Le Livre du sacrifice royal (paragraphe 92)

De Elkodico.

Le Mahâbhârata

I Le Livre des commencements • II Le Livre de l'assemblée • III Le Livre de la forêt • IV Le Livre de Virata • V Le Livre des préparatifs • VI Le Livre de Bhîsma • VII Le Livre de Drona • VIII Le Livre de Karna • IX Le Livre de Shalya • X Le Livre de l'attaque nocturne • XI Le Livre des femmes • XII Le Livre de l'apaisement • XIII Le Livre de l'enseignement • XIV Le Livre du sacrifice royal • XV Le Livre du séjour en forêt • XVI Le Livre des pilons • XVII Le Livre du grand départ • XVIII Le Livre de la montée au ciel

 
Le Livre du sacrifice royal

9192

 

Le deuxième chant du Seigneur

14.16. Vaishampâyana rapporte le discours de Krishna à Arjuna, tenu à Indraprashta. Arjuna s’était plaint d’avoir oublié les révélations que lui avait faites Krishna sur le champ de bataille (Bhagavadgîtâ). Krishna reproche à Arjuna d’avoir oublié son enseignement. Il est incapable de le répéter dans les mêmes termes. Mais il va rapporter les réponses que lui a faites un brâhmane venu du ciel, autrefois, sur des sujets similaires. Et le brâhmane raconte : autrefois un descendant de Kashyapa s’était fait l’élève d’un brâhmane particulièrement accompli. Satisfait de son comportement, le brâhmane l’enseigne. Il lui rapporte ses expériences dans ses vies antérieures. Ce n’est que par le renoncement qu’il a atteint son état actuel d’ il peut contempler l’absorption en brahman après son départ du monde.

14.17. Le brâhmane explique les différentes étapes de la mort : l’épuisement des mérites conduit à une mauvaise hygiène de vie qui engendre une chaleur excessive qui perce les organes vitaux. Les souffles sortent du corps. L’âme quitte le corps, entourée par ses actes. Elle se réincarne dans une autre matrice ou atteint les régions de l’enfer ou du ciel. Mais même ces séjours célestes sont provisoires.

14.18. Le brâhmane explique comment se fait la réincarnation dans une matrice terrestre. Les actes ne sont pas sujets à destruction. L’âme trouve une nouvelle matrice en fonction des actes antérieurs. L’âme se coule dans le nouveau corps. Les réincarnations se succéderont jusqu’à ce qu’une vie droite conduise l’âme à la délivrance. Description d’une vie droite. Les actes antérieurs sont la cause des réincarnation. La compréhension de l’impermanence des choses, le détachement permettent de s’affranchir du cycle des réincarnations.

14.19. Le brâhmane explique les conditions de la délivrance du cycle des réincarnations. Les qualités à acquérir et comment les obtenir par le Yoga : austérités et concentration d’esprit. Les effets de la délivrance acquise par le Yoga. En se concentrant sur sa propre âme, on voit brahman, et rien d’extérieur à brahman n’existe plus. Voilà ce que Krishna avait révélé à Arjuna sur le champ de bataille. Ce sont des notions difficiles à saisir par ceux dont l’entendement est obtus, mais c’est la voie de la délivrance pour tous, même pour ceux qui sont de naissance inférieure.

14.20. Krishna relate l’entretien d’une épouse avec son mari, brâhmane accompli, plongé dans sa méditation. Elle lui demande quels mondes elle atteindra avec un tel mari qui a renoncé aux actes. Il lui explique qu’il s’est détaché des actes pour fixer son esprit sur le siège de l’âme dans le corps. Description de cet endroit et de ce qu’on y trouve : les souffles et leur action réciproque. Le feu intérieur, avec ses sept flammes : le nez, la langue, les yeux, la peau, les oreilles, l’esprit et la compréhension. Les sept matrices de l’univers.

14.21. Les dix prêtres sacrificateurs : les organes des sens et de l’action et la parole. Les rapports entre l’esprit et le verbe.

14.22. Les sept prêtres sacrificateurs : les organes des sens, l’esprit et la compréhension. Quoique résidant au même endroit, ils ne se perçoivent pas réciproquement.

