Le Purgatoire (La Divine Comédie) - Chant II

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Purgatoire - Chant II

Déjà le soleil était arrivé à l’horizon dont le cercle méridien, à son point le plus élevé, couvre Jérusalem ; et la nuit, qui parcourt le cercle opposé, sortait du Gange avec les Balances, qui tombent de sa main, lorsqu’elle s’allonge de sorte que, j’étais, les blanches et les vermeilles joues de la belle Aurore, croissant d’âge, devenaient orangées. Nous étions encore près de la mer, semblables à celui qui pense à son chemin, qui va de cœur, et de corps demeure, quand tout à coup, comme Mars, chassé par le matin, rougit à travers les épaisses vapeurs, au couchant, sur la plaine marine, je vis, et que ne la vois-je encore une lumière venir sur la mer, d’une telle vitesse, qu’aucun vol, ne l’égale.

Après avoir un peu détourné d’elle les yeux pour interroger mon Guide, je la revis plus brillante et plus grande. Puis, de chaque côté, m’apparut je ne sais quoi de blanc, et d’au-dessous, peu à peu, sortit quelque chose de pareil.

Mon Maître ne dit rien, jusqu’à ce que les premières blancheurs se déployèrent en ailes : mais, lorsqu’il reconnut bien le nocher, il cria : « Ploie, ploie les genoux : voilà l’Ange de Dieu ! Joins les mains ! De tels ministres tu verras désormais. Vois, il dédaigne les instruments humains : il ne veut d’autre rame, d’autre voile que ses ailes pour parcourir ces lointains rivages ; vois comme il les dresse vers le ciel, frappant l’air des pennes éternelles, qui ne changent point comme un poil mortel. «

Plus de nous s’approchait l’oiseau divin, plus brillant il apparaissait ; de sorte que l’œil ne pouvant de près en soutenir l’éclat, s’abaissa ; et lui vint au rivage avec un batelet si svelte et si léger, qu’il ne plongeait aucunement dans l’eau. A la poupe se tenait le céleste nocher, rayonnant de béatitude ; et dedans étaient assis plus de cent esprits. In exitu Israël de Aegypto, tous ensemble ils chantaient d’une seule voix, et le reste du psaume. Puis sur eux il fit le signe de la sainte croix, et tous se jetèrent sur la plage, et lui s’en alla, rapide comme il était venu.

La troupe qui demeura paraissait étrangère à ce lieu, regardant autour comme celui qui examine des choses neuves. Le soleil, dont les flèches brillantes avaient du milieu du ciel chassé le Capricorne, de toutes parts dardait le jour, lorsque la gent nouvelle vers nous éleva le front, disant : « Si vous le savez, montrez-nous le chemin pour aller au mont. « Et Virgile répondit : « Vous croyez peut-être que de ce lieu nous sommes experts, mais nous sommes pèlerins comme vous. Un peu avant vous, nous sommes venus par une autre route si âpre et si rude, que monter désormais nous paraîtra un jeu. «

Les âmes, s’apercevant à ma respiration que j’étais encore vivant, devinrent pâles d’étonnement ; et comme un messager qui porte l’olivier attire à soi la foule avide de nouvelles, et que nul ne craint de presser autrui, ainsi toutes ces âmes fortunées sur mon visage fixèrent les yeux, oubliant presque d’aller se faire belles.

Je vis l’une d’elles s’avancer pour m’embrasser avec tant d’affection, qu’elle me mut à faire la même chose.

Hélas ! Ombres vaines, excepté d’aspect ! Trois fois autour d’elle j’étendis les bras, et trois fois je les ramenai sur ma poitrine. L’étonnement, je crois, se peignit en moi ; sur quoi l’ombre sourit et se retira, et moi, la suivant, au-delà d’elle je passai. Doucement elle me dit de cesser : alors je la reconnus, et la priai que pour me parler elle s’arrêtât un peu. Elle me répondit : « Comme je t’aimai dans le corps mortel, dégagée de lui je t’aime ; à cause de cela je m’arrête. Mais toi, pourquoi vas-tu ? « — Mon Casella , pour retourner de nouveau d’ je suis, je fais ce voyage. Mais toi, pourquoi cette terre si désirable t’était-elle déniée ? Et lui à moi : « Aucune offense ne m’a été faite lorsque celui qui emporte qui et quand il lui plaît m’a plusieurs fois refusé ce passage ; du juste vouloir il fait le sien ; et vraiment, depuis trois mois, il a reçu en toute paix qui a voulu entrer. Aussi, moi qui étais alors tourné vers la plage l’eau du Tibre devient salée, bénignement de lui je fus accueilli à cette rive se dirige son aile, et pour cela toujours se rassemblent ceux qui vers l’Achéron ne descendent point. »

Et moi : — Si une loi nouvelle ne t’ôte point la mémoire ou l’usage de l’amoureux chant qui apaisait tous mes soucis, qu’il te plaise d’en consoler un peu mon âme, qui, venant ici avec le corps, est si affaissée.

« Amour qui discours en mon âme, « commença-t-il alors si suavement, que la douce mélodie encore en moi résonne.

Le Maître et moi, et la troupe qui l’accompagnait, étions si ravis, que chacun paraissait avoir toute autre pensée en oubli. Attentifs à ses chants et absorbés en eux nous allions, quand tout à coup le vieillard vénérable : « Qu’est-ce que cela, esprits lents ? Quelle négligence, quel tarder est-ce  ? Courez au mont pour vous dépouiller de l’écorce qui empêche que de vous Dieu ne soit vu. »

Comme les colombes lorsque, cueillant le blé ou l’ivraie, et prenant ensemble leur pâture, tranquilles et sans montrer l’orgueil ordinaire, soudain laissent la nourriture, si quelque chose apparaît qui les effraye, parce qu’un plus grand souci les assaille : ainsi vis-je cette troupe nouvelle laisser le chant, et aller vers la côte, comme un homme qui va, et ne sait  : et notre départ ne fut pas moins prompt.


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