Le Livre de l'enseignement (paragraphe 89)

De Elkodico.

Le Mahâbhârata

I Le Livre des commencements • II Le Livre de l'assemblée • III Le Livre de la forêt • IV Le Livre de Virata • V Le Livre des préparatifs • VI Le Livre de Bhîsma • VII Le Livre de Drona • VIII Le Livre de Karna • IX Le Livre de Shalya • X Le Livre de l'attaque nocturne • XI Le Livre des femmes • XII Le Livre de l'apaisement • XIII Le Livre de l'enseignement • XIV Le Livre du sacrifice royal • XV Le Livre du séjour en forêt • XVI Le Livre des pilons • XVII Le Livre du grand départ • XVIII Le Livre de la montée au ciel

 
Le Livre de l'enseignement

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L’enseignement

13.1. Malgré l’enseignement qu’il vient de recevoir, Yudhishthira ne trouve pas la paix de l’esprit. Il se sent responsable du massacre. Bhîshma raconte l’Histoire de Mrityu et de Gautamî. Un jour, Gautamî, une vieille femme connue pour sa tranquillité d’esprit, trouve son fils mort, mordu par un serpent. Un chasseur, du nom d’Arjunaka, attrape le serpent et le lui apporte : comment dois-je le tuer, demande-t-il. Laisse-le aller, répond Gautamî : en le tuant, tu ne feras pas revivre mon fils. D’autre part la mort de mon fils était prédestinée : pourquoi tuer ce serpent. La discussion continue, le chasseur toujours décidé à tuer le serpent, Gautamî à le relâcher. Le serpent intervient dans la discussion : il n’a fait qu’obéir aux ordres de Mrityu. Et la discussion avec le chasseur se poursuit, portant sur les notions de cause première, agent, cause directe. Mrityu intervient : tout est la faute de Kâla, c’est lui qui conditionne tous les actes, c’est lui la cause. Kâla intervient à son tour : ni le serpent, ni Mrityu, ni lui même ne sont responsable de la mort de ce garçon. C’est le résultat de son propre karma !. Tout le monde tombe d’accord.

13.2. Est-ce que quelqu’un a réussi à apprivoiser la mort par la pratique de la vertu, demande Yudhishthira. Bhîshma raconte l’Histoire de Sudarshana. Le roi Duryodhana, de la lignée d’Ikshvâku, était un roi d’une sagesse exemplaire. Il a avec la rivière Narmadâ, une fille d’une beauté extraordinaire, Sudarshanâ, dont Agni tombe amoureux. Agni se déguise en brâhmane et demande la main de Sudarshanâ, que le roi lui refuse. Agni, furieux, se retire des sacrifices. Les brâhmanes invoquent Agni, qui leur apparaît et leur donne la raison de son retrait. Tout s’arrange, Agni épouse Sudarshanâ, et en a un fils, Sudarshana, de toute beauté. De son côté, le roi Oghavant a une fille Oghavatî, qui épouse Sudarshana. Sudarshana a fait le voeu de dompter Mrityu (la mort) de son vivant : il recommande à son épouse de ne jamais décevoir un hôte. Un jour qu’il est en voyage, un brâhmane vient demander l’hospitalité. Oghavatî le traite avec tous les égards, mais le brâhmane la veut elle même. Elle essaye de le dissuader, sans succès. Se souvenant des paroles de son époux, elle accepte. Quand son mari rentre, elle ne répond pas à ses appels : elle est dans les bras du brâhmane !. Le brâhmane, alors, de l’intérieur de la hutte, explique la situation à Sudarshana : qu’il a réclamé la belle Oghavatî, et que celle-ci lui a cédé. Sudarshana le prie de continuer, un hôte est sacré. Le brâhmane révèle qu’il est Dharma : il a voulu le mettre à l’épreuve, et n’a, bien entendu, pas souillé la belle, qui du reste est parfaitement chaste et fidèle à son mari. En récompense, Sudarshana vaincra la mort : il montera au ciel avec son corps, son épouse le suivra avec la moitié de son corps, l’autre moitié devant la célèbre rivière Oghavatî. Et Indra lui même vient les chercher avec son char céleste.

13.3. Yudhishthira demande comment un kshatriya peut devenir brâhmane. Il rappelle les exploits de Vishvâmitra.

13.4. Bhîshma raconte l’Histoire de Vishvâmitra. Généalogie du roi Gâdhi. Il n’a pas de fils, mais une fille, Satyavatî. Ricîka, le fils de Cyavana, de la race de Bhrigu, la demande en mariage, mais Gâdhi exige comme dot mille chevaux blancs avec une oreille noire. Ricîka va les demander à Varuna, et les mille chevaux sortent de la Gangâ. Satyavatî épouse donc Ricîka, toute fière d’être alliée à un brâhmane. Satisfait de sa conduite, Ricîka lui offre un voeu. La mère de Satyavatî demande à être associée au voeu, et Ricîka leur offre un fils à chacune d’elles : que la mère embrasse un figuier sacré, elle aura un fils muni de toutes les vertus, et qu’elle même embrasse un figuier ordinaire, elle aura un fils glorieux et puissant. Satyavatî rapporte ces paroles à sa mère, et celle-ci la persuade d’échanger les figuiers : un fils glorieux et puissant convient mieux à un roi !. Elles attendent toutes deux un enfant : mais Ricîka annonce à Satyavatî que, puisqu’elles ont échangé leur arbre, la femme du roi Gâdhi, aura pour fils un brâhmane éminent, et elle-même, femme de brâhmane, un guerrier redoutable. Satyavatî se désespère, et obtient de Ricîka que ce ne soit pas son fils, mais son petit fils, qui devienne un guerrier redoutable. Ainsi, la mère de Satyavatî donne naissance à Vishvâmitra, et Satyavatî donne naissance à Jamadagni. Vishvamîtra, bien que fils de roi (kshatriya), obtient de devenir brâhmane et donne naissance à de nombreuses familles de brâhmanes.

13.5. Yudhishthira demande quels sont les mérites de la compassion. Bhîshma raconte l’Histoire d’Indra et du perroquet. Un chasseur avait muni ses flèches de poison. Il rate sa cible et frappe un arbre, qui, à cause du poison, perd ses feuilles et dépérit. Un perroquet, qui habitait dans cet arbre, ne veut pas abandonner son ami, et se laisse dépérir aussi. Indra s’en émerveille. Il prend l’apparence d’un brâhmane et interroge le perroquet : pourquoi n’abandonne-t-il pas son arbre ? Le perroquet le reconnaît et lui dit : La compassion est la plus grande des vertus. Cet arbre m’a vu naître, il m’a abrité et m’a fait ce que je suis : comment pourrais-je l’abandonner ? Indra, émerveillé, fait revivre l’arbre.

13.6. Yudhishthira demande ce qui est le plus fort : le destin ou les efforts des hommes ? Bhîshma rapporte l’Entretien entre Vasishtha et Brahmâ. Vasishtha demande à Brâhma si les efforts faits pendant sa vie prévalent sur les fruits des vies précédentes. Le sol, même s’il est convenablement labouré (les efforts faits pendant sa vie), ne donne pas de fruits s’il n’a pas reçu de semences (les fruits des vies précédentes). Rien ne s’acquiert sans effort, le destin seul ne suffit pas. Exemples de résultats acquis par des bonnes ou des mauvaises actions.

13.7. Yudhishthira demande quel sont les effets des bonnes actions. Bhîshma explique qu’aucun acte ne reste sans fruit et que le fruit d’un acte s’applique dans un domaine similaire : il en donne différents exemples. Le karma porte ses fruits en temps voulu.

13.8. Qui doit-on respecter avant tout, demande Yudhishthira. Les brâhmanes, répond Bhîshma. L’excellence des brâhmanes.

13.9. Qu’advient-il, demande Yudhishthira, si l’on ne donne pas aux brâhmanes. Bhîshma rapporte l’Histoire du chacal et du singe. Deux amis, après leur mort renaissent, l’un sous la forme d’un chacal, l’autre d’un singe. Le singe dit au chacal : Quel péché as-tu commis dans ta vie antérieure, pour devoir manger des charognes ? Le chacal répond : j’avais promis de faire un don à un brâhmane, et je ne l’ai pas fait. Pour cela je suis devenu chacal ! Et toi, pourquoi es-tu un singe ? Dans ma vie antérieure, je m’étais approprié des biens appartenant à un brâhmane. Ainsi, il ne faut jamais décevoir ou spolier un brâhmane, conclut Bhîshma, mais leur faire des dons.