14.23. Les cinq prêtres sacrificateurs : les souffles. Leur rapports.

14.24. Comment les souffles produisent une créature et dans quel ordre ils se présentent.

14.25. Les quatre prêtres sacrificateurs : la cause, l’agent, l’action et la délivrance. Leur relation avec les sens, l’esprit et la compréhension.

14.26. Il n’y a qu’un seul maître qui réside dans le coeur . Il est déterminé par les actes.

14.27. La forêt de la délivrance. La forêt de la connaissance.

14.28. L’état de détachement. Discussion sur le sacrifice animal.

14.29. Le brâhmane raconte L’Histoire de Râma. Comment Arjuna Kârtavîrya a été défait par Râma, comment ses guerriers ont fui et ont été déchu, comment Râma a exterminé tous les kshatriya à vingt et une reprises, comment ses ancêtres lui demandent de cesser le carnage.

14.30. Les ancêtres racontent L’Histoire d’Alarka. Alarka, ayant conquis le monde, veut conquérir de ses flèches son esprit, les organes de ses sens, sa compréhension. Tous lui représentent qu’il y faut une autre sorte de flèche. Alarka entreprend alors de sévères austérités, puis se tourne vers le Yoga et y trouve la réponse à ses questions. Les ancêtres conseillent à Râma de se livrer à des austérités, ce qu’il fait.

14.31. Les trois ennemis. La souveraineté sur soi-même. Les vers d’Ambarîsha : la cupidité et ses conséquences. La vrai souveraineté est la souveraineté sur soi-même.

14.32. Les paroles de Janaka : il n’a souveraineté sur rien, même son corps ne lui appartient pas, il a souveraineté sur tout, la terre entière est sienne, comme elle appartient à chacun. Maîtrisant les organes des sens, on perd le sentiment du «mien», on maîtrise la terre.

14.33. Le brâhmane explique à son épouse qu’il est totalement émancipé, qu’il est devenu un avec l’univers. Il se fond dans brahman comme les rivières se fondent dans l’océan. Ainsi c’est dans la propre âme de son mari que l’épouse se rendra après sa mort.

14.34. Le brâhmane explique que la connaissance naît de la recherche de brahman, des enseignements du maître, des austérités et de la fréquentation du veda. Description de brahman. L’épouse du brâhmane atteint la délivrance.

14.35. Krishna rapporte l’entretien d’un disciple avec son maître. Le disciple demande : d’ venons-nous ? d’ viennent les créatures ? de quoi vivent-elles ? quelle est la limite de leur vie ? qu’est-ce que la vérité ? les austérités ? quels sont les bons chemins ? qu’est-ce que le bonheur ? le péché ? Le maître, parce que son élève est accompli, explique : la connaissance est le but le plus haut et le renoncement la plus haute austérité. Par la connaissance et le renoncement, on atteint la délivrance. Description de l’arbre de l’univers. Le maître donne la réponse que fit Brahmâ aux sept grands rishi qui lui posaient les mêmes questions. C’est de la vérité procèdent toutes les créatures. Les quatre périodes de la vie. Les vingt-quatre éléments de la création.

14.36. Les trois qualités et leur rapports. tamas (obscurité) : ses caractéristiques et ses conséquences en ce qui concerne les réincarnations.

14.37. rajas (passion) : ses caractéristiques et ses conséquences.

14.38. sattva (bonté) : ses caractéristiques et ses conséquences.

14.39. Le brâhmane explique à son disciple les relations entre les trois qualités et comment elles sont présentes partout. Le non-manifesté.

14.40. La première manifestation du non-manifesté : l’âme universelle. Comment l’atteindre.

14.41. Dans cette âme universelle, se développe le sentiment du moi, source de toutes les créatures.

14.42. Les cinq éléments. La dissolution de l’univers. Les connexions des cinq éléments et des onze organes avec l’âme, la matière et les dieux. Les quatre types de créatures. Le corps. Le renoncement et la maîtrise des sens conduisent à brahman.

14.43. Les seigneurs des créatures. Les devoirs des rois. Les caractéristiques. Comment elles sont perçues. Le Connaisseur.

14.44. Les premières des créatures. Le début et la fin, l’impermanence.

14.45. La roue de l’existence. Règles de conduite du maître de maison.

14.46]] Règles de conduite de l’étudiant, de l’ascète, du renonçant.

