Le Paradis (La Divine Comédie) - Chant V

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Paradis - Chant V

« Si je flamboie dans le feu d’amour, au delà de ce qui se voit sur la terre, tant que de tes yeux je vainque la force, ne t’en étonne point : cela procède de la parfaite vision, qui fait qu’à mesure qu’on le perçoit, on se porte vers le bien perçu. Je vois comment déjà resplendit dans ton intelligence l’éternelle lumière, dont la vue allume seul un perpétuel amour : et si autre chose séduit le vôtre, ce n’est que par quelque confuse trace d’elle qui reluit à travers. Tu veux savoir si, pour un vœu rompu, on peut par quelque autre œuvre rendre assez, pour que l’âme soit à l’abri du litige. »

Ainsi Béatrice commença ce chant ; et comme un homme qui ne brise point son parler, elle continua de la sorte son saint discours : « De tous les dons que Dieu, en créant, fit dans sa largesse, le plus conforme à sa bonté, et celui qu’il prise le plus, fut la volonté libre, dont les créatures intelligentes, toutes et seules, furent et sont douées. Si de tu argumentes, tu comprendras la haute valeur du vœu, s’il est fait de manière que Dieu consente, lorsque tu consens ; puisque, quand se conclut ce pacte entre Dieu et l’homme, de ce trésor dont je parle se fait une victime, et elle se fait par son propre acte. Donc, que peut-on rendre en compensation ? Si tu crois bien user de ce que tu as offert, tu veux du mal acquis faire un bon emploi. Tu es désormais certain du point principal. Mais par ce qu’en cette matière dispense la sainte Église, ce qui semble contraire au vrai que je t’ai montré, il convient qu’encore un peu tu demeures à table, le dur aliment que tu as pris requérant encore quelque aide pour être digéré. « Ouvre l’esprit à ce que je te découvre, et fixe-le dedans ; car ne donne pas la science d’entendre sans retenir. Deux choses concourent à l’essence de ce sacrifice ; l’une, ce de quoi il est fait ; l’autre, la convention. Cette dernière jamais ne s’annule, mais reste entière, et c’est d’elle qu’il vient d’être parlé si positivement : ainsi ce fut aux Hébreux une nécessité d’offrir, encore que quelquefois l’offrande pût être changée, comme tu dois le savoir. L’autre, qui t’est connue sous le nom de matière, peut être telle qu’il n’y ait point de faute à la convertir en une autre matière. Mais que nul ne change de soi-même ce qui charge son épaule, sans qu’aient tourné et la clef blanche et la clef jaune ! Et que folle il croie toute permutation, si la chose omise n’est à celle qu’on y substitue comme quatre est à six. Quoi que ce soit donc, qui, par sa valeur, pèse tant qu’il entraîne toute balance, ne peut être compensé par aucun autre don. Que les mortels ne se jouent point du vœu : soyez fidèles, mais à ce faire non imprudents, comme fut Jephté en sa première promesse ; à qui plus il convenait de dire : j’ai mal fait, qu’en la gardant faire pis. Et aussi insensé tu trouveras le grand chef des Grecs ; d’ Iphigénie pleura son beau visage, et sur soi fit pleurer et les fous et les sages, qui ouïrent parler d’un pareil culte. Soyez chrétiens, plus pesants à vous mouvoir ; ne soyez point comme une plume à tout vent ; et ne croyez pas que toute eau vous lave. Vous avez le Vieux et le Nouveau Testament, et le pasteur de l’Église pour vous guider ; cela suffit à votre salut. Si autre chose ne vous crie une cupidité mauvaise [, soyez hommes et non de folles brebis, afin que le Juif, au milieu de vous, de vous point ne se rie. Ne faites point comme l’agneau qui laisse le lait de sa mère, et, simple et folâtre, s’amuse à jouer avec lui-même

Comme je l’écris, ainsi dit Béatrice. Puis, ardente de désir, elle se tourna vers cette partie le monde est plus vivant.

En se taisant et en changeant d’aspect, elle imposa silence à mon esprit avide, qui déjà devant soi avait de nouvelles questions : et comme une flèche qui frappe le but avant que la corde soit en repos, ainsi nous courûmes dans le second royaume . , je vis ma Dame resplendir lentement, lorsqu’elle entra dans la lumière de ce ciel, que plus brillante en devint la planète. Et si, changeant, l’étoile prit un plus vif éclat, que devins-je, moi, par une nature de toutes matières muable ! Comme en un vivier tranquille et pur, accourent les poissons à ce qui vient de dehors, l’estimant leur pâture ; ainsi vis-je plus de mille splendeurs accourir vers nous, et chacune disait : «Voici qui accroîtra nos amoursEt sitôt qu’une ombre venait à nous, on la voyait pleine d’allégresse au milieu de l’éclatante lumière qui sortait d’elle. Si point ne se continuait ce qui se commence ici, pense, Lecteur, combien te serait pénible la disette de plus savoir, et par toi-même tu apprendras combien de ceux-ci je désirais connaître l’état, dès qu’à mes yeux ils eurent apparu.

« O bien , à qui la grâce accorde de voir, avant de quitter la milice, les trônes des triomphes éternels, de la lumière qui par tout le ciel s’épand, nous reluisons ; si donc tu désires t’enquérir de nous, à ton plaisir rassasie-toi

Ainsi me fut-il dit par un de ces pieux esprits ; et Béatrice : «Parle, parle avec confiance, et crois comme à des Dieux.» — Je vois bien que tu habites dans ta propre lumière, et que par tes yeux tu l’émets, car elle éclate selon qu’au dedans de toi elle est vive. Mais je ne sais qui tu es, ni pourquoi, âme digne, tu occupes le degré de la sphère, qui se voile aux mortels avec les rayons d’un autre . Cela dis-je à la lumière qui auparavant m’avait parlé ; sur quoi elle se fit beaucoup plus lumineuse qu’elle n’était d’abord.

Comme le Soleil qui se cache lui-même par trop de lumière, quand la chaleur a dévoré les épaisses vapeurs qui la tempéraient, par plus d’allégresse, à moi, se cacha dans son rayonnement la figure sainte, et ainsi toute couverte elle me répondit de la manière que chante le chant suivant.


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