Le Purgatoire (La Divine Comédie) - Chant XXV

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Purgatoire - Chant XXV

Il]] était l’heure le monter ne souffrait point de retard, le Soleil ayant laissé dans le Taureau le cercle du méridien, et celui de la nuit dans le Scorpion.

Ainsi]], comme l’homme qui point ne s’arrête, mais suit son chemin, quoi qu’il lui apparaisse, si le besoin l’aiguillonne ; ainsi nous entrâmes dans le passage, l’un devant l’autre, prenant l’escalier, si étroit qu’il déparie ] ceux qui montent. Et telle que la jeune cigogne qui ouvre ses ailes par le désir de voler, puis les abaisse, et point ne se hasarde à quitter le nid ; tel étais-je, par un désir ardent de demander poussé jusqu’à l’acte de celui qui s’apprête à parler.

Quelque]] vite que fût l’aller, mon doux Père ne laissa pas de dire : — Décoche la flèche du dire, que tu as tirée jusqu’au fer.

Lors]], rassuré, j’ouvris la bouche, et commençai : — Comment peut-on maigrir ne sent pas le besoin de nourriture ? « Si tu te rappelais, dit-il, comment Méléagre ] se consuma à mesure que se consumait un tison, cela ne serait pas pour toi si abstrus. Et si tu pensais comment, vous mouvant, se meut dans le miroir votre image, ce qui te paraît difficile te paraîtrait aisé ]]]. Mais pour qu’en repos tu sois jusqu’au fond de ton vouloir, voici Stace : je lui demande et le prie d’être maintenant le médecin de tes plaies. — Si je dévoile à sa vue les choses éternelles tu es, «répondit Stace, « que m’excuse l’impuissance de te refuser. «Puis il commença : « Si ton esprit, mon fils, reçoit et garde mes paroles, elles te seront une lumière qui éclairera le comment dont tu t’enquiers. Le sang parfait ], qui jamais n’est bu par les veines altérées, et reste comme l’aliment qu’on enlève de table, prend dans le cœur une vertu informative de tous les membres humains qu’il doit produire en courant dans les veines. Plus épuré encore, il descend en un lieu qu’il est mieux de taire que de nommer ; et de ensuite il dégoutte sur un autre sang ], dans un vase naturel. Ensemble ils s’y mêlent, l’un passif, l’autre actif, à cause de la perfection du lieu d’ il est exprimé : et uni à celui-, il commence à agir, le coagulant d’abord, puis vivifiant ce qui, par sa matière, a pris de la consistance.

La]] vertu active devient une âme semblable à celle d’une plante, différente seulement en ce qu’elle est en voie, et l’autre déjà au rivage ]]]. Tant opère-t-elle ensuite, que déjà elle se meut et sent, comme une anémone marine ; puis elle se prend à organiser les puissances dont elle est la semence. Tantôt se replie ], tantôt se dilate, mon fils, la vertu qui provient du cœur du générateur, la nature veille au soin de tous les membres. Mais comment d’animal on devient enfant, tu ne le vois pas encore : c’est le point sur lequel a erré un plus savant que toi ; lequel, par sa doctrine, sépare de l’âme l’intellect possible, parce qu’il ne voit pas qu’il prenne aucun organe. Ouvre ton cœur à la vérité que tu vas entendre, et sache qu’aussitôt que du cerveau la structure est parfaite dans le fœtus, le premier moteur vers lui se tourne, et joyeux d’un si grand art de nature, y souffle un esprit nouveau plein de vertu, qui, attirant dans sa substance ce qu’il y trouve d’actif, devient une seule âme qui vit, et sent, et se réfléchit sur elle-même.

Et]] pour que moins t’étonne ce que je dis, considère la chaleur du Soleil, qui, jointe à l’humeur qui coule de la vigne, se fait vin.

Quand]] Lachésis n’a plus de lin, cette âme se dégage de la chair, et emporte avec elle en vertu et l’humain et le divin : les autres puissances toutes comme muettes ; la mémoire, l’intelligence et la volonté, plus actives de beaucoup qu’auparavant. Merveilleusement, sans s’arrêter, elle tombe d’elle-même sur l’une des rives ; aussitôt elle connaît ses sentiers ]]. Dès qu’en un lieu elle est circonscrite, la vertu informatrice rayonne autour, comme et autant que dans les membres vivants. Et comme l’air chargé de pluie, par les rayons qui s’y réfractent se teint de couleurs diverses, ainsi l’air voisin prend la forme qu’y imprime virtuellement l’âme qu’il enveloppe ; et, semblable à la flamme qui suit le feu, partout va l’esprit, le suit sa forme nouvelle. De est appelée ombre l’apparence qu’il revêt ; puis de cette sorte il organise chaque sens jusqu’à la vue : de cette sorte nous parlons, et de cette sorte nous rions ; de cette sorte se produisent en nous les larmes et les soupirs que tu peux avoir entendus sur le mont. Selon que nous affligent les désirs, ou les autres affections, l’âme se figure ; et ceci est la cause de ce qui t’étonne. «

Déjà]] nous étions arrivés le mont s’infléchit une dernière fois ; et nous avions tourné à main droite, et un autre souci nous préoccupait. le bord lance des flammes, et de la corniche s’élève un vent qui les repousse, et les éloigne d’elle. Par quoi, il nous fallait aller le long du côté ouvert, un à un ; et d’ici je craignais le feu, de je craignais de tomber.

Mon]] Guide disait : — En cet endroit il faut tenir aux yeux le frein serré, car l’erreur serait facile. « Summae Deus clementiae , «au sein de cette grande ardeur j’ouïs alors chanter ; ce qui me donna un désir non moindre de me tourner. Et je vis dans la flamme des esprits qui allaient et je regardais à leurs pas et aux miens, partageant la vue tour à tour entre l’un et l’autre.

Cette]] hymne finie, à haute voix ils criaient : « Virum non cognosco ; «puis à voix basse ils recommençaient l’hymne. Et de nouveau l’ayant finie, ils criaient : « Diane se tint dans le bois, et elle en chassa Elice, qui avait senti le poison de Vénus «Puis ils reprenaient le chant ; puis ils célébraient les femmes et les époux qui furent chastes, comme le commandent la vertu et le mariage. Et je crois qu’ainsi faire leur suffit, pendant tout le temps que le feu les brûle. Par un tel soin et par une telle pâture il convient que la dernière plaie se ferme.


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