13.10. Peut-on instruire une personne d’une caste inférieure, demande Yidhishthira. Il ne faut pas instruire une personne de basse caste, répond Bhîshma. Et il raconte l’Histoire du shûdra et du brâhmane. Il y avait, sur les flancs de l’Himavant, un ermitage particulièrement réputé, et peuplé d’un grand nombre de sages et d’ascètes. Arrive un jour un shûdra : il demande à être instruit dans les devoirs de la religion. Le chef de l’ermitage refuse : shûdra, il ne peut être que serviteur. Le shûdra alors se retire dans la forêt, mène une vie d’austérités, construit un autel et se conduit comme un brâhmane. Un brâhmane, très avancé sur la voie de la délivrance, vient lui rendre visite, et le voyant se tromper dans l’ordonnance d’un sacrifice aux mânes, lui enseigne la bonne manière de procéder. Le temps venu, ils meurent tous deux : le shûdra renaît prince, le brâhmane dans une famille de prêtres ordinaires. Quand le shûdra devient roi à la mort de son père, il prend le brâhmane comme chapelain, mais ne peut s’empêcher de sourire chaque fois qu’il le voit officier. Le brâhmane lui en demande la raison. Le roi lui révèle alors que dans sa vie précédente, dont il se souvient, le brâhmane était un brâhmane de très grande renommée, proche de la délivrance : mais, parce qu’il l’a enseigné, lui un shûdra, dans l’ordonnance du sacrifice aux mânes, il est re- comme un brâhmane ordinaire, sans profiter des mérites qu’il avait acquis. Il ne faut jamais instruire un shûdra, conclut Bhîshma, ni une personne qui n’est pas digne.

13.11. Yudhishthira demande comment se concilier Shrî, la déesse de la prospérité. îshma rapporte ce qu’a dit Shrî elle-même à Rukminî, en présence de Krishna. Shrî décrit les qualités des hommes et des femmes en qui elle réside.

13.12. Yudhishthira demande qui, de l’homme ou de la femme, tire le plus grand plaisir de l’acte d’amour. Bhîshma rapporte l’Histoire de Bangâshvana. Le roi Bangâshvana, sans héritier, offre un sacrifice à Agni et en obtient cent fils. Indra, jaloux qu’il se soit adressé à Agni, lui tend un piège. Un jour que le roi est à la chasse, Indra l’égare. Le roi se trouve devant un lac, s’y baigne, et se retrouve transformé en femme. Elle rentre dans sa capitale, explique à ses épouses et à ses fils ce qui lui est arrivé, abandonne la royauté et se retire dans la forêt. Avec un ermite, elle a de nouveau cent fils. Elle rentre dans sa capitale et présente les cent fils qu’elle a eu en tant que femme aux cent fils qu’il a eu en tant qu’homme. Tous ces fils s’entendent parfaitement. Indra sème la zizanie entre eux - les fils d’un ascète n’ont pas à profiter du royaume, comme les fils du roi - et les amène à s’entretuer. Elle se désole. Indra vient lui rendre visite et lui explique qu’elle l’a offensé en offrant un sacrifice à Agni. Elle demande son pardon, et Indra lui accorde un voeu : elle pourra faire revivre, à son choix, les fils qu’il a eu en tant qu’homme ou ceux qu’elle a eu en tant que femme. Au grand étonnement d’Indra, elle choisit ceux qu’elle a eu en tant que femme : l’affection d’une mère est plus grande que celle d’un père !. Indra lui accorde que tous ses enfants revivent et lui accorde encore un voeu : redevenir homme ou rester femme. Elle choisit de rester femme : dans l’acte d’amour, le plaisir de la femme est plus grand !

13.13. Bhîshma donne la conduite à suivre dans ce monde : éviter les trois actes fait par le corps, les quatre faits par la parole, les trois faits par l’esprit, et les dix sentiers de l’action.

13.14. Yudhishthira demande à Bhîshma de lui parler de Shiva. Bhîshma lui répond qu’il est incompétent pour parler de Shiva : seul Krishna le peut. Krishna raconte comment il a eu le privilège de voir Shiva. Jâmbavatî demande à son époux Krishna de lui procurer un fils semblable à ceux de Rukminî. Krishna fait ses adieux, se fait transporter dans l’Himavant par Garuda et se rend à l’ermitage d’Upamanyu. Description de l’ermitage. Upamanyu rappelle les hauts faits de Shiva, et cite tous ceux qui, grâce à lui, ont obtenu ce qu’ils désiraient : il conseille à Krishna de s’adresser à lui pour avoir un fils. Upamanyu lui-même a eu la chance de voir Shiva dans toute sa splendeur. Vision d’Upamanyu et louanges qu’il prononce à cette occasion. Krishna lui demande de bénificier aussi de la vue de Shiva, et Upamanyu le lui promet.

13.15. Krishna se livre aux austérités pendant cinq mois, Shiva lui apparaît. Vision de Krishna et louanges qu’il prononce à cette occasion. Shiva lui offre huit voeux.

13.16. Pârvatî lui offre à son tour huit vœux. Les choix de Krishna. Upamanyu raconte l’histoire de Tandi : celui-ci obtient de voir Shiva. Louanges de Tandi à Shiva. Tandi communique à Upamanyu les noms de Shiva.

13.17. Histoire des noms de Shiva. Les 1008 noms de Shiva.

13.18. Krishna et les rishi présents expliquent à Yudhishthira les avantages qu’ils ont retiré en récitant ces noms de Shiva.

13.19. Yudhishthira demande à Bhîshma comment il faut comprendre le "devoir partagé" (sahadharma) que l’on accepte quand on se marie. Bhîshma raconte l’Histoire d’Ashtâvakra. Ashtâvakra demande à Vadânya la main de sa fille Subhadrâ. Vadânya accepte, mais lui demande auparavant de rendre visite à une ascète, au delà de l’Himavant.

13.20. Le voyage d’Ashtavâkra. Il est reçu par Kubera pendant une année. Il arrive ensuite devant un palais somptueux. Il demande l’hospitalité et est accueilli par sept jeunes filles d’une éclatante beauté, mais il réussit à se contrôler. Une vieille dame le reçoit et, durant la nuit, lui fait des avances. Ashtavâkra reste de marbre. Elle lui demande de rester quelque jours, et il accepte.

13.21. Le soir, son hôtesse le baigne et le lave, et la nuit passe ainsi. Durant la journée elle lui fait goûter des plats délicieux, et la nuit suivante, elle vient de nouveau le rejoindre dans son lit : elle est devenue une ravissante jeune fille, et lui demande de l’épouser. Ashtavâkra hésite, mais désire rester fidèle à la promesse qu’il a faite à Vadânya. Il l’interroge :

13.22. Comment peux-tu changer d’apparence ainsi ? Elle se révèle alors à lui : elle est la déesse du Nord, et voulait seulement l’éprouver et, en accord avec Vadânya, lui montrer la faiblesse de caractère des femmes. Ashtavâkra rentre chez lui et Vadânya lui donne sa fille "cum laude".

13.23. À qui doit on donner, demande Yudhishthira. Bhîshma donne les caractéristiques des brâhmanes et des autres qui méritent de recevoir des dons.

13.24. Yudhishthira demande des précisions sur les sacrifices aux dieux et aux ancêtres. Bhîshma précise le moment, les offrandes, les brâhmanes qu’il convient d’inviter, les devoirs des officiants et les rites à suivre pour ces deux types de sacrifice.

13.25. Dans quelles circonstances peut-on être considéré comme un "meurtrier de brâhmane", alors qu’on n’a pas tué de brâhmane, demande Yudhishthira. Et Bhîshma énumère quatre cas (refuser de donner à un brâhmane qu’on a invité, priver un brâhmane de ses moyens d’existence, priver d’eau une vache, ne pas donner un mari convenable à sa fille).

13.26. Yudhishthira demande des explications sur les lieux saints. Bhîshma cite un Entretien entre Gautama et Angiras. Les lieux saints et leurs mérites.

13.27. Bhîshma repose toujours sur son lit de flèches. De nombreux rishi viennent lui rendre visite. Après leur départ, Yudhishthira interroge Bhîshma sur les lieux qui sont les plus saints. Bhîshma cite l’Entretien entre un brahmane observant le voeu de glanage et un Parfait (siddha). Les lieux les plus saints sont ceux à travers lesquels coule la Gangâ. Rien ne vaut le fait de vivre auprès de la Gangâ, de s’y baigner, de boire son eau et de pratiquer des austérités sur ses rives.

