Le livre de l'assemblée (paragraphe 27)

De Elkodico.

Le Mahâbhârata

I Le Livre des commencements • II Le Livre de l'assemblée • III Le Livre de la forêt • IV Le Livre de Virata • V Le Livre des préparatifs • VI Le Livre de Bhîsma • VII Le Livre de Drona • VIII Le Livre de Karna • IX Le Livre de Shalya • X Le Livre de l'attaque nocturne • XI Le Livre des femmes • XII Le Livre de l'apaisement • XIII Le Livre de l'enseignement • XIV Le Livre du sacrifice royal • XV Le Livre du séjour en forêt • XVI Le Livre des pilons • XVII Le Livre du grand départ • XVIII Le Livre de la montée au ciel

 
Le livre de l'assemblée

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La partie de dés

2.43. Duryodhana visite le Palais de l’Assemblée de Yudhishthira. Il prend une dalle de cristal pour un bassin, puis un bassin pour le sol, et tombe tout habillé dedans. Il se cogne contre une porte fermée qu’il pense ouverte. On se moque de lui. Duryodhana retourne à Hâstinapura, plein de jalousie devant l’opulence et le succès des Pândava. Il énumère à Shakuni les raisons de sa rancœur et lui annonce qu’il va se suicider : il ne peut tolérer leur fortune.

2.44. Shakuni lui remontre qu’il ne peut en vouloir aux Pândava : ils ont fait ce qu’il fallait pour augmenter leur prospérité. Duryodhana avec ses frères et ses alliés peut en faire autant. Duryodhana rétorque qu’avec ses frères et ses alliés, il peut défaire les Pândava. Les Pândava ne peuvent être défaits au combat, répond Shakuni, mais il connaît un autre moyen de défaire Yudhishthira : celui-ci aime à jouer aux dés, mais n’y connaît rien. Qu’on lui propose une partie, et Shakuni se fait fort de le dépouiller.

2.45. Shakuni représente à Dhritarâshtra que son fils est abattu. Dhritarâshtra interroge Duryodhana : pourquoi est-il abattu, n’a-t-il pas tout ce qu’il peut désirer ? Duryodhana raconte les richesses de Yudhishthira : comment pourrait-il être satisfait. Shakuni propose de jouer aux dés contre Yudhishthira. Dhritarâshtra veut consulter Vidura avant de donner son autorisation. Duryodhana proteste : Vidura ne sera jamais d’accord, et si la partie de dés n’a pas lieu, il se tuera. Pour apaiser Duryodhana, Dhritarâshtra fait construire une salle aux mille piliers la partie pourrait avoir lieu. Puis il demande son avis à Vidura. Vidura lui déconseille d’autoriser la partie - ce serait la division entre ses fils - et va trouver Bhîshma.

2.46. Reprise en détail de la discussion entre Dhritarâshtra, Duryodhana et Shakuni. Dhritarâshtra, devinant l’avis de Vidura, demande de à Duryodhana de renoncer à la partie de dés : il a tout ce qu’il peut désirer, pourquoi se désespérer ?. Duryodhana décrit l’opulence de Yudhishthira, et les splendeurs du Palais de l’Assemblée.

2.47. Il décrit le tribut apporté à Yudhishthira par les rois.

2.48. Suite de la description du tribut. Description des serviteurs que Yudhishthira loge et nourrit.

2.49. Même les rois les plus renommés servent Yudhishthira, ce sont eux qui l’ont équipé pour la cérémonie. Les grands rishi étaient présents à la cérémonie. Aucun roi n’a jamais atteint la splendeur de Yudhishthira lors de sa consécration. Comment Duryodhana ne serait-il pas affligé !

2.50. Dhritarâshtra admoneste Duryodhana : qu’il ne haïsse pas les Pândava, qu’il ne convoite pas leur fortune, qu’il profite de ce qu’il a. Duryodhana réplique que la loi du kshatriya est la guerre, que le mécontentement est la racine de la fortune : la loi est de prendre à ceux qui ont. Il reprendra la fortune des Pândava : s’il n’est pas égal à eux, à quoi bon vivre ?

2.51. Shakuni se fait fort de prendre ses richesses aux dés à Yudhishthira. Dhritarâshtra n’approuve pas, mais finit par faire construire une salle aux mille piliers pour le jeu de dés. Une fois la salle construite, Il demande à Vidura d’aller chercher les Pândava pour la leur montrer : ils y joueront aux dés en famille. Vidura n’approuve pas. Dhritarâshtra lui démontre qu’il n’y a rien de mal : aux dés, c’est le destin qui décide.