14.47. Description de brahman. Comment on l’atteint.

14.48. Les qualités nécessaires à la délivrance. Dualité brahman-nature. Les rishi interrogent Brahmâ sur les différents comportements des hommes : quel est le meilleur ?

14.49. L’enseignement de Brahmâ : les voies de la délivrance. Les différents types d’action. Genèse des éléments et leurs propriétés. Hiérarchie des créatures.

14.50. Rôle de l’esprit. Le char du brahman. La forêt du brahman. Le rôle des austérités. Ce qu’est la délivrance. A la demande d’Arjuna, Krishna explique qu’il est le maître et l’esprit son élève.

(Fin de l’Anugîtâ)

14.51. Krishna fait préparer son char. Krishna et Arjuna partent pour Hâstinapura en devisant en cours de route. Arjuna chante un hymne à Krishna. Ils arrivent à Hâstinapura et retrouvent Dhritarâshtra, Vidura, les Pândava, Yuyutsu. Ils se retirent pour la nuit. Au matin, ils vont trouver Yudhishthira et demandent pour Krishna la permission de rentrer à Dvârakâ. Yudhishthira accorde ce qu’ils demandent et demande à Krishna de revenir pour son sacrifice du cheval. Krishna part avec Subhadrâ, accompagné par Yuyudhâna.

14.52. Signes accompagnant le départ de Krishna. Rencontre d’Uttanka. Uttanka demande à Krishna s’il a réussi à rétablir la paix entre les cousins ennemis. Krishna avoue qu’il a échoué et lui raconte le massacre et le peu de survivants. Uttanka lui reproche de ne pas avoir empêché la guerre alors qu’il en avait la possibilité et se prépare à le maudire. Krishna s’excuse et conseille à Uttanka de ne pas le maudire, sous peine de perdre ses mérites.

14.53. Krishna révèle sa divinité à Uttanka. Il explique que, sous sa forme humaine, il n’a pu empêcher le désastre.

14.54. Histoire d’Uttanka. Uttanka demande à voir Krishna sous sa forme divine. Krishna se montre sous sa forme divine, puis, à la demande d’Uttanka, reprend sa forme habituelle. Il donne un voeu à Uttanka : pouvoir obtenir de l’eau quand il en a envie dans ces contrées arides, simplement en pensant à lui. Un jour Uttanka, excessivement assoiffé, pense à Krishna pour avoir de l’eau. Il voit alors un chasseur nu, répugnant et impur qui urine de grandes quantités d’eau. Le chasseur lui offre cette eau, mais Uttanka, indigné, refuse. Le chasseur disparaît et Krishna apparaît à sa place. Devant les reproches d’Uttanka pour la forme répugnante sous laquelle l’eau qu’il demandait lui a présentée, Krishna lui explique qu’il avait demandé à Indra de donner la liqueur d’immortalité à Uttanka, et qu’Indra n’avait accepté qu’à la condition de présenter lui-même cette liqueur en assumant la forme d’un chasseur, et de ne la donner que si Uttanka ne montrait pas de dédain. Krishna modifie le voeu qu’il a accordé : quand Uttanka aura soif, des nuages apparaîtront sur le désert et feront tomber la pluie.

14.55. Uttanka avait acquis des mérites particuliers, pour avoir fidèlement servi son maître Gautama. Ainsi ce dernier, particulièrement satisfait de ses services, ne lui avait jamais donné congé, et Uttanka avait vieilli. Un jour, épuisé par l’âge, rapportant du bois pour son maître, il avait posé son fardeau à terre, et avait aperçu une mèche de ses cheveux accrochée au fagot, toute blanche. Il avait alors compris combien il avait vieilli, et s’était mis à pleurer amèrement. Gautama s’informe de la raison de ce désespoir, et donne finalement son congé à Uttanka. Celui-ci demande ce qu’il doit comme honoraires d’études et son maître lui répond que sa fidélité et son dévouement suffisent. Il rajeunit Uttanka et lui donne sa fille. Ahalyâ, la femme de Gautama, devant l’insistance d’Uttanka, demande comme honoraires les boucles d’oreille divines de la femme du roi Saudâsa. Mais ce roi, maudit par Vasishtha, est devenu cannibale.

