La mariée blanche et la mariée noire (deuxième partie)

De Elkodico.

La mariée blanche et la mariée noire
1ère partie - 2ème partie
 

La mariée blanche et la mariée noire

- Que dit-il, mon petit frère ? demanda la mariée pour la troisième fois.

- Il dit seulement que tu dois regarder un peu le paysage.

Ils étaient justement en train de passer sur un pont franchissant des eaux profondes. Et dès que la mariée se leva et se pencha par la fenêtre du carrosse, sa belle-mère et sa belle-fille la poussèrent si fort qu'elle tomba dans la rivière. L'eau se referma sur elle ; à cet instant apparut à la surface d'eau une petite cane d'une blancheur immaculée qui flottait en suivant le courant.

Le frère sur le siège du cocher n'avait rien remarqué ; il continuait à foncer avec le carrosse jusqu'à la cour du roi. Son regard était voilé mais percevant l'éclat de la robe dorée il était de bonne foi lorsqu'il conduisit devant le roi la fille noire à la place de sa sœur. Lorsque le roi vit la prétendue mariée et son inénarrable laideur, il devint fou furieux et ordonna de jeter le cocher dans une fosse pleine de serpents.

Pendant ce temps, la vieille sorcière réussit à ensorceler le roi et à l'aveugler à tel point qu'il ne les chassa pas, ni elle, ni sa fille ; et mieux encore : elle l'envoûta si bien que le roi finit par trouver la mariée noire plutôt acceptable et il l'épousa.

Un soir, tandis que l'épouse noire était assise sur les genoux du roi, arriva dans les cuisines du château, par le conduit de l'évier une petite cane blanche qui parla ainsi au jeune marmiton :


Allume le feu, jeune apprenti,

Un court instant, sans doute, suffit

Pour faire sécher mes plumes flétries.


Le garçon obéit et alluma le feu ; la petite cane s'approcha, secoua ses plumes et les lissa avec son petit bec. Un peu ragaillardie, elle demanda :

- Que fait mon frère Régis ?

Le marmiton répondit :


Parmi les serpents, dans une fosse,

Sa prison semble plus qu'atroce.


Et la petite cane demanda :

Que fait la sorcière noire ?

Le garçon répondit :


Elle tremble de joie

Dans les bras du roi.


Et la petite cane soupira :


Mon Dieu, sois à mes côtés

Face à toute adversité !

Et elle s'en alla par elle était venue.

Le lendemain soir elle revint et elle reposa les mêmes questions et le troisième soir également. Le jeune marmiton eut pitié d'elle et décida d'aller voir le roi pour tout lui raconter. Le roi, voulant voir de ses propres yeux ce qui se passait, se rendit le soir à la cuisine et dès que la petite cane sortit la tête de l'évier, il brandit son épée et lui transperça la gorge.

Et tout à coup, la petite cane se transforma - et devant le roi apparut une fille d'une beauté indescriptible ressemblant comme deux gouttes d'eau à la belle du tableau de Régis. Le visage du roi s'illumina de joie et comme la jeune fille était toute mouillée, il fit immédiatement apporter une robe magnifique et ordonna qu'on l'en vêtit.

La Jeune fille lui raconta ensuite comment elle se fit abuser par sa belle-mère et sa belle-sœur et comment celles-ci l'avaient poussée à l'eau. Mais en premier lieu elle pria le roi de faire sortir son frère de la fosse aux serpents. Le roi exauça son voue et se dirigea ensuite vers la chambre de la vieille sorcière. Il lui raconta l'histoire telle qu'elle s'était passée et à la fin lui demanda :

- Que mérite la femme qui a commis de telles abominations ?

La sorcière, dans son aveuglement, n'avait pas compris de qui il était question et répondit :

- Elle mérite d'être enfermée toute nue dans un fût garni de clous pointus et que l'on attache ce fût à un attelage et que cet attelage soit lancé à toute allure.

Et c'est ainsi qu'on les traita, elle et sa fille noire.

Le roi épousa sa belle mariée blanche et récompensa le fidèle Régis : il en fit l'homme le plus riche et le plus estimé de son royaume.


Auteur : Jacob et Wilhelm Grimm

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Traducteur : Nom du traducteur

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