2.52. Vidura se rend à Indraprashta. Yudhishthira l’interroge : Je te sens préoccupé, tout va-t-il bien ?. Vidura lui transmet l’invitation au jeu de dés. Yudhishthira se méfie des conséquences possibles. Vidura lui répond qu’il en est bien d’accord, mais ne peut que transmettre l’invitation de Dhritarâshtra. Yudhishthira demande quels seront les joueurs : ce sont probablement des tricheurs, dit Yudhishthira, mais il ne peut refuser un défi, il l’a juré. Les Pândava se rendent en grande pompe chez Dhritarâshtra ils rencontrent les Kaurava. Ils dorment dans les quartiers qu’on leur a préparés, assistent aux rites matinaux en entrent dans la salle, pleine de joueurs.

2.53. Shakuni invite Yudhishthira à jouer et celui-ci lui demande de ne pas tricher. Shakuni répond que la tricherie fait partie de l’art du joueur : si Yudhishthira a peur, qu’il renonce !. Duryodhana met en jeu ses bijoux et son trésor, et Shakuni jouera pour lui. Les rois se pressent pour assister à la partie. Shakuni joue et gagne.

2.54. Yudhishthira perd successivement un collier de perles, cent jarres contenant mille pièces d’or, son char, mille éléphants, cent mille esclaves femmes, puis cent mille esclaves homme, cent mille chars avec leurs chevaux et leurs cochers, ses chevaux gandharva, des milliers de chariots, de chars et de bétail avec les soixante mille hommes qui s’en occupent, quatre cents coffrets contenant chacun cinq boisseaux d’or fin.

2.55. Vidura essaye d’interrompre la partie. Duryodhana est en poussant des cris de chacal : il entraîne les Kaurava à leur perte. Qu’on laisse Arjuna le maîtriser : il vaut mieux perdre un seul que toute la famille !. Il raconte l’Histoire des oiseaux qui crachaient de l’or. Un homme, par avarice, attrape des oiseaux qui crachaient de l’or dans sa maison et les tue : il a détruit ce qui aurait pu lui apporter la fortune. Que Duryodhana ne trahisse pas les Pândava pour l’attrait d’un gain immédiat, il s’en repentirait.

2.56. Ce jeu de dés conduit à la guerre et à leur destruction mutuelle. Que Shakuni soit chassé : il triche.

2.57. Duryodhana accuse Vidura de préférer les Pândava : il est chez eux comme un serpent. Qu’il ne se mêle pas des affaires des autres : personne ne lui a demandé son avis. Vidura lui répond que l’ami d’un roi n’est pas celui qui le flatte, mais celui qui s’en tient à la loi, et quitte la salle.

2.58. Shakuni demande à Yudhishthira de mettre en jeu ce qu’il n’a pas encore perdu. Yudhishthira perd successivement toute sa fortune, tout son bétail, tout son royaume avec ses villes, ses richesses, ses habitants sauf les brâhmanes, tous ses ornements personnels, Nakula, Sahadeva, Arjuna, Bhîma, lui-même enfin. Il met en jeu Draupadî. Les assistants protestent, mais Shakuni jette les dés et gagne.

2.59. Duryodhana demande à Vidura d’aller chercher Draupadî. Vidura rétorque qu’elle n’a pas été gagnée : Yudhishthira l’a mise en jeu alors qu’il ne s’appartenait plus. Il exhorte Duryodhana à la modération : il ne voit pas les dangers qui le menacent.

2.60. Duryodhana envoie un huissier chercher Draupadî. L’huissier raconte à Draupadî comment elle a été perdue aux dés. Draupadî lui demande de poser cette question à Yudhishthira : qui a été perdu le premier, lui-même ou elle ? Yudhishthira ne répond rien. Draupadî est à demi vêtue et indisposée. Duryodhana demande à nouveau qu’on amène Draupadî et envoie Dusshâsana la chercher. Dusshâsana la traîne par les cheveux. Draupadî l’implore : elle ne peut se présenter à l’assemblée dans cet état. Aucune importance, répond Dusshâsana, elle est maintenant esclave. Elle implore encore, en vain. Elle jette un coup d’oeil à ses époux qui s’enflamment de colère. Dusshâsana la traite d’esclave et rit. Seuls Shakuni, Karna et Duryodhana approuvent bruyamment : les autres spectateurs sont indignés. Bhîshma revient sur un point de droit : comment Yudhishthira, qui s’était perdu lui-même, a-t-il pu mettre Draupadî en jeu, puisqu’elle ne lui appartenait plus ? Et pourtant Yudhishthira l’a fait de son plein gré. Il n’avait pas le choix, en face de tricheurs, répond Draupadî, et elle éclate en sanglots. Bhîma contemple la scène et éclate :