14.56. Saudâsa se prépare à dévorer Uttanka. Uttanka lui remontre qu’il a d’abord une tâche urgente à accomplir : il vient chercher les boucles d’oreille de sa femme pour son percepteur : il reviendra après se mettre au pouvoir du roi. Saudâsa l’envoie les réclamer à son épouse Madayantî. Celle-ci énumère les propriétés magiques des boucles d’oreille, et demande, avant de les donner, un signe de son époux.

14.57. Saudâsa, comme signe de son accord, lui fait dire : «Ma condition est intolérable et je ne trouve pas de refuge !». La reine, lorsqu’Uttanka lui répète cette phrase, lui donne les boucles d’oreille. Uttanka demande à Saudâsa la signification de ce message. Saudâsa explique qu’il ne saurait vivre, alors que sa malédiction l’amène à être hostile à des brâhmanes. Uttanka promet de revenir, mais demande à Saudâsa s’il est vraiment nécessaire qu’il revienne. Saudâsa lui dit que, s’il revient, il mourra. Uttanka revient chez Gautama. En route, il s’arrête pour cueillir des fruits. Les boucles d’oreilles tombent à terre. Un serpent s’en empare et rentre dans son trou. Uttanka fouille la terre de son bâton pendant trente-cinq jours pour se frayer passage vers le royaume des serpents. La terre s’inquiète. Indra, déguisé en brâhmane, essaye en vain de dissuader Uttanka. Puis il lui prête son foudre. Ainsi Uttanka se fraye un chemin vers le royaume des serpents. Description du royaume des serpents. Uttanka désespère de retrouver les boucles d’oreille. Un cheval noir à la queue blanche lui apparaît et lui demande de lui souffler dans le derrière : qu’il ne soit pas dégoûté, il l’a déjà fait de nombreuses fois. Uttanka s’étonne. Le cheval n’est autre qu’Agni, attisé de nombreuses fois par Uttanka quand il servait son maître. Uttanka s’exécute. Le cheval s’embrase et une épaisse fumée en sort, qui envahit le monde des serpents. Ceux-ci, affolés, découvrent la raison de cette fumée, honorent Uttanka et lui rendent les boucles d’oreille. Uttanka les apporte à Ahalyâ.

14.58. Krishna continue sa route vers Dvârakâ. Le festival de Raivataka. Krishna est reçu avec tous les honneurs et embrasse ses parents.

14.59. On lui demande de raconter la bataille entre les Pândava et les Kaurava. Krishna résume la bataille : dix jours sous le commandement de Bhîshma (les Kaurava alignent onze armées, les Pândava sept), cinq jours sous celui de Drona (il reste aux Kaurava neuf armées), deux jours sous celui de Karna (cinq armées seulement) et enfin un jour sous celui de Shalya (trois armées pour les Kaurava, une seule pour les Pândava). Mort de Duryodhana, massacre nocturne.

14.60. Krishna n’a pas parlé de la mort d’Abhimanyu, pour ne pas peiner son père. Subhadrâ lui demande de raconter la mort d’Abhimanyu et s’évanouit. Vasudeva demande des détails et Krishna raconte la mort d’Abhimanyu et sa bravoure. Il rapporte les lamentations de Subhadrâ et d’Uttarâ et les consolations de Kuntî.

14.61. Vasudeva et Krishna entreprennent des rites funéraires pour Abhimanyu. Les Pândava font de même à Hâstinapura. Uttarâ ne prend plus aucune nourriture. Vyâsa la réconforte en lui décrivant l’avenir glorieux de son fils à naître. Vyâsa presse Yudhishthira de procéder au sacrifice du cheval.

14.62. Yudhishthira demande à ses frères comment se procurer pour le sacrifice du cheval les richesses de Marutta. Bhîma propose de se mettre sous la protection de Shiva pour obtenir ces richesses gardées par les kinnara. Yudhishthira approuve. Les Pândava se mettent en route.

14.63. Description du cortège. Yudhishthira établit son camp à proximité du trésor. Description du campement. Yudhishthira demande aux brâhmanes de fixer un jour auspicieux pour son entreprise : ce sera le lendemain. Ils ordonnent un jeûne.

