Le Purgatoire (La Divine Comédie) - Chant V

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Purgatoire - Chant V

J’avais déjà quitté ces ombres, et je suivais les traces de mon Guide, quand, derrière, me montrant du doigt, une d’elles cria : « Vois, il semble que les rayons ne luisent pas à gauche de celui d’au-dessous, et il paraît marcher comme un vivant. « A cette parole, les yeux se tournèrent, et je les vis me regarder avec étonnement, moi seul, moi seul et la lumière brisée. Pourquoi tant, dit le Maître, ton âme s’embarrasse-t-elle, que l’aller se ralentisse ? Que te fait ce qui se murmure ici ? Suis-moi, et laisse dire ces gens : sois ferme comme une tour dont la cime jamais ne ploie au souffle des vents. Car toujours l’homme en qui d’une pensée germe une autre pensée, s’éloigne de son objet, l’élan de l’une amortissant celui de l’autre. » Que pouvais-je répondre, sinon : je viens ? Je le dis, le visage légèrement couvert de cette couleur qui quelquefois rend l’homme digne de pardon.

Cependant, traversant la côte, venaient un peu devant nous, des gens qui chantaient Miserere, verset à verset. Lorsqu’ils s’aperçurent que mon corps ne laissait point passer les rayons, leur chant se changea en un O long et rauque. Et deux d’entre eux, en forme de messagers, accoururent vers nous, et nous dirent : « Instruisez-nous de votre condition. « Et mon Maître : « Vous pouvez retourner, et rapporter à ceux qui vous ont envoyés, que le corps de celui-ci est de vraie chair. Si pour voir son ombre ils se sont arrêtés, comme je me l’imagine, pleinement il leur est répondu. Qu’ils lui fassent honneur ; il se peut que cela leur soit de profit. » Je ne vis jamais, au commencement de la nuit, de vapeurs enflammées fendre l’air serein, ni le soleil à son déclin, les nuées d’août, aussi vite que ceux-ci remontèrent ; et, arrivés , avec les autres ils revinrent à nous, tels qu’une troupe qui court sans frein.

« Nombreux sont ces gens qui vers nous se pressent, et pour te prier ils viennent, dit le Poète ; cependant va, et en allant, écoute. »

O âme, qui t’en vas à la joie, revêtue de ces membres avec lesquels tu es née, criaient-ils en venant, ralentis un peu tes pas. Regarde si jamais tu vis aucun de nous, de qui tu puisses porter des nouvelles. Ah ! pourquoi vas-tu, pourquoi ne t’arrêtes-tu point ? Tous nous mourûmes de mort violente, et fûmes dans le péché jusqu’à la dernière heure : à ce moment, une lumière du ciel nous éclaira, de sorte que, repentants et pardonnés, nous sortîmes de la vie en paix avec Dieu, qui enflamme nos cœurs du désir de le voir. »

Et moi : « J’ai beau regarder vos visages, je n’en reconnais aucun ; mais si vous souhaitez quelque chose que je puisse, esprits bien nés, parlez et je le ferai, par cette paix qu’à la suite d’un tel Guide, je dois chercher de monde en monde. »

Et l’un d’eux commença : « Chacun de nous, sans que tu jures, avec confiance attend ton bienfait, pourvu seulement que le pouvoir ne manque pas au vouloir : ce pourquoi, moi qui seul avant les autres parle, je te conjure, si jamais tu vois le pays situé entre la Romagne et celui de Charles, de m’être courtois, demandant que pour moi dans Fano bien l’on prie, afin que je sois purifié de mes graves offenses. De je fus, mais les profondes blessures par sortit le sang dans lequel l’âme siège, me furent faites chez les fils d’Antenor, je croyais être le plus en sûreté : me le fit faire un des Este, beaucoup plus irrité contre moi que ne le voulait le droit, mais si j’avais fui vers Mira lorsque je fus atteint à Oriaco, encore serais-je on respire. Je courus au marais, et les joncs et le bourbier m’embarrassèrent tellement que je tombai, je vis de mes veines faire à terre un lac. »

Puis un autre dit : « Ah ! si s’accomplit le désir qui t’attire vers le haut mont, par pitié aide le mien. Je fus de Montefeltro ; je suis Buonconte : ni Giovanna, ni aucun autre n’a souci de moi ; par quoi je vais parmi ceux-ci le front bas. « Et moi à lui : — Quelle force, ou quel hasard t’a égaré si loin de Campaldino, que jamais on ne connut ta sépulture ? « Oh ! répondit-il, au pied de Casentino coule une eau appelée l’Archiano, qui, au-dessus de l’Ermitage, a sa source dans l’Apennin. elle perd son nom j’arrivai, la gorge percée, fuyant à pied et ensanglantant la terre ; je perdis la vue, et le nom de Marie fut ma dernière parole, et je tombai, et seule resta ma chair. Je dirai le vrai, et redis-le parmi les vivants : l’ange de Dieu me prit, et celui de l’Enfer criait : « O toi du Ciel, pourquoi de lui me prives-tu ? De celui-ci tu emportes ce qui est éternel, à cause d’une petite larme qui me le ravit ; mais autre chose ferai-je du reste. Bien sais-tu comment dans l’air se rassemble l’humide vapeur qui retombe en eau, dès qu’elle monte ou le froid la saisit. Au méchant vouloir qui ne cherche que le mal, joignant l’intelligence, il agita la fumée et le vent par la puissance que lui donne sa nature. Ainsi quand le jour fut éteint, de Pratomagno au grand mont la vallée se couvrit de brouillard, et le ciel au-dessus devint si dense, que l’air saturé se convertit en eau : la pluie tomba, et dans les fossés regorgea ce que n’absorba point la terre ; et, lorsqu’elle se fut amassée dans les grandes rivières, si violemment vers le fleuve royal elle se précipita que rien ne la retint. L’impétueux Archiano trouva sur ses bords mon corps glacé, et dénoua la croix que de moi j’avais fait, quand me vainquit la douleur : il me tourna sur le côté, puis de ses rapines me recouvrit et me ceignit

Ah ! quand tu seras de retour dans le monde, reposé de ton long voyage, « dit, après le second, le troisième esprit, « souviens-toi de moi qui suis la Pia. Sienne me fit ; me défit la Maremme : le sait celui qui auparavant m’avait, en m’épousant, mis son anneau de gemme. »


Auteur : Nom de l'auteur

Titre en elko

Texte en elko


Traducteur : Nom du traducteur

Versions
Version 2016
Analyses
Analyse fréquentielleAnalyse syntaxique

Analyse de texte

Outils personnels