13.28. Comment peut-on devenir brâhmane si l’on est kshatriya, vaishya ou shûdra, demande Yudhishthira. C’est impossible, répond Bhîshma, et il raconte l’Histoire de Matanga. Un brâhmane avait un fils, Matanga, avec une femme de caste inférieure. Il l’élève comme un brâhmane et pratique sur lui tous les rites voulus. Un jour, il l’envoie chercher de quoi pratiquer un sacrifice. Matanga, sur une charette tirée par un jeune ânon s’impatiente de son indocilité et le frappe. La mère de l’ânon lui dit de ne pas s’en faire : ce n’est pas un brâhmane qu’il conduit (un brâhmane n’aurait jamais frappé un animal), mais un vulgaire candala. Matanga demande des explications : l’ânesse lui révèle qu’il est d’une mère brâhmane et d’un père shûdra, un barbier. Il est en fait un candala. Matanga se livre à des austérités terribles pour obtenir le statut de brâhmane. Impressionné, Indra vient lui rendre visite et lui offre un voeu : devenir brâhmane, demande Matanga. C’est impossible, lui répond Indra.

13.29. Matanga se rebiffe et pratique des austérités de plus en plus sévères. Au bout de cent années, Indra revient le trouver et lui offre de nouveau un voeu. Matanga demande encore de devenir brâhmane. C’est impossible, et s’il insiste dans son ascèse, il court à sa perte, répond Indra. Il lui montre que le statut de brâhmane ne peut être obtenu par un candala qu’après d’innombrables vies et un temps incommensurable.

13.30. Matanga s’entête pendant mille années encore. Indra vient alors le trouver et lui offre à nouveau un voeu. Devant un nouveau refus d’Indra, il s’entête encore, jusqu’à tomber de faiblesse. Indra le secourt et lui enjoint de renoncer à sa quête impossible. Matanga plaide sa cause : on voit des brâhmanes qui n’observent pas leurs devoirs. Pourquoi lui, qui a atteint un tel degré de perfection, ne peut-il devenir brâhmane ? Mais il comprend qu’il n’y a rien à faire et renonce. Indra, en compensation, lui offre d’être la divinité d’une certaine mesure métrique, ce qui lui vaudra l’adoration de toutes les femmes.

13.31. Mais, il y a des exceptions, reprend Bhîshma. Le cas de Vishvâmitra est connu. Il y a aussi celui de Vîtahavya. Histoire de Vîtahavya. Un roi, Vîtahavya, dans la descendance de Manu, a cent fils, fortement belliqueux. Ces fils envahissent à plusieurs reprises le royaume de Kâshi, tuent le roi Haryashva et, lors d’une seconde expédition, son fils Sudeva. Le fils de Sudeva, le roi Divodasa, rebâtit et fortifie la ville de Kâshi. Nouvelle incursion des fils de Vîtahavya. Divodasa fuit et se réfugie chez Bharadvâja. Bharadvâja fait un sacrifice et procure au roi Divodasa un fils, Pratardana. Au bout de quelques mois, Pratardana est déjà âgé de treize ans et muni de toutes les qualités. Son père en fait le prince héritier et l’envoie contre les fils de Vîtahavya. Il les tue tous et poursuit Vîtahavya, mais celui-ci se réfugie chez Bhrigu. Interrogé par Pratardana, qui veut savoir si un kshatriya a trouvé refuge chez lui, Bhrigu répond qu’il n’a chez lui que des brâhmanes. Ainsi, la parole d’un rishi ne pouvant être mensongère, Vïtahavya devient brâhmane. Descendance de Vîtahavya, jusqu’à Shaunaka.

13.32. Yudhishthira demande une fois de plus quelles personnes il faut révérer. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Nârada et Krishna sur ce sujet. Nârada décrit à Krishna les brâhmanes dignes de révérence.

13.33. Quel est le devoir principal d’un roi, demande Yudhishthira. Honorer et protéger les brâhmanes, répond Bhîshma. Éloge des brâhmanes.

13.34. Éloge des brâhmanes (suite).

13.35. Éloge des brâhmanes (suite).

13.36. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Indra et Shambara. Indra demande à Shambara les raisons de sa supériorité. C’est parce qu’il a toujours honoré les brâhmanes et suivi leurs conseils. Indra suit les conseils de Shambara et devient chef des dieux.

13.37. Yudhishthira demande à nouveau quelles sont les personnes dignes de recevoir des dons et Bhîshma énumère les qualités que doivent avoir les personnes dignes de recevoir des dons, et celles aux quelles il ne faut pas donner.

13.38. Yudhishthira interroge Bhîshma sur la conduite des femmes, et celui-ci rapporte l’Entretien entre Nârada et Pancacûdâ. Pancacûdâ, interrogée par Nârada, lui explique combien les femmes sont fausses, infidèles et attirées par le sexe opposé, dont elles ne se lassent jamais.

13.39. Pourquoi, alors, demande Yudhishthira, les hommes sont-ils attirés par les femmes. Et comment peuvent-ils les mettre à la raison ?

13.40. Bhîshma raconte alors l’Histoire de Vipula. Les hommes, autrefois, étaient vertueux, et atteignaient tous, avec le temps, le statut de dieu. Les dieux, inquiets, demandent à Brahmâ d’intervenir pour remédier à cet état de choses, et celui-ci crée la femme, avide de jouissance. Les hommes succombent. Indra est amoureux de Ruci, la femme de l’ascète Devasharman. Devasharman, désireux d’aller à un sacrifice, confie Ruci à son élève favori Vipula, et le met en garde contre les ruses d’Indra, qui peut prendre toutes sortes de formes. Vipula, par ses pouvoirs ascétiques, entre dans le corps de Ruci, pour la protéger de l’intérieur.

13.41. Indra arrive, sous la forme d’un merveilleux jeune homme, et fait sa cour à Ruci. Mais celle-ci, sous le contrôle de Vipula, est incapable d’y répondre. Indra comprend ce qui se passe. Vipula, alors, sort du corps de Ruci et fait un sermon bien senti à Indra, en le menaçant de la fureur de Devasharman. Indra préfère s’enfuir. Au retour de Devasharman, Vipula lui raconte les agissements d’Indra. Devasharman le félicite.

13.42. Bien des années plus tard, Ruci est invitée chez sa soeur Prabhâvatî, femme du roi des Anga. En route, elle ramasse des fleurs qu’une déesse avait laissé tomber, et en orne sa chevelure. Sa soeur lui demande de lui en procurer, et on envoie Vipula les chercher. En revenant, Vipula rencontre un couple qui se dispute : en dernier ressort, ils se menacent mutuellement du sort réservé à Vipula dans l’au delà !. Un peu plus loin, six joueurs de dés se disputent, et de nouveau se menacent mutuellement du sort réservé à Vipula dans l’au delà !. Vipula, atterré, se demande quelle faute il a bien pu commettre. Il finit par comprendre qu’il a omis de dire à son maître qu’il était entré, pour la protéger, dans le corps de sa femme.

13.43. Devasharman était au courant. Mais, considérant que Vipula avait agi sans aucune mauvaise pensée, uniquement pour protéger Ruci, il lui pardonne son omission. Personne d’autre que Vipula n’est capable de garder une femme de ses penchants naturels, conclut Bhîshma.

13.44. Yudhishthira demande des éclaircissements sur le mariage. Bhîshma énumère les différentes sortes de mariage, et disserte sur le problème de savoir si la dot donnée ou acceptée, ou la promesse qui est faite d’accorder sa fille, valent mariage. Non, conclut Bhîshma, on peut revenir dessus : un mariage n’est vraiment conclu que lors de la cérémonie de mariage.

13.45. Bhîshma, ensuite, expose les droits d’héritage d’une fille et de ses fils. Distinction est faite entre une fille "donnée" et une fille "vendue" (par acceptation d’une dot).

13.46. Il faut honorer et protéger les femmes, ce sont les déesses de la prospérité.

13.47. Yudhishthira demande comment est réparti l’héritage paternel entre les fils. Bhîshma précise les parts que doivent recevoir les fils, selon la caste de leur mère.

13.48. Il y a des mésalliances, constate Yudhishthira. Comment doivent se comporter les enfants nés de ces mésalliances ? Si le père est d’une caste supérieure à celle de la mère, les enfants sont de la caste de leur père, sauf si la mère est shûdra. Les enfants nés d’une mère de caste supérieure à celle du père sont des hors-castes. Les différentes classes de hors-castes résultant d’un mariage mixte et leurs occupations réservées.

