Le Paradis (La Divine Comédie) - Chant VII

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Paradis - Chant VII

Hosanna sanctus Deus Sabaoth,
Superillustrans claritate tuâ
Felices ignes horum Malahoth.

Ainsi, retournant vers son chœur, je vis chanter cette substance, qu’enveloppa une double lumière ; et elle et les autres reprirent leur danse, et, comme de rapides étincelles soudain me les voila l’éloignement.

Je doutais et disais : — Dis-lui, dis-lui ; je disais en moi-même, dis-lui, à ma Dame, qui me désaltère avec ses douces paroles.

Mais cette révérence qui s’empare entièrement de moi, seulement à ouïr B et ICE m’inclinait comme un homme pris de sommeil.

Peu de temps souffrit Béatrice qu’ainsi je fusse, et, m’illuminant d’un sourire qui dans le feu rendrait l’homme heureux, elle commença :

« Selon mon apercevance infaillible, tu t’embarrasses en cette pensée, comment une juste vengeance peut être justement punie. Mais je délierai bientôt ton esprit ; toi, écoute, car d’une haute doctrine mes paroles te gratifieront.

En ne supportant pas que, pour son bien, la vertu qui veut, eût un frein, cet homme qui point ne naquit, se perdant, perdit toute sa race : d’ infirme l’humaine espèce demeurera, durant beaucoup de siècles, gisante dans une grande erreur, jusqu’à ce qu’il plut au Verbe de Dieu de descendre, il unit à soi personnellement la nature qui de son Créateur s’était éloignée par l’acte seul de son éternel amour.

Maintenant sois attentif à ce raisonnement : cette nature unie à son Créateur, telle qu’elle fut créée, était pure et bonne. Mais, par sa propre faute, elle fut bannie du Paradis, s’étant retournée de la voie de la vérité et de sa vie. La peine donc subie sur la croix, si on la mesure à la nature prise, aucune jamais ne fut plus justement infligée ; comme aussi jamais il n’en fut pas de plus inique, si on regarde la personne qui souffrit, à laquelle était unie cette nature. Ainsi d’un seul acte sortirent des choses diverses : à Dieu et aux Juifs plut une même mort ; par elle tremble la terre, et le ciel s’ouvrit. Ce ne doit plus désormais t’être une difficulté, quand on dit qu’une juste vengeance fut vengée par une juste cour. Mais je vois maintenant ton esprit, de penser en penser, serré dans un nœud qu’avec un grand désir il attend que je dénoue. Tu dis : Je discerne bien ce que je ouïs ; mais pourquoi Dieu voulut de cette manière seulement opérer notre rédemption, point ne le vois. Ce décret, frère, est caché aux yeux de ceux dont l’intelligence n’a pas grandi dans la flamme d’amour. Parce que vraiment, pour y pénétrer, beaucoup on regarde et peu l’on discerne, je dirai pourquoi cette manière fut plus digne. La divine bonté qui repousse de soi toute envie, ardente en elle-même étincelle, de sorte qu’elle répand les beautés éternelles. Ce qui découle immédiatement d’elle n’a pas de fin, parce que, quand elle scelle, immuable est l’empreinte. Ce qui dérive immédiatement d’elle est entièrement libre, parce qu’il n’est point assujetti à la puissance des choses nouvelles. Il lui est plus conforme, et ainsi plus lui plaît, l’ardeur sainte, dont les rayons pénètrent tout l’être, étant plus vive en celui qui plus lui ressemble. Tous ces avantages, l’humaine créature les possède et si un manque elle déchoit de sa noblesse. Le péché seul la fait serve et la rend dissemblable au souverain Bien, parce que de sa lumière peu elle s’illumine ; et dans sa dignité jamais elle ne remonte, si, par de justes peines opposées au mauvais plaisir, elle ne remplit le vide creusé par la faute. Quand votre nature toute entière pécha dans sa semence, de ces privilèges elle fut privée, comme du Paradis ; et si bien tu y regardes, elle ne pouvait les recouvrer que par l’une de ces voies : ou que Dieu par sa largesse, lui remît sa dette, ou que l’homme par lui-même satisfît pour sa folie. Maintenant, attentif autant que tu le peux à mes paroles, plonge ton regard dans l’abîme de l’éternel conseil.

L’homme, dans son être limité, ne pouvait jamais satisfaire, ne pouvant, en obéissant ensuite avec humilité, descendre autant, qu’en obéissant il voulut s’élever : et c’est la raison pourquoi l’homme était hors d’état de satisfaire par lui-même. Donc il fallait que, par ses propres voies, Dieu rétablit l’homme dans sa pleine vie, je dis par l’une ou par les deux ensemble. Mais parce que d’autant plus agréable est l’œuvre de celui qui opère, que plus elle manifeste la bonté du cœur d’ elle est émanée, la divine bonté, qui s’empreint dans le monde, se plut, pour vous relever, à procéder par toutes ses voies : et entre la dernière nuit et le premier jour, jamais œuvre aussi haute et aussi magnifique, accomplie par l’une ou par l’autre, ne fut ni ne sera ; Dieu ayant usé de plus de largesse, en se donnant lui-même pour que l’homme eût le pouvoir de se relever, que si, de soi seul, il lui eût remis sa dette ; et à l’égard de la justice, imparfaits eussent été tous les autres modes, si le fils de Dieu ne se fût pas humilié jusqu’à s’incarner. Maintenant, afin de satisfaire pleinement tes désirs, je reviens sur un point, pour l’éclaircir de manière qu’il te soit aussi évident qu’à moi. Tu dis : je vois l’air, je vois le feu, l’eau et la terre, et tous leurs mélanges tomber en corruption et durer peu ; et cependant ces choses furent créées : par quoi, si ce que j’ai dit est vrai, elles devraient être exemptes de corruption. Les Anges, frère, et le lieu tu es, se peuvent dire créés, dans ce qui fait le fond de leur être : mais les éléments que tu as nommés, et les choses faites d’eux, sont informés par une vertu créée. Créée fut la matière qu’ils possèdent ; créée fut, dans ces étoiles qui roulent autour d’eux, la vertu informatrice ; et l’âme de toute brute et des plantes a la faculté potentielle d’attirer le rayon et le mouvement des lumières saintes. Mais, sans intermédiaire, la suprême Bonté souffle en nous la vie et l’enamoure de soi, de sorte que toujours ensuite elle la désire. De tu peux encore augmenter notre résurrection, si tu repenses comment l’humaine chair fut faite, alors que furent faits nos deux premiers parents. »


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