Le Purgatoire (La Divine Comédie) - Chant IV

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Purgatoire - Chant IV

Lorsqu’un sentiment de plaisir ou de douleur s’empare d’une de nos puissances, l’âme en celle- se concentre tellement, que de toute autre elle semble distraite : et ceci est contre l’erreur de ceux qui croient qu’une âme en nous au-dessus d’une autre s’allume. Ainsi, lorsqu’on entend ou qu’on voit une chose qui attire fortement l’âme à soi, le temps passe sans qu’on s’en aperçoive ; parce que autre est la puissance qui écoute, autre celle tout entière dans l’âme : celle-ci est comme liée, et celle- libre. J’en eus une claire expérience, en écoutant et admirant cet esprit : le soleil avait bien monté cinquante degrés, sans que j’y prisse garde, quand nous vînmes , toutes ensemble, ces âmes-nous crièrent : « Voici ce que vous demandez. »

L’homme des champs, au temps la grappe brunit, bouche souvent une ouverture plus large, avec une fourchée d’épines, que large n’était le sentier par monta mon Guide et moi derrière lui, seuls, après que la troupe se fût séparée de nous.

A San-Leo l’on va, on descend à Noli, on monte à la cime de Bismantova avec les pieds ; mais il faut qu’ici un homme vole ; je dis avec les ailes agiles et les pennes de l’ardent désir qui m’animait, en celui de qui je recevais espérance et lumière. Nous gravîmes par la fente du rocher, et de chaque côté le bord nous resserrait, et le sol exigeait l’usage des pieds et des mains.

Quand nous fûmes parvenus à l’extrémité de la haute rive, d’ l’on découvre la plage : — Maître, dis-je, quel chemin prendrons-nous ? Et lui à moi : « Qu’aucun de tes pas ne s’abaisse ; continue, en me suivant, de gravir le mont, jusqu’à ce que se montre à nous une sage escorte. » Le sommet était si élevé qu’il vainquait la vue, et la montée beaucoup plus aiguë que l’angle que marque la ligne qui passe par le milieu d’un quart de cercle et le centre. J’étais las, quand je commençai : — O doux père, tourne-toi, et vois comme seul je demeure, si tu ne t’arrêtes. — Mon fils, dit-il, traîne-toi jusqu’ici ; m’indiquant du doigt une éminence un peu plus haut : de ce côté toute la colline tourne. Ces paroles tellement m’excitèrent, que des pieds et des mains je m’efforçai de le suivre, tant que me porta la ceinture de roches. nous nous assîmes tous deux, la face vers le levant, d’ nous étions partis, comme avec un plaisir d’ordinaire on regarde.

Je dirigeai d’abord mes yeux en bas sur le rivage, puis je les élevai vers le soleil, m’étonnant qu’il nous frappât à gauche. Le Poète remarqua bien ma stupeur, en voyant le char lumineux s’avancer entre nous et l’Aquilon. D’ lui à moi : « Si Castor et Pollux accompagnaient ce miroir qui en haut et en bas distribue sa lumière, tu verrais le rouge Zodiaque tourner plus près de l’Ourse, s’il ne sortait pas de son antique chemin. Comment il est ainsi, si tu veux le comprendre, recueilli en toi imagine Sion et ce mont situés sur la terre, de manière que tous deux aient un seul horizon et divers hémisphères ; tu verras comment il faut que la route Phaéton sut mal guider son char, d’un côté vienne ici quand elle va par l’autre, si d’une vue claire regarde ton esprit. — Certes, mon Maître, dis-je, jamais rien ne vis-je aussi clairement que je discerne ce qui semblait au-dessus de mon intelligence ; que le cercle qui divise en son milieu le mouvement de la sphère supérieure qu’un des arts appelle équateur, et qui toujours reste immobile entre l’été et l’hiver, par la raison que tu dis, s’éloigne d’ici vers le septentrion, tandis que les Hébreux le voient vers la région chaude. Mais, s’il te plaît, volontiers saurais-je combien nous avons à aller, car le mont s’élève plus que ne peuvent s’élever mes yeux. Et lui à moi : — Telle est cette montagne, que toujours au commencement, en bas, elle est rude ; mais plus on monte, moindre est la peine. Quand donc elle te paraîtra si aisée, que tu monteras aussi légèrement qu’en bateau l’on descend le courant, alors tu seras au bout de ce sentier : attends- le repos de ta fatigue. Plus ne réponds : cela je le sais vraiAprès qu’il eut dit cette parole, une voix tout près se fit ouïr : « Peut-être auparavant auras-tu besoin de t’asseoir

Au son de cette voix, nous nous retournâmes, et nous vîmes à main gauche un grand rocher, que ni lui ni moi n’avions aperçu d’abord. Nous nous y traînâmes : étaient des gens qui se tenaient à l’ombre derrière le rocher, comme par nonchalance on se pose. Et l’un d’eux, qui me paraissait las, était assis et embrassait ses genoux, la tête entre eux baissée.

O mon doux Seigneur, dis-je, regarde celui qui se montre plus indolent que si la Paresse était sa sœur.

Lors, prenant garde, vers nous il se tourna, levant les yeux seulement au-dessus de la cuisse, et dit : « Monte, toi qui es vaillant. » Je le reconnus alors, et la fatigue, qui encore un peu hâtait ma respiration, ne m’empêcha point d’aller à lui : et quand je fus près, à peine souleva-t-il la tête, disant : « As-tu remarqué comme le soleil à gauche conduit son char ? »

Son lent mouvoir et ses courtes paroles amenèrent un peu le rire sur mes lèvres ; puis je commençai : — Belacqua, plus maintenant je ne te plains ; mais, dis-moi, pourquoi ici es-tu assis ! Attends-tu une escorte ? ou as-tu repris ta vieille habitude ? Et lui ; « O frère, monter, qu’importe ? puisqu’aux peines ne me laisserait point aller l’oiseau de Dieu qui garde la porte. « Il faut que, hors d’elle, s’accomplissent pour moi autant de révolutions célestes que ma vie eut de durée, parce que je différai jusqu’à la fin les bons soupirs ; à moins qu’auparavant ne m’aide une prière qui s’élève d’un cœur vive la grâce : que valent les autres, que le ciel n’écoute point ? »

Déjà devant moi le Poète montait, et disait : « Viens maintenant ; vois, le soleil touche au méridien, et, sur la rive, la nuit, du pied, couvre le Maroc. »


Auteur : Nom de l'auteur

Titre en elko

Texte en elko


Traducteur : Nom du traducteur

Versions
Version 2016
Analyses
Analyse fréquentielleAnalyse syntaxique

Analyse de texte

Outils personnels