13.49. Bhishma présente les huit catégories de fils, selon leur mode d’acquisition, et les douze catégories de fils, selon la caste respective de leurs parents, et les droits parentaux y afférent.

13.50. D’ vient l’attachement que l’on éprouve pour un compagnon, d’ vient le respect qu’on témoigne aux vaches, demande Yudhishthira. Bhîshma rapporte l’Histoire de Cyavana. Cyavana a fait voeu de vivre dans l’eau pendant douze années. Des pêcheurs posent leurs filets et retirent Cyavana au milieu de nombreux poissons. Les pêcheurs s’effraient et demandent à Cyavana ce qu’ils peuvent faire pour lui. Cyavana demande à mourir avec les poissons, ou à être vendu avec eux : il ne veut pas les abandonner. Les pêcheurs, effrayés, rapportent ce qui s’est passé à Nahusha.

13.51. Nahusha est disposé à racheter Cyavana aux pêcheurs avec les poissons. Les enchères augmentent, mais le prix proposé par le roi, allant même jusqu’à proposer tout son royaume, n’est pas suffisant pour égaler la valeur de Cyavana, et celui-ci n’est jamais satisfait. Nahusha consulte ses prêtres. Un ascète lui explique que, si la valeur d’un brâhmane est inestimable, celle d’une vache l’est aussi : qu’on échange donc Cyavana contre une vache. Et Cyavana se montre satisfait du marché et fait un éloge de la vache. Les pêcheurs donnent la vache à Cyavana qui, en récompense les fait immédiatement monter au ciel avec leurs poissons.

13.52. Yudhishthira demande comment Râma, dans une famille brâhmane, est devenu un guerrier, et Vishvâmitra, dans une famille de kshatriya est devenu un brâhmane. Bhîshma raconte l’Histoire de Kushika. Cyavana savait qu’un descendant de Bhrigu se comporterait en kshatriya, et que la faute en reviendrait à la descendance du roi Kushika. Il décide donc d’éliminer la famille de ce dernier. Cyavana demande à Kushika de le recevoir chez lui, et se montre envers le roi et la reine d’une exigence terrible. Il se fait servir, se fait masser les pieds pendant vingt et un jour et vingt et une nuit sans interruption, tandis qu’il dort, puis se réveille et disparaît sans un mot d’excuse.

13.53. Il revient, s’endort de nouveau pendant vingt et un jours durant lesquels il se fait masser les pieds, se fait oindre d’huile au réveil, disparaît de nouveau. Il revient, demande à manger et met le feu au repas somptueux que Kushika lui a fait préparer. Malgré toutes ces avanies, Kushika et son épouse restent imperturbables à son service, sans proférer un reproche. Cyavana leur demande de s’atteler à un grand char de guerre, ce qu’ils font sans récriminer. Cyavana les fouette, pour les faire avancer. Ils sont épuisés, mais ne profèrent aucun reproche. Cyavana en profite pour distribuer de nombreuses largesses sur le trésor du roi. Mais il finit par avoir pitié d’eux, les dételle, soigne leurs plaies et leur donne rendez-vous le lendemain au même endroit. Ils retournent à leur ville, pendant que Cyavana fait surgir à l’endroit il est, un magnifique palais.

13.54. Le lendemain, Kushika revient il avait laissé Cyavana, et s’émerveille devant la splendeur du palais qu’il découvre. Description du palais. Mais celui-ci disparaît soudainement : il n’y a plus que Cyavana méditant au bord de la Gangâ. Cyavana félicite le roi d’avoir si parfaitement subi l’épreuve à laquelle il l’avait soumis, et lui offre un voeu.

13.55. Kushika demande pourquoi il a été soumis à une telle épreuve. Cyavana lui révèle qu’il avait l’intention de détruire sa race, afin d’empêcher la naissance de son descendant, Râma. Mais il n’a pu trouver aucune faute en Kushika : malgré la rudesse de sa conduite, jamais il ne s’est mis en colère, jamais il n’a récriminé. Cyavana lui promet que son petit fils sera brâhmane (Vishvâmitra).

13.56. Cyavana explique la parenté de Vishvâmitra et de Râma. C’est Aurva, de la descendance de Bhrigu, qui a transmis la science des armes à son fils Ricîka, le père de Jamadagni. Gâdhi, le fils de Kushika, aura un fils, Vishvâmitra, qui sera brâhmane, et une fille qui épousera Jamadagni : leur fils sera Râma, auquel Jamadagni enseignera à son tour la science des armes. Kushika se réjouit de savoir qu’un brâhmane naîtra dans sa lignée.

13.57. Yudhishthira, désespéré de ce qui s’est passé, se prépare à pratiquer l’ascèse, et demande à Bhîshma quelle est la meilleure ascèse. Bhîshma énumère les différentes sortes d’ascèse et leurs effets : mais pour un roi la meilleure est le don et la protection des brâhmanes.

13.58. Yudhishthira demande quelle sorte de don est préférable. Il faut donner à ceux qui en ont besoin, répond Bhîshma, et toujours aux brâhmanes.

13.59. Il est meilleur de donner à un brâhmane qui ne sollicite rien qu’à celui qui demande.

13.60. Il faut donner aux brâhmanes dans le besoin, cela vaut un sacrifice du cheval. Enfin, un roi doit avant tout assurer la protection de ses sujets.

13.61. Yudhishthira demande des précisions sur ce qu’il faut donner. Avant tout, des dons de terre, répond Bhîshma. Ses effets. Il rapporte un Entretien entre Brihaspati et Indra. Interrogé par Indra, Brihaspati fait l’éloge du don de terre. À la suite de cet éloge du don de terre, Indra fait don à Brihaspati de la terre entière.

13.62. Que faut-il donner à des brâhmanes accomplis ? De la nourriture, répond Bhîshma. Ses effets.

13.63. Yudhishthira demande sous quelles conjugaisons astrales il vaut mieux pratiquer le don. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Nârada et Devakî. Interrogé par Devakî, Nârada explique quels dons particuliers il faut faire sous telle ou telle constellation, et leurs effets.

13.64. Bhîshma rapporte l’opinion de différents sages sur différentes sortes de dons et leurs effets.

13.65. Bîshma continue à énumérer différentes sortes de dons et leurs effets.

13.66. Bhîshma met en relief les dons de nourriture et d’eau.

13.67. Bhîshma rapporte les Instructions de Yama au brâhmane Sharmin, concernant les dons.

13.68. Bhîshma met en relief les trois dons qui sont caractérisés par le même mot "go" : terre, vache et connaissance. Il précise les caractéristiques du don de vache.

13.69. Bhîshma rapporte l’Histoire de Nriga. Des jeunes gens débarassent un étang des herbes qui le recouvrent. Ils aperçoivent alors un gigantesque lézard vert. Ils en réfèrent à Krishna qui vient voir. Krishna interroge le lézard, qui lui révèle qu’il est le roi Nriga. Krishna s’étonne : Nriga n’a-t-il pas été un roi pieux et juste. Pourquoi a-t-il été puni de la sorte ? Nriga explique : la vache d’un brâhmane s’était échappée et s’était mélangée au troupeau de Nriga. Celui-ci, donne par inadvertance cette vache à un brâhmane. L’ancien propriétaire de la vache la réclame, mais le nouveau propriétaire refuse de la rendre. Nriga, offre cent mille vaches en dédommagement à l’ancien propriétaire, mais celui-ci refuse : il n’accepte pas de dons, mais veut son bien. La situation ainsi ne peut se débloquer. À sa mort, Nriga doit expier ce péché pendant mille ans, mais il sera délivré par Krishna et pourra alors monter au ciel. Et effectivement, grâce à Krishna, il monte au ciel.

13.70. Yudhishthira demande quels mérites sont attachés au don de vache, et Bhîshma raconte l’Histoire de Nâciketa. L’ascète Uddâlaki demande à son fils Nâciketa de lui rapporter, pour le sacrifice, des accessoires qu’il a oubliés près de la rivière. Mais la rivière a tout emporté et Nâciketa revient bredouille. "Va chez Yama !", lui dit son père en colère. Et Nâciketa s’écroule à terre. Uddâlaki, désespéré, inonde son fils de ses larmes et, vers le soir, Nâciketa revient à la vie. Son père l’interroge, et il raconte son séjour chez Yama. Yama l’avait tout de suite rassuré : tu n’es pas mort, ton père t’a juste commandé de me rendre visite. Nâciketa lui demande de visiter les mondes de l’au-delà, et Yama lui sert de guide. Nâciketa demande pour qui sont ces paradis, coulent des rivières de lait et de beurre clarifié. Pour les hommes qui pratiquent le don de vaches, répond Yama. Et il expose les conditions pour qu’un don de vaches soit efficace. Nâciketa demande si, quand on ne possède pas de vaches, ou peut donner autre chose qui produise le même effet. On peut effectivement donner un substitut de vache, tel qu’une vache faite de beurre, de graines de sésame, et même une vache faite d’eau. Yama expose les différentes sortes de dons de vaches et leurs effets.