14.64. A l’aube, des sacrifices sont faits en l’honneur de Shiva, puis de Kubera et de Manibhadra. Yudhishthira se rend à l’endroit le trésor est enterré et fait creuser. Les moyens employés pour transporter le trésor (soixante mille chameaux, cent vingt mille chevaux, cent mille éléphants, autant de chars, de chariots, d’éléphants femelles, un nombre indéterminé de mules). Retour à Hâstinapura à petites étapes.

14.65. Krishna, sachant le sacrifice du cheval proche, revient à Hâstinapura avec Balarâma, Subhadrâ et les chefs Vrishni. Krishna réside à Hâstinapura. Naissance de Parikshit : touché par l’arme «Tête de Brahmâ» lancée par Ashvatthâman, c’est un enfant mort-. Krishna se précipite. Kuntî supplie Krishna de ressusciter l’enfant, pour sauver la lignée : il l’a promis.

14.66. Subhadrâ le supplie à son tour de ressusciter l’enfant.

14.67. Krishna accepte. Il entre dans la pièce se tient l’enfant. Uttarâ le supplie à son tour de ressusciter l’enfant.

14.68. Les femmes pleurent, Uttarâ s’adresse à son enfant mort et lui demande de saluer Krishna. Krishna assure que sa promesse n’est jamais vaine et ressuscite l’enfant.

14.69. L’arme «Tête de Brahmâ» se retire en illuminant la pièce et retourne chez Brahmâ. L’enfant revit. Tout le monde se réjouit. Krishna donne à l’enfant le nom de Parikshit. Les Pândava approchent d’Hâstinapura avec le trésor. Réjouissances générales en ville.

14.70. Entrée des Pândava à Hâstinapura. Salutations réciproques. Vyâsa arrive aussi, dûment honoré. Yudhishthira demande à Vyâsa la permission de célébrer le sacrifice du cheval, et Vyâsa accepte. Yudhishthira commence les préparatifs. Krishna se met à sa disposition.

14.71. Vyâsa accepte d’initier Yudhishthira au sacrifice. Le sacrifice commencera à la pleine lune du mois de chaitra. Que les préparatifs soient faits, et un cheval sélectionné, qui parcourera la terre. Vyâsa choisit Arjuna pour accompagner le cheval. Bhîma et Nakula protègeront la cité, Sahadeva s’occupera des invités. Les préparatifs sont terminés. Yudhishthira demande à Arjuna de suivre le cheval pour le protéger. Il devra essayer d’éviter de combattre les rois qui viendront à sa rencontre et les inviter au sacrifice.

14.72. L’initiation de Yudhishthira est terminée, le cheval est lâché. Toute la ville se rassemble pour assister au départ d’Arjuna. Des brâhmanes l’accompagnent, Yudhishthira le suit avec de nombreux guerriers. Le cheval erre en liberté et parcourt la terre. Il traverse de nombreux royaumes, suivi par Arjuna qui doit combattre leurs rois hostiles.

14.73 Les Trigarta essayent de capturer le cheval et assaillent Arjuna. Arjuna essaie en vain de parlementer, puis défait Sûryavarman et tue son frère Ketuvarman. Il combat Dhritavarman mais, admirant sa bravoure, ne veut pas le tuer. Dhritavarman blesse Arjuna à la main, l’arc Gândîva tombe à terre. Arjuna riposte. Les Trigarta encerclent Arjuna, mais sont mis en fuite. Ils demandent la clémence d’Arjuna et acceptent sa suzeraineté.

14.74. Le cheval traverse le royaume de Prâgjyotisha. Vajradatta, le fils de Bhagadatta s’en empare. Arjuna le poursuit, Vajradatta laisse le cheval et s’enfuit. Il revient au combat sur son éléphant. Combat entre Arjuna et Vajradatta.

14.75. Le combat dure trois jours. Le quatrième jour, suite du combat. Arjuna tue l’éléphant. Il laisse la vie sauve à Vajradatta et l’invite au sacrifice du cheval. Vajradatta accepte.

