne. (à l'intemporel on peut utiliser aussi wadu).
ex : Ego fedu wami ("il serait en train de manger, d'après je ce que j'ai entendu dire")

L'aspect

L'aspect est une modalité du verbe permettant de dire si l'action décrite est en cours ou non. Il existe deux types d'aspect :

  • Le perfectif exprimé au moyen de la particule bau.
  • L’imperfectif exprimé par défaut par l'absence de particule.

Le perfectif

Le perfectif indique une action accomplie, réalisée et terminée et s’exprime au moyen de la particule bau.

  • Ero bau wami : j'ai mangé (intemporel perfectif)
  • Ero wedu bau wami : j'avais / eus mangé (plus-que-parfait, passé antérieur)
  • Ero wodu bau wami : j'ai mangé (passé composé)
  • Ero wudu bau wami : j'aurai mangé (futur antérieur)
  • Ero wadu bau wami : j'aurais mangé (conditionnel passé)
  • Ero wėdu bau wami : j'aurais mangé (conditionnel passé)

L’imperfectif

L’imperfectif indique une action en cours, envisagée sous l’angle de sa durée.

  • Ero ∅ wami : je mange (intemporel imperfectif)
  • Ero wedu wami : je mangeais, je mangeai (imparfait, passé simple)
  • Ero wodu wami : je mange (présent)
  • Ero wudu wami : je mangerai (futur simple)
  • Ero wadu wami : je mangerais (conditionnel présent)
  • Ero wėdu wami : je mangerais (conditionnel présent)

Les degrés d'éloignement

La conjugaison elkanne connaît deux degrés d'éloignement exprimé au moyen des profixes placé sur les auxiliaires temporels :


Ero wedu wami : je mangeais

ex : Ero thedu wami ("je viens de manger")
ex : Ero edu wami ("il y a très longtemps, je mangeais")

Les paramètres annexes

Les pronoms personnels

Étant donné que les verbes sont invariables, l'expression de la personne se fait au moyen des pronoms personnels.

L’ensemble des pronoms rencontrés en elko est issu de quatre clés seulement : NAR (ego), TĖL (alter ego), DOG (tiers) et MOK (spectacle). Pour des raisons de commodités et de fréquence d’utilisation, les formes longues ont progressivement disparu au profit de leurs formes courtes obtenues au moyen des clés réduites : R, L, G et K.

  • Ero : je
  • Elo : tu
  • Ego : il, elle
  • Eko : on

Remarque : Le préfixe neutre e- peut-être remplacé par celui du féminin A- ou celui du masculin O-

Les formes plurielles se font par l'ajout du préfixe i- :

  • Iro : nous
  • Ilo : vous
  • Igo : ils, elles
  • Iko : on

La syntaxe

En elko, les auxiliaires temporels ont la possibilité de se placer dans le constituant verbal ou dans le connecteur. Lorsqu'un auxiliaire temporel est placé dans le connecteur il agira sur toute la phrase et perdra son effet au prochain auxiliaire temporel rencontré dans le connecteur. Parallèlement à cela un autre auxiliaire temporel peut être placé dans le constituant verbal, préposé au verbe. À ce moment là, il n'aura d'effet que sur ce verbe là.

Les auxiliaires modaux

Les auxiliaires temporels (wedu, wodu, wudu) ne sont pas les seuls auxiliaires utilisés avec les verbes. Les autres sont appelés auxiliaires modaux ou parauxiliaires[2]. Vous en connaissez déjà deux : wadu ("l'incertain") et wėdu ("le conditionnel"). Les autres auxiliaires modaux se contruisent sur la base d'une clé à laquelle on ajoute le suffixe -u appelé ligatif.

Voici quelques exemples d'auxiliaires modaux :


Remarque : Le suffixe des auxiliaires est habituellement -au (forme longue) appartenant au langage soutenu. La forme -u est une forme appartenant au langage courant (forme réduite).

Le gérondif

Le gérondif est une forme verbale formée à partir du participe présent est précédé de la préposition "en". En elko, on le traduit au moyen du suffixe simple "-e" ou du suffixe cumulé "-ie".


waka "allant" → wakie "en allant"


Remarque : Le suffixe cumulé -ie est souvent réduit à -e.

Liens

Notes

  1. 256 formes sont possibles pour un même verbe.
  2. Néologisme proposé par Anoev le 9 février 2012.
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