13.71. Yudhishthira demande à quoi ressemblent les paradis réservés à ceux qui donnent des vaches. Bhîshma lui rapporte l’Entretien entre Brahmâ et Indra. Indra pose à Brahmâ la même question.

13.72. Brahmâ décrit ces paradis, les conditions pour y accéder et également ce qui empêche de les atteindre.

13.73. Indra demande quels sont les châtiments réservés à ceux qui volent un vache ou la vendent par cupidité. C’est l’enfer, répond Brahmâ, pour qui vend, tue ou mange une vache. L’or est le meilleur des dons, conclut Brahmâ.

13.74. Yudhishthira demande quelles sont les récompenses attachées aux différentes façons de se comporter. Bhîshma montre les récompenses acquises par ceux qui mènent un voeu jusqu’au bout, qui pratiquent l’abstinence, qui étudient le Veda, qui savent se maîtriser, qui font des dons, qui enseignent le Veda, qui observent les devoirs de leur caste. Les différentes sortes de héros. Mais, au dessus de tout, est la vérité. La force du voeu de chasteté.

13.75. Yudhishthira revient sur le don de vaches. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Mandhatri et Brihaspati. Mandhatri demande à Brihaspati quel rituel il faut suivre pour le don des vaches. Brihaspati décrit ce rituel.

13.76. Bhîshma continue à énumérer les avantages attachés au don de vaches. Il raconte l’Histoire de Surabhi. Toutes les créatures, à peine crées, réclament de la nourriture à Daksha. Celui-ci boit une grande quantité de liqueur d’immortalité, rote, et de ce rot naît une vache beige (kapilâ), Surabhî, la mère de toutes les vaches. Les vaches se multiplient, toutes de la même couleur. Un jour, de la mousse de lait tombe de la bouche d’en veau en train de téter sur la tête de Shiva. Celui-ci se met en colère et foudroie les vaches de son troisième il. Elles changent alors de couleur et prennent leurs couleurs actuelles (blanc, tacheté, marron, noir, etc), sauf celles qui ont réussi à échapper à son regard. Daksha calme Shiva : le lait n’est jamais impur !. Les vaches sont nécessaires au monde par le lait qui sert de nourriture et le beurre clarifié qui sert aux sacrifices. Daksha offre un taureau à Shiva, qui en fait son véhicule, et son emblème. À cette occasion, Shiva est nommé Seigneur des Animaux (Pashupati).

13.77. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Saudâsa et Vasishtha. Interrogé par Saudâsa, Vasishtha fait l’éloge des vaches.

13.78. Vasishtha raconte qu’autrefois les vaches se sont livré à des austérités pour être les meilleures, et qu’ainsi il n’y a rien de mieux que le don de vache. Les rétributions du don des différentes sortes de vaches.

13.79. Vasishtha continue à faire l’éloge des vaches et du don de vache.

13.80. Bhîshma explique que rien n’est plus sacré que la vache. Il relate l’Entretien entre Vyâsa et Shuka. Vyâsa décrit le paradis des vaches. Différentes observances concernant les vaches.

13.81. Yudhishthira demande pourquoi on dit que Shrî réside dans la bouse de vache. Bhîshma raconte que Shrî avait demandé aux vaches de pouvoir résider avec elles dans leurs corps. Les vaches refusent : elle est trop inconstante !. Shrî insiste. Les vaches finissent par accepter qu’elle réside dans leur bouse et leur urine, et Shrî les remercie.

13.82. Bhîshma fait de nouveau l’éloge du don de vache, et de tout ce qui provient de la vache. Lors d’une assemblée des dieux, Indra demande à Brahmâ pourquoi le paradis des vaches (goloka) est au-dessus de tous les autres. C’est à cause de leur utilité, répond Brahmâ. En fait, Surabhi s’était livré à de grandes austérités. Brahmâ lui offre un voeu, mais elle refuse : il lui suffit de lui avoir été agréable !. Brahmâ alors lui offre un paradis situé au-dessus des trois mondes. Indra, convaincu par Brahmâ, se met alors à témoigner sa dévotion aux vaches.

13.83. Mais, demande Yudhishthira, est-ce que le don d’or n’est pas préférable ? Bhîshma lui raconte l’Origine de l’or. Une fois, Bhîshma offrait le sacrifice des mânes pour son père Shantanu, aidé par sa mère Gangâ. Il avait parfaitement tout préparé et s’apprêtait à offrir les boulettes, quand un bras sort de la litière d’herbes. Il pense que c’est la main de son père, hésite à lui donner les boulettes, mais continue scrupuleusement le rite et offre les boulettes sur la litière d’herbes. La même nuit, ses mânes lui apparaissent et le félicitent de n’avoir pas dévié des rites et lui enjoignent de faire des dons d’or. Étonné, il se souvient d’une vieille histoire racontée à Râma. Râma avait débarrassé la terre de tous ses kshatriya, puis offert un sacrifice du cheval, mais il ne trouvait pas la tranquillité d’esprit. Il demande leur aide aux grands rishi. Les rishi lui conseillent le don d’or. Vasishtha fait l’éloge de l’or et raconte son origine. Shiva voulait s’unir à Pârvatî, mais les dieux craignent l’effet conjugué de leur énergie ascétique et supplient Shiva de ne pas avoir d’enfant avec Pârvatî. Celui-ci accepte. Pârvatî, furieuse, maudit les dieux : ils ne pourront pas non plus avoir d’enfants. De la semence de Shiva tombe dans un feu, et se met à croître. Pendant ce temps, un asura nommé Târaka met à mal les dieux.

13.84. Ceux-ci vont trouver Brahmâ. Brahmâ les rassure : Agni n’était pas présent quand Pârvatî a maudit les dieux et il aura un fils qui tuera Târaka. La semence de Shiva tombée dans Agni donnera un fils tout-puissant si celui-ci la confie à Gangâ. Mais Agni s’est caché et on n’arrive pas à le retrouver. En fait, Agni s’est caché sous les eaux, et une grenouille le dénonce. Agni maudit les grenouilles - elles seront dépourvues de langue - et part se cacher ailleurs. Les dieux tempèrent la malédiction et continuent à chercher Agni. Un éléphant révèle aux dieux qu’Agni est caché dans un figuier. Agni maudit les éléphants - ils auront la langue tournée vers l’arrière - et part se cacher dans un acacia. Les dieux tempèrent la malédiction. Un perroquet révèle aux dieux la cachette d’Agni. Agni maudit les perroquets - ils ne pourront plus parler , les dieux tempèrent la malédiction. Les dieux demandent à Agni de procréer un fils. Agni accepte et s’unit spirituellement avec Gangâ. Gangâ n’arrive pas à supporter l’énergie de son embryon et s’en plaint à Agni. Celui-ci lui prête sa propre énergie. Gangâ ne pouvant quand même pas supporter l’énergie dévorante de son embryon, s’en débarrasse sur le Mont Meru. L’embryon resplendit comme de l’or et tout autour de lui semble se transformer en or. Il continue à croître dans une touffe de roseaux. Les Krittikâ l’allaitent. Ainsi naît Skanda. C’est ainsi également que l’or est apparu, comme descendance d’Agni et c’est pourquoi il tient une place éminente.

13.85. Au début des temps, continue Vasishtha, Shiva, sous la forme de Varuna, avait offert un grand sacrifice en présence de tous les dieux. Brahmâ voit passer les apsara, et sa semence tombe sur la terre. Pushan la ramasse, mélangée à de la terre et la jette dans le feu sacrificiel. Le sacrifice continue, et de nouveau la semence de Brahmâ s’échappe. Brahmâ la recueille dans la cuillère sacrificielle et la jette dans le feu. Naissent alors des différentes parties du feu Bhrigu, Angiras et Kavi, puis d’autres créatures. Shiva, Agni et Brahmâ réclament la paternité de ces créatures : Bhrigu est attribué à Shiva, Angiras à Agni et Kavi à Brahmâ. Leur descendance. L’or vient d’Agni. C’est pourquoi le don d’or est hautement recommandé. Les effets du don d’or. Râma suit les conseils de Vasishtha et retrouve sa tranquillité d’esprit.