14.76. Les Saindhava marchent sur Arjuna qui est entré dans leur royaume. Ils s’emparent du cheval, encerclent Arjuna et l’arrosent de flèche. Présages funestes. Arjuna perd conscience et laisse tomber son arc. Arjuna se ressaisit, reprend Gândîva et décoche ses flèches. Les Saindhava fuient.

14.77. Les Saindhava reviennent au combat. Suite du combat. Arjuna les défie, mais se rappelle les paroles de son frère et offre la vie sauve à ceux qui reconnaîtront leur défaite. Malgré cela, le combat continue. Dusshalâ, leur reine, vient au devant d’Arjuna, avec son petit-fils, le fils de Suratha (neveu d’Arjuna). Elle apprend à Arjuna que Suratha est mort en apprenant sa venue, et se met avec l’enfant sous sa protection. Elle demande la paix. La paix avec les Saindhava est faite.

14.78. Le cheval arrive au royaume de Babhruvâhana, le roi de Manipura. Celui-ci vient faire allégeance à son père, Arjuna. Mais Arjuna lui reproche de ne pas le combattre, alors qu’il a pénétré dans son royaume : c’est le devoir des kshatriya. La serpente Ulûpî, ne supporte pas ces remontrances, sort de terre et ordonne à Babhruvâhana de combattre Arjuna. Babhruvâhana prend son char, s’empare du cheval et affronte son père. Combat entre Arjuna et Babhruvâhana. Les deux combattants, blessés, s’évanouissent. Citrângadâ, la mère de Babhruvâhana, arrive sur le champ de bataille et les croit morts.

14.79. Reproches de Citrângadâ à Ulûpî : c’est à cause d’elle qu’Arjuna est mort. Elle lui demande de faire revivre Arjuna.

14.80. Babhruvâhana revient à lui. Remords de Babhruvâhana qui croit avoir tué son père. Il fait le serment de se laisser mourir si Arjuna ne revient pas à la vie.

14.81. Ulûpî fait appel au joyau qui a le pouvoir de ressusciter les morts. Elle explique que si elle a incité Babhruvâhana à combattre, c’était seulement pour que son père découvre sa valeur. Qu’il place le joyau sur la poitrine d’Arjuna et celui-ci revivra. Arjuna revient à lui. Il demande ce qui se passe.


14.82. Ulûpî lui explique qu’elle a manigancé ce combat pour faire expier à Arjuna le péché d’avoir tué déloyalement Bhîshma, alors qu’il combattait avec Shikhandin. A la suite de cet acte déloyal, les Vasu avaient maudit Arjuna et Gangâ avait approuvé cette malédiction. A la demande du père d’Ulûpî, les Vasu avaient tempéré leur malédiction : quand Babhruvâhana aura fait tomber Arjuna au combat, celui-ci sera libéré de sa malédiction. C’est pourquoi elle a incité Babhruvâhana au combat. Arjuna la remercie et invite Babhruvâhana au sacrifice du cheval. Babhruvâhana invite Arjuna dans sa cité, mais celui-ci refuse : il doit suivre le cheval, qui va il veut.

14.83. Le cheval revient en direction d’Hâstinapura. Il arrive à Râjagriha, dans le Magadha, le royaume de Meghasamdhi, fils de Sahadeva. Meghasamdhi défie Arjuna. Combat entre Meghasamdhi et Arjuna. Arjuna défait Meghasamdhi. Celui-ci se reconnaît vaincu et Arjuna l’invite au sacrifice du cheval.

14.84. Le cheval arrive à Shuktisâhvayâ, au royaume de Cedi. Arjuna défait Sharabha, le fils de Shishupâla, qui se soumet. Il traverse ensuite les royaumes de Kâshi, d’Anga, de Kosala, de Kirata et de Tangana. Tous leurs rois lui font allégeance. Il arrive ensuite au royaume des Dashârna, il livre un combat terrible contre Citrângada. Citrângada fait allégeance. Il arrive ensuite au Nishada il livre combat au fils d’Ekalavya et le soumet. Ensuite, plus au sud, il livre combat aux Dravida, aux Andhra, aux Mâhishaka et aux Kolla, et les soumet. Puis à Surâshtra, Gokarna, Prabhâsa, Dvârakâ. , de jeunes Yadava veulent s’emparer du cheval, mais Ugrasena, le roi des Vrishni les en empêche. Les Vrishni et les Andhaka font fête à Arjuna. Le cheval continue vers le Pancanada, puis au pays des Gândhâra ou règne le fils de Shakuni.