2.61. Il s’en prend à Yudhishthira : qu’il ait perdu tout ce qu’ils possédaient et eux-mêmes, c’est son droit. Mais il n’avait pas le droit de jouer Draupadî. "Je brûlerai tes bras", s’exclame-t-il. Arjuna excuse Yudhishthira, mais Bhîma ne se calme pas. Vikarna, un fils de Dhritarâshtra, repose la question de savoir si Draupadî a bien été gagnée, mais personne ne lui répond. Il expose alors son propre point de vue : Draupadî n’appartenait plus à Yudhishthira quand elle a été mise comme enjeu : elle ne peut donc avoir été gagnée. L’assemblée l’approuve. Karna, lui, maintient que Draupadî a bien été gagnée. De plus, elle va avec plusieurs hommes, c’est une putain. On peut donc en faire ce qu’on veut : qu’on les déshabille, elle et les Pândava !. Les Pândava se déshabillent et Dusshâsana saisit le vêtement de Draupadî : mais à mesure qu’il le lui arrache, il en vient un autre semblable. Les rois s’émerveillent, et Bhîma jure d’ouvrir la poitrine de Dusshâsana et de boire son sang. Les rois l’approuvent. Dusshâsana, au milieu d’une pile de vêtements finit par s’arrêter. Vidura prend la parole : il faut répondre à la question de Draupadî. Il raconte l’Histoire de Prahlâda. Virocana, le fils de l’asura Prahlâda, aime la même fille que Sudhanvan, le fils d’Angiras. Chacun prétend être supérieur à l’autre, et ils parient sur leur vies. Ils font appel à Prahlâda pour les départager, et Sudhanvan le menace du foudre d’Indra s’il ne dit pas la vérité. Prahlâda va demander conseil à Kashyapa. Kashyapa lui répond qu’il faut dire la vérité, et lui montre les conséquences du mensonge : Si la justice est bafouée devant l’assemblée par l’injustice et si l’épine n’est pas retirée, elle percera les assistants. Prahlâda dit alors à son fils : "Sudhanvan est meilleur que toi". Sudhanvan le félicite d’avoir dit la vérité et laisse la vie sauve à Virocana. Les rois ne répondent rien.

2.62. Dusshâsana jette Draupadî à terre. Draupadî proteste : le traitement qu’on lui inflige est contre la loi. On n’introduit pas une femme dans l’assemblée des hommes !. Est-elle libre, ou esclave ? Bhîshma trouve le problème difficile à résoudre : que l’on demande à Yudhishthira lui-même. Duryodhana en rajoute : qu’on interroge les Pândava : ils devront dire que Yudhishthira ne pouvait disposer de Draupadî et d’eux-mêmes et ainsi en faire un menteur. Bhîma intervient : avec la permission de Yudhishthira, il écrasera avec le plat de ses mains les fils de Dhritarâshtra.

2.63. Karna dit à Draupadî qu’elle est esclave : qu’elle les serve et se choisisse un autre mari qui ne joue pas aux dés. Duryodhana demande à Yudhishthira s’il pense que Draupadî a bien été gagnée et il montre sa cuisse à Draupadî. Bhîma jure de briser cette cuisse de sa massue. Duryodhana insiste : Si Bhîma, Arjuna et les jumeaux déclarent que Yudhishthira n’avait pas le droit de disposer d’eux, alors Draupadî ne sera pas esclave. Arjuna répète que Yudhishthira pouvait bien disposer d’eux quand il les a joués : mais était-il encore le maître de Draupadî ?. Présages funestes. Dhritarâshtra intervient et donne tort à Duryodhana. Il offre un voeu à Draupadî. Elle demande la liberté pour Yudhishthira. Puis celle de Bhîma, d’Arjuna et des jumeaux. Elle refuse un troisième vœu.

2.64. Karna félicite Draupadî : elle a sauvé ses maris. Yudhishthira calme la fureur de Bhîma.

2.65. Dhritarâshtra donne congé à Yudhishthira : qu’il rejoigne son royaume, règne en paix et oublie les offenses. Les Pândava retournent vers Indraprashta.


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Version 2017
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Le Mahâbhârata









  • Livre VIII : 73


  • Livre X : 7879



  • Livre XIII : 8990

  • Livre XIV : 9192


  • Livre XVI : 96

  • Livre XVII : 97

  • Livre XVIII : 98

 

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