13.86. Yudhishthira veut savoir comment Skanda a tué Târaka. Les six Krittikâ, répond Bhîshma, reçoivent chacune une part de la semence d’Agni, et la portent à terme à grand peine, à cause de son énergie. À la naissance, les six parties de l’enfant se réunissent. L’enfant, reçu par la terre, croît dans une touffe de roseaux. Les Krittikâ l’allaitent. Description de Skanda. Les dieux lui font des présents. Les dieux confient à Skanda le commandement de leurs armées. Skanda tue Târaka au combat, puis redonne le commandement à Indra.

13.87. Yudhishthira demande des explications sur les offrandes aux ancêtres. Bhîshma expose d’abord quels sont les jours qui conviennent pour ce rite et les avantages que l’on en tire suivant le jour.

13.88. Bhîshma expose ensuite quelles sont les offrandes convenables, et les avantages attachés à ces différentes sortes d’offrandes.

13.89. Bhîshma ensuite expose sous quelles constellations effectuer ce rite, et les avantages que l’on en tire suivant la constellation, en rapportant un Entretien entre Yama et Shashabindu.

13.90. Si pour un sacrifice normal on peut donner les offrandes à n’importe quel brâhmane, continue Bhîshma, pour le rite des ancêtres, il faut examiner les qualités du brâhmane auquel on donne les offrandes. Bhîshma explique quels brâhmanes il faut exclure, et lesquels il faut rechercher.

13.91. Yudhishthira demande qui a inventé le rite des ancêtres, et comment il doit être pratiqué. Nimi, de la lignée d’Atri, perd son fils Shrîmant, et, désespéré, conçoit pour lui le rite des ancêtres, et, le premier en fixe les règles. Atri lui explique que ce sacrifice, tel qu’il vient d’être établi, est un sacrifice en faveur des ancêtres, établi par Brahmâ lui-même. Il en précise les règles, ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter.

13.92. Depuis lors, on pratique le rite des ancêtres. Mais les ancêtres sont trop nourris et prennent une indigestion. Ils vont trouver Brahmâ, et conviennent que désormais une part sera offerte à Agni. Ainsi les ancêtres auront moins à digérer. Suite des règles du rite des ancêtres.

13.93. Bhîshma montre la différence entre des voeux occasionnels et la vraie pénitence.

13.94. Yudhishthira demande quelle est la différence entre celui qui donne et celui qui reçoit. Si celui qui donne est juste, celui qui reçoit n’encourt pas de faute, si celui qui donne est indigne, celui qui reçoit va en enfer, répond Bhîshma. Il raconte l’Histoire du roi Vrishâdarbhi et des sept rishi. Les sept rishi (Kashyapa, Atri, Vasishtha, Bharadvâja, Gautama, Vishvâmitra, Jamadagni) accompagnés d’Arundhatî, de leur servante Gandâ et de son époux Pashusakha parcourent la forêt à la recherche de nourriture durant une époque de sévère famine. Ils vont même jusqu’à cuire la chair d’un mort pour la manger. Vrishâdarbhi leur offre bétail, grains, bijoux. Les rishi refusent et partent en laissant le cadavre à moitié cuit. Les officiers du roi leur offrent des figues, dont certaines contiennent des pièces d’or. Les rishi refusent encore. Vrishâdarbhi se met en colère. Il crée par des incantations une rakshasî nommée Yâtudhânî et lui enjoint de suivre les sept rishi.

13.95. Les rishi arrivent au bord d’un lac couvert de lotus et veulent en cueillir les tiges pour les manger. Mais le lac est gardé par Yâtudhânî qui ne les laissera avancer que s’ils lui disent leur nom. Pour qu’elle n’ait pas pouvoir sur eux, ils donnent des étymologies fantaisistes. Yâtudhânî ne comprend rien et les laisse passer. Un ermite de passage, Shunassakha, réduit Yâtudhânî en cendres. Les rishi cueillent un tas de tiges de lotus, puis vont faire leurs ablutions. À leur retour, les tiges de lotus ont disparu. Les rishi sont furieux. Chacun d’entre eux prononce une malédiction sur le voleur. Shunassakha, quand vient son tour, souhaite toute sorte de bien au voleur. Les rishi l’accusent alors. Mais Shunassakha les félicite pour leur désintéressement et leur révèle qu’il est Indra, venu les protéger, puis les emmène au ciel.

13.96. Les rishi partent en pèlerinage sur les lieux sacrés. Il y a Indra, Angiras, Kavi, Agastya, Nârada, Parvata, Bhrigu, Vasishtha, Kashyapa, Gautama, Vishvâmitra, Jamadagni, Gâlava, Ashtaka, Bharadvâja, Arundhatî, les Vâlakhilya, Shibi, Dilîpa, Nahusha, Ambarîsha, Yayâti, Dhundhumara, Pûru. Un jour, les tiges de lotus qu’avait cueillies Agastya sont volées. Tous jurent de leur bonne foi et maudissent le voleur en lui souhaitant les comportements les pires pour un brâhmane. Seul Indra souhaite du bien au voleur. Il explique qu’il a procédé à ce larcin pour permettre à tous de définir a contrario par leurs malédictions les devoirs du brâhmane.

13.97. Yudhishthira désire savoir d’ vient la coutume d’offrir des ombrelles et des sandales aux cérémonies religieuses. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Jamadagni et Sûrya. Un jour, à midi, Jamadagni s’entraîne à tirer à l’arc, et demande à sa femme, Renukâ, de lui rapporter les flèches. Il fait très chaud, et Renukâ s’abrite un moment à l’ombre d’un arbre. Quand elle revient avec les flèches, Jamadagni lui reproche d’avoir pris tant de temps. Renukâ lui explique que le soleil la brûlait, et qu’elle avait du se mettre à l’abri. Jamadagni se prépare alors à frapper Sûrya de ses flèches, mais celui-ci se présente à lui sous la forme d’un brâhmane et lui explique les bienfaits du soleil, qui suce l’humidité de la terre pour la répandre en pluie.

13.98. Mais Jamadagni persiste dans sa colère. Comment frapper le soleil qui est toujours en mouvement, demande Sûrya ? J’attendrai midi, quand le soleil semble s’arrêter un moment dans le ciel, répond Jamadagni. Sûrya, alors, demande sa protection. Jamadagni se calme et demande un remède contre les ardeurs du soleil, et Sûrya lui donne une ombrelle et une paire de sandales, et indique que ces dons devront être offerts dans toutes les cérémonies religieuses.

13.99. Les parcs et les pièces d’eau.

13.100. Quels sont les devoirs du maître de maison, demande Yudhishthira. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Vishnu et la Terre. Indra demande à la Terre ce qu’il doit faire en tant que maître de maison. Celle-ci répond : accomplir les sacrifices, entretenir ses feux et pratiquer l’hospitalité. Les offrandes sacrificielles.

13.101. D’ viennent les offrandes de fleurs, d’encens et de lampes, demande Yudhishthira. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Manu et Suvarna. Suvarna était un ascète accompli. Un jour, il rencontre Manu et lui pose la même question. Manu rapporte l’Entretien entre Shukra et Bali. Bali pose toujours la même question à Shukra. Classification des fleurs suivant leur provenance, leur odeur, leur beauté et leur goût. Quelles fleurs offrir à quelle divinité. Classification des encens et à qui les offrir. L’offrande de lumière et ses effets. L’offrande de nourriture (bali) et ses effets.

13.102. Yudhishthira veut en savoir plus. Bhîshma rapporte l’Histoire de Nahusha. Nahusha remplace Indra au ciel. Il se comporte d’abord parfaitement, puis succombe à l’orgueil. Il fait porter sa litière par les rishi. Agastya, dont c’est le tour, se plaint à Bhrigu qu’il ne peut rien contre cela, Nahusha a reçu un don de Brahmâ : il pourra priver de tout pouvoir tous ceux sur lesquels il porte le regard. Bhrigu lui promet de destituer Nahusha.