14.85. Combat entre Arjuna et les Gândhâra. Arjuna défait le fils de Shakuni et l’armée des Gândhâra. Intervention de l’épouse de Shakuni. Réconciliation. Arjuna invite le fils de Shakuni au sacrifice du cheval.

14.86. Yudhishthira apprend que le cheval approche d’Hâstinapura. Il active les préparatifs du sacrifice. Bhîma prépare l’emplacement du sacrifice. Description de l’emplacement du sacrifice. Les rois sont convoqués et arrivent avec de nombreux cadeaux. De nombreux brâhmanes arrivent également. Yudhishthira les reçoit avec honneur.

14.87. Les rois admirent les dispositions prises pour le sacrifice.

14.88. Arrivée de Krishna. Il rapporte un message d’Arjuna : que les rois soient convenablement honorés et qu’il n’y ait pas de massacre comme lors de la consécration royale. Que son fils Babhruvâhana soit spécialement honoré.

14.89. Yudhishthira se demande pourquoi Arjuna doit toujours se trouver en première ligne, combattre et mener une vie aussi inconfortable. Krishna lui répond que c’est parce qu’il a les pommettes un peu trop hautes ! On annonce l’arrivée imminente d’Arjuna. Deux jours après Arjuna et le cheval arrivent. Le peuple félicite Arjuna. Il entre sur l’emplacement du sacrifice. Salutations réciproques. Arrivée de Babhruvâhana.

14.90. Citrângadâ et Ulûpî sont reçues par Draupadî et Subhadrâ. Babhruvâhana est reçu par Dhritarâshtra. Krishna et les Pândava lui font des cadeaux. Vyâsa donne le signal du début du sacrifice. Les cadeaux faits aux brâhmanes seront le triple de ce qui était prévu : ce sacrifice sera connu sous le nom de «sacrifice à l’or abondant». Yudhishthira entreprend les cérémonies préparatoires. Puis le sacrifice est accompli avec toute l’exactitude nécessaire. Différentes étapes du sacrifice.

14.91. Les animaux sacrifiés sont rôtis. Le cheval est sacrifié à son tour, coupé en morceaux. On assied Draupadî auprès du cheval. La moelle du cheval est cuite et le reste offert au feu. Louanges à Yudhishthira. Distribution d’offrandes aux brâhmanes. Yudhishthira donne la terre entière à Vyâsa d’abord, puis, quand il refuse, aux brâhmanes. Vyâsa lui demande de garder la terre et d’en donner le prix au brâhmanes. Ainsi les offrandes sont elles particulièrement somptueuses, non seulement pour les brâhmanes mais pour tout le monde. Vyâsa donne sa part à Kuntî. Yudhishthira et ses frères couvrent de cadeaux les rois présents. Les rois sont congédiés et retournent chez eux. Magnificence de ce sacrifice.

14.92. Histoire de la mangouste. A la fin du sacrifice, une mangouste, qui avait la moitié du corps changé en or, se plaint : ce sacrifice ne vaut pas une mesure d’orge offerte par un brâhmane ! On l’interroge : le sacrifice n’a-t-il pas été mené selon toutes les règles ? Les offrandes voulues n’ont-elles pas été offertes ? Qu’elle s’explique clairement ! La mangouste raconte un fait dont elle a été témoin :