13.103. Nahusha, dit-il, doit sa position au fait qu’il s’est toujours scrupuleusement conformé à tous les rites. Mais depuis un certain temps il les néglige, et son énergie décroît. Bhrigu en profite pour se cacher dans le chignon de Nahusha. Quand Nahusha attelle Agastya à la litière, puis le frappe du pied, Bhrigu, qui ne peut pas être vu par lui, le maudit, et le condamne à tomber du ciel pour être transformé en serpent. Mais Bhrigu, parce que Nahusha avait toujours procédé aux offrandes de fleurs, d’encens, de lampes, limite sa malédiction : Nahusha en sera délivré par Yudhishthira. Puis il informe Brahmâ de ce qui s’est passé, et Indra est rétabli dans ses fonctions. Ainsi, il faut toujours procéder aux offrandes.

13.104. Que se passe-t-il si l’on vole des objets appartenant aux brâhmanes, demande Yudhishthira. Bhîshma rapporte l’ Entretien entre un paria et un kshatriya. Un kshatriya s’étonne qu’un paria, couvert de poussière et de saleté, s’évertue à nettoyer des gouttes de lait tombées sur lui. Une fois, répond le paria, une vache appartenant à un brâhmane avait été volée. Tandis qu’on l’emportait, des gouttes de son lait tombèrent sur des plantes de soma le long du chemin. Les brâhmanes qui burent du jus de ces plantes au cours d’un sacrifice, le roi qui avait offert le sacrifice, tous les habitants du palais, leurs descendants, allèrent en enfer. J’étais brâhmane dans la région la vache avait été volée. Comme j’avais mangé des aliments contaminés par le lait de la vache volée, j’ai été transformé en paria. Comment puis-je m’en sortir ? En donnant ta vie pour un brâhmane, répond le kshatriya. Et c’est ce qu’il fait immédiatement.

13.105. Est-ce que tous les hommes pieux vont dans le même monde, demande Yudhishthira. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Gautama et Indra. Gautama, un brâhmane, trouve un éléphanteau privé de sa mère. Il l’élève jusqu’à ce qu’il devienne un puissant éléphant. Un jour Dhritarâshtra capture l’éléphant et veut l’emmener. Gautama le supplie de n’en rien faire. Dhritarâshtra lui offre toutes sortes de dons en échange, puis se fâche : un brâhmane n’a que faire d’un éléphant !. Gautama lui promet d’aller lui réclamer son éléphant, une fois qu’il sera mort, dans tous les paradis. Description des paradis, l’un après l’autre, en ordre d’excellence, et de ce qu’il faut faire pour y avoir droit. Chaque fois qu’un paradis est évoqué, Dhritarâshtra déclare qu’il ira dans un paradis supérieur. Gautama finit par comprendre qu’il est en face d’Indra. Content d’avoir été reconnu, Indra lui rend son éléphant.

13.106. Yudhishthira demande à nouveau quelle est la plus haute ascèse. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Bhagîratha et Brahmâ. Bhagîratha, après sa mort, atteint un paradis très supérieur et réservé à très peu. Brahmâ s’en étonne : comment a-t-il fait pour arriver  ? Bhagîratha énumère tous les sacrifices qu’il a offert. Il a fait des dons innombrables. Mais c’est parce qu’il a suivi le voeu de jeûne qu’il a obtenu ce paradis.

13.107. Les hommes devraient vivre cent ans : pourquoi certains meurent-ils jeunes ? Comment obtient-on la renommée et la richesse, demande Yudhishthira. Bhîshma explique dans le détail par quelles conduites on obtient de vivre cent ans, ou une grande renommée, ou de grandes richesses.

13.108. Yudhishthira demande comment l’aîné doit se conduire avec ses frères plus jeunes, et les cadets avec leur aîné. L’aîné doit se conduire comme le maître spirituel de ses frères, répond Bhîshma. À la mort du père, il est le père de ses frères.

13.109. Yudhishthira veut tout savoir sur le jeûne. Bhîshma lui rapporte ce qu’il a appris d’Angiras. Les différentes sortes de jeûnes et leurs effets.

13.110. Tout le monde ne peut pas offrir des sacrifices, il faut être riche. Que peuvent faire les pauvres ? Bhîshma énumère un certain nombre d’équivalents, principalement basés sur le jeûne.

13.111. Yudhishthira demande quel est le meilleur lieu saint. Le lac Manasa et ses propriétés.

13.112. Yudhishthira demande comment on va au ciel ou en enfer, comment on se réincarne et qui peut vous suivre après la mort. Arrive Brihaspati, à qui les mêmes questions sont posées. On naît seul et on meurt seul, répond Brihaspati. Seul les actes justes vous suivent. C’est grâce à eux qu’on va au ciel. Le corps devient subtil après la mort : comment les actes justes peuvent-ils le suivre ? Ce sont les cinq éléments et Yama qui ont vu les actes justes et en témoignent à la nouvelle incarnation. Et comment se forme le liquide séminal ? Ce sont les cinq éléments résidant dans le corps qui le produisent avec l’aide de la nourriture. réside l’âme après la mort ? L’âme prend place dans le liquide séminal, et prend corps au temps voulu, et, dès la naissance, subit les conséquences de ses actes antérieurs. Suivant ses actes antérieurs, on obtient le ciel, l’enfer, ou une renaissance sous différentes formes. Description détaillée des différentes fautes et de leurs conséquences dans l’ordre de la réincarnation. Par exemple, un homme qui a une relation sexuelle avec l’épouse de son maître renaîtra sous la forme d’un porc pour cinq ans, puis sous celle d’un loup pour dix ans, puis sous celle d’un chat pour cinq ans, puis sous celle d’un coq pour dix ans, puis sous celle d’une fourmi pour trois mois, puis sous celle d’un ver pour un mois, puis encore sous celle d’un ver pour quatorze ans. Après cela il regagnera le statut humain.

13.113. On peut se racheter d’actes coupables, continue Brihaspati, par des dons aux brâhmanes. Notamment le don de nourriture.

13.114. Yudhishthira demande ce qui vaut le mieux : non-violence, observance du rituel, méditation, maîtrise des sens, pénitence, et service de son maître. Les six sont équivalents, répond Brihaspati, et il remonte au ciel.

13.115. Comment peut-on se libérer des conséquences d’actes de violence, demande Yudhishthira. En agissant avec non-violence en pensées, en paroles et en actions, et en s’abstenant de manger de la viande.

13.116. Et pourtant, demande Yudhishthira, on offre de la viande aux mânes : comment peut-on se la procurer sans tuer un animal ? Il faut s’abstenir de manger de la viande, répond Bhîshma. Et il cite de nombreuses autorités.

13.117. Bhîshma continue l’éloge de l’abstention de viande, car la vie des animaux est précieuse. Néanmoins, pour les kshatriya, la chasse est permise, les animaux et les chasseurs sont à armes égales.

13.118. Yudhishthira demande ce que l’on obtient en pendant sa vie dans la bataille. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Vyâsa et un ver. Vyâsa, voyant un ver traverser une route en toute hâte, lui demande pourquoi il se dépêche autant. C’est parce qu’il entend un char arriver. Vyâsa lui demande pourquoi il tient tant à la vie, lui, un ver. Toutes les créatures, répond le ver, sont attachées à la vie. Lui-même était dans sa vie antérieure un shûdra impie et cruel. Mais une fois, il avait reçu un brâhmane avec honneur. C’est pour cet acte méritoire qu’il se souvient de sa vie antérieure.

13.119. C’était grâce à moi, réplique Vyâsa. Et il lui promet qu’il redeviendra brâhmane s’il sacrifie sa vie. Le ver se laisse écraser par un char. Après de nombreux renaissances, il devient un kshatriya. Il rencontre Vyâsa et le remercie de sa richesse présente. Vyâsa lui explique que les péchés qu’il avait commis quand il était shûdra ne sont pas encore épuisés. C’est seulement parce qu’il avait rencontré Vyâsa qu’il a pu remonter l’échelle des êtres. Maintenant, il lui faut offrir sa vie sur le champ de bataille pour acquérir le statut de Brâhmane.

13.120. Le kshatriya se livre à de sévères austérités. Vyâsa retourne le voir et lui promet que s’il continue ainsi, il renaîtra brâhmane. À sa mort, il renaît brâhmane. Vyâsa vient à nouveau le voir. Rien ne sert de craindre la mort, lui explique-t-il, le bonheur s’acquière par une conduite juste.

13.121. Que vaut-il mieux, demande Yudhishthira : connaissance, ascèse ou pratique du don ? Bhîshma rapporte l’Entretien entre Vyâsa et Maitreya. Maitreya honore Vyâsa qui vient lui rendre visite et lui offre de la nourriture. Vyâsa l’en remercie et fait l’éloge de ce don, supérieur à la connaissance ou à l’ascèse.

13.122. Sans la connaissance et l’ascèse, répond Maitreya, on n’arrive à rien. En fait, celui qui donne et celui qui reçoit ont des mérites égaux.

13.123. Vyâsa reconnaît les mérites de la connaissance et de l’ascèse, mais continue à mettre au dessus le don. Le don de nourriture mène aux mondes supérieurs.

13.124. Yudhishthira demande comment doivent se comporter les femmes. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Sumanâ et Shandilî. Sumanâ demande comment Shandilî a atteint la félicité. Ce n’est pas par des austérités, répond Shandilî, mais en servant toujours mon mari.

13.125. Yudhishthira demande ce qui vaut mieux : conciliation ou cadeau ? Bhîshma raconte l’Histoire du brâhmane et du râkshasa. Un brâhmane avait été capturé par un râkshasa qui s’apprêtait à le dévorer. Le râkshasa lui promet la vie sauve s’il lui explique pourquoi il est pâle et maigre. Le brâhmane brode sur le thème : tu as des qualités supérieures, mais les autres ne les reconnaissent pas, c’est pour cela que tu es pâle et maigre. Et le râkshasa flatté, lui offre de l’argent et le laisse partir.

13.126. Yudhishthira demande à Bhîshma de lui parler de Vishnu. Et Bhîshma raconte : une fois, Krishna se préparait à un voeu de douze ans. Les principaux rishi viennent le voir. De la bouche de Krishna sort un feu qui consume toute une montagne. Krishna la restitue comme elle était avant, et explique que ce feu, c’est l’énergie de Vishnu. Krishna demande aux rishi de lui rapporter ce qu’ils ont vu d’extraordinaire.

13.127. Nârada raconte : Entretien entre Shiva et Umâ. Autrefois, Shiva pratiquait des austérités sur l’Himavant. Il était entouré d’une foule d’êtres et tout autour de lui brillait d’une insurpassable beauté. Umâ, son épouse, vient lui rendre visite. Elle s’approche par derrière et, par jeu, lui met les mains sur les yeux. Immédiatement, tout s’éteint et devient obscur, comme si le soleil avait disparu. Un troisième il apparaît sur le front de Shiva, d’ émane un feu puissant, brillant comme douze soleils, qui consume la montagne. Mais, voyant le désarroi d’Umâ, il restitue la montagne comme elle était auparavant. Il lui explique que, lorsqu’elle a couvert ses yeux, l’univers a été privé de soleil, et qu’il a du réagir pour protéger les créatures. Umâ en profite pour poser des questions à son mari sur son apparence. Et Shiva raconte :

13.128. Une nymphe d’une beauté extraordinaire, Tilottamâ, créée de toutes pièces par Brahmâ vient voir Shiva et, suivant la coutume, en fait le tour. Shiva, dans son désir de ne pas la perdre de vue, se fait une face dans les quatre directions. Ainsi, il a quatre visages. Il a le chignon des ascètes, porte toujours l’arc Pinâka pour servir les dieux, et a le cou bleu il a été blessé par le foudre d’Indra. Pourquoi chevauche-t-il un taureau ? C’est Brahmâ qui le lui a donné parce qu’il s’était mis en colère contre un veau de la vache Surabhi qui lui avait bavé dessus. Umâ continue à l’interroger : pourquoi réside-t-il dans les cimetières, comment doit-on pratiquer la religion et le devoir, quels sont les devoirs des quatre castes.

13.129. Shiva expose en détail les devoirs des quatre castes. Différentes sortes d’ascètes.

13.130. Shiva expose les devoirs des ermites et les mérites qu’ils acquièrent.

13.131. Shiva explique comment on renaît dans une caste inférieure à celle que l’on avait, ou supérieure.

13.132. Shiva explique ensuite par quels actes, par quelles paroles et par quelles pensées on peut gagner le ciel, puis les conséquences des actes (karma).

13.133. Shiva montre les conséquences des actes antérieurs sur la condition dans laquelle on se réincarne.

13.134. A la demande de Shiva, Umâ expose les devoirs des femmes.

13.135. Yudhishthira demande quel est le seul dieu de l’univers. Vishnu est le seul dieu, et on doit toujours réciter ses mille noms, répond Bhîshma. Les mille noms de Vishnu.

13.136. Qui doit-on révérer, demande Yudhishthira. Les brâhmanes, répond Bhîshma. Éloge des brâhmanes.

13.137. Quelle est la récompense de l’adoration des brâhmanes, demande Yudhishthira. Bhîshma rapporte l’Entretien entre Vâyu et Arjuna Kârtavîrya. Le rishi Dattatreya avait accordé quatre vœux au roi Kârtavîrya : avoir mille bras au combat, deux seulement à la maison conquérir toute la terre enfin, être remis sur le droit chemin s’il agissait injustement. Kârtavîrya succombe à l’orgueil : qui peut être supérieur à moi-même ?, se demandait-il. Une voix dans le ciel lui rappelle que les brâhmanes sont supérieurs aux kshatriya. Mais Kârtavîrya le nie farouchement. Vâyu intervient : il est bien vrai que les brâhmanes sont supérieurs. Montre-le moi, demande Kârtavîrya.

13.138. Vâyu rappelle les exploits de Kashyapa, Angiras, Gautama, Kapila, Aurva.

13.139. Vâyu raconte l’histoire de la terre donnée en honoraires aux brâhmanes par le roi Anga et sauvée par Kashyapa. Il raconte ensuite comment Utthaya assèche le royaume de Varuna qui avait enlevé sa femme Bhadrâ et rend souterrain le cours de la Sarasvatî.

13.140. Vâyu raconte comment Agastya et Vasishtha ont défait les asura.

13.141. Vâyu raconte comment Atri a remplacé la lune et le soleil, blessés par Rahu, pour permettre aux dieux de défaire les asura. Et comment Cyavana a permis aux Ashvin d’avoir part aux sacrifices, en suscitant contre Indra le terrible Mada.

13.142. Vâyu raconte comment les brâhmanes, à la demande des dieux, ont défait les Kapa. Arjuna Kârtavîrya finit par admettre que les brâhmanes sont bien supérieurs aux kshatriya.

13.143. Yudhishthira demande quels sont les avantages attachés à l’adoration des brâhmanes. Bhîshma, perdant ses forces, demande à Krishna de répondre. Bhîshma fait l’éloge de Krishna.

13.144. Krishna rapporte à ce sujet l’entretien qu’il a eu avec son fils Pradyumna. Il loue les brâhmanes et raconte comment il a reçu donné l’hospitalité à Durvâsas, comment celui-ci s’est montré insupportable et comment il a tout supporté, et comment finalement Durvâsas le récompense.

13.145. Krishna fait l’éloge de Shiva. Comment Shiva perce le sacrifice de Daksha d’une flèche et ce qui s’en suit. Comment Shiva détruit la triple cité des démons. Comment il paralyse Indra. Éloge de Shiva.

13.146. Les noms de Shiva.

13.147. Yudhishthira demande ce qui a le plus d’importance, l’expérience directe, ou les Écritures. Ceux qui s’appuient sur les Écritures sont les meilleurs, répond Bhîshma. Les trois sources de la connaissance, la perception directe, les Écritures et le comportement sont les fondements d’une conduite juste.

13.148. Bhîshma décrit le sort de ceux qui ont une conduite juste et de ceux qui ont une conduite injuste.

13.149. Yudhishthira s’étonne que l’on puisse obtenir un résultat sans effort, ou au contraire ne pas obtenir un résultat souhaité quelqu’effort qu’on fasse. Cela dépend de sa bonne conduite et de son caractère, répond Bhîshma (karma).

13.150. Il faut vivre et agir en ayant foi qu’une bonne conduite donne de bons résultats. Le temps protège une bonne conduite et l’affermit. C’est la volonté de bien agir qui différencie les hommes.

13.151. Yudhishthira demande ce qu’il faut faire pour se débarrasser de ses péchés. Réciter trois fois par jour les noms des dieux et des rishi. Liste des dieux et des rishi.

13.152. Bhîshma se tait. Vyâsa demande congé au nom de tous. Bhîshma leur donne congé et leur demande de revenir pour assister à sa mort, au solstice d’été. Tous laissent Bhîshma et retournent à Hâstinapura.


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Le Mahâbhârata









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  • Livre X : 7879



  • Livre XIII : 8990

  • Livre XIV : 9192


  • Livre XVI : 96

  • Livre XVII : 97

  • Livre XVIII : 98

 

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