14.93. Au Kurukshetra, vivait un brâhmane, qui pratiquait le voeu du glanage : il se nourrissait de petites quantités de grain. Il ne prenait qu’un repas tous les jours, le soir, et s’il ne trouvait rien à manger, jeûnait jusqu’au jour suivant. Une famine survient dans le royaume, et le brâhmane et sa famille souffrent de la faim. Il va glaner en plein midi, bien qu’il n’y ait rien à glaner. Un jour, cependant, il réussit à récolter une mesure d’orge. Il la réduit en farine et en fait quatre boulettes, pour lui et les siens. Un hôte se présente alors. Le brâhmane lui offre sa boulette. L’épouse du brâhmane, voyant que son hôte est toujours affamé, demande à son mari de lui offrir sa part. Le brâhmane, qui a pitié d’elle, refuse, mais elle le convainc. Il donne à l’hôte la boulette de sa femme, et celui-ci la mange. Le fils du brâhmane, sa belle-fille, donnent à leur tour leur boulette pour l’hôte. Celui-ci, qui n’est autre que Dharma, félicite le brâhmane, et lui annonce qu’il a conquis le ciel : et pourtant la porte du ciel est difficile à atteindre !. Elle est cadenassée par la cupidité, le désir et les passions. Ce n’est pas ce qu’on donne qui compte : il revient au même de donner cent quand on possède mille que de donner un quand on possède dix. Rien ne vaut un don, même modeste, s’il est acquis loyalement. Ainsi le fruit de cette offre d’une seule mesure d’orge sera-t-il plus grand que celui de nombreux sacrifices du cheval. Qu’il monte dès maintenant au ciel, avec sa femme, son fils et sa belle-fille, un char divin l’attend. Le brâhmane monte au ciel. La mangouste sort de son trou, et par le parfum seulement de ces boulettes la moitié de son corps a été transformée en or. Depuis, elle fréquente les brâhmanes et les sacrifices des rois, pour que le reste de son corps devienne également en or. Ainsi elle peut dire que ce sacrifice du cheval ne valait pas l’offrande d’une mesure d’orge.

14.94. Au cours d’un sacrifice offert par Indra, les grands rishi éprouvent de la compassion pour les animaux que l’on va sacrifier. Ils remontrent à Indra qu’il n’est pas juste de tuer des animaux : qu’il offre plutôt des grains. Mais Indra n’est pas d’accord. La matière est soumise au roi Vasu pour arbitrage : faut-il sacrifier des animaux, ou des grains ? Vasu répond sans hésiter : ce que l’on a sous la main. Il est aussitôt précipité en enfer pour avoir répondu faussement. Il faut bien peser les choses avant de répondre, et peser les arguments. Ainsi le mérite acquis par les dons dépend de l’intégrité de celui qui donne et de la manière dont il a acquis ce qu’il donne. Le don désintéressé d’une mesure d’orge procure le ciel.

14.95. Le sacrifice d’Agastya. Agastya entreprend des rites préparatoires qui doivent durer douze années en vue d’un grand sacrifice l’on offrira du grain. Les officiants sont des brâhmanes à la conduite particulièrement irréprochable. Indra, pour empêcher le sacrifice, cesse de pleuvoir. Les officiants s’inquiètent : si Indra cesse de pleuvoir, il n’y aura plus de grain pour les offrandes. Agastya leur rétorque que cela n’a aucune importance : il offrira un sacrifice mental, fait d’austérité sévères. Il se transformera en Indra et fera pleuvoir pour nourrir les créatures. Il créera un nouvel ordre des choses et fera venir toutes les richesses du monde à son sacrifice. Il convoquera toutes les troupes célestes. Et il en va ainsi, par la puissance de ses mérites. Les rishi l’approuvent : cela est mieux que de sacrifier des créatures innocentes. Indra se repent et pleut. Il assiste lui-même au sacrifice.

14.96. Jamadagni avait trait sa vache sacrificielle et placé le lait dans un récipient pur en vue d’un rite funéraire. Dharma, pour l’éprouver, entre dans ce lait, sous la forme de Krodha, la colère. Mais Jamadagni ne se met pas en colère en voyant son lait souillé et envoie Krodha s’expliquer avec les pitri. Elle est transformée en mangouste, et ne sera libérée qu’en humiliant publiquement Dharma. Et, Yudhishthira étant Dharma, la mangouste Krodha est libérée de sa malédiction.


Auteur : Nom de l'auteur

Titre en elko

Texte en elko


Traducteur : Nom du traducteur

Versions
Version 2017
Analyses
Analyse fréquentielleAnalyse syntaxique
Le Mahâbhârata









  • Livre VIII : 73


  • Livre X : 7879



  • Livre XIII : 8990

  • Livre XIV : 9192


  • Livre XVI : 96

  • Livre XVII : 97

  • Livre XVIII : 98

 

Analyse de texte

Outils personnels