Le Purgatoire (La Divine Comédie) - Chant XXXI

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Purgatoire - Chant XXXI

Tournant vers moi la pointe de son parler, dont le tranchant même m’avait paru poignant : « O toi qui es au delà du fleuve sacré, «poursuivit-elle sans retard, « dis, dis, si cela est vrai ; à une si grave accusation, il convient que ta confession se joigne."

J’étais tellement confus en moi-même, qu’essayant de parler, ma voix s’éteignit avant de passer mes lèvres.

Elle attendit un peu, puis elle dit : « Que penses-tu ? Réponds-moi. Les eaux n’ont pas encore effacé en toi les tristes souvenirs, «La honte et la peur, ensemble mêlées, poussèrent hors de ma bouche un « oui «tel, que, pour l’entendre, il fut besoin de la vue.

Comme l’arbalète trop tendue, quand part la détente, rompt la corde et l’arc, et avec moins de force le trait touche le but ; ainsi éclatai-je sous cette pesante charge, épanchant au dehors larmes et soupirs, et la voix s’arrêta au passage. D’ elle à moi : « A mes désirs, qui te conduisaient à l’amour du bien, au delà duquel il n’est rien à quoi l’on aspire, qu’as-tu trouvé qui s’opposât, quels fossés, quelles chaînes, pour quoi d’aller plus avant tu dusses ainsi renoncer à l’espérance ? Et quels charmes ou quels avantages t’ont montrés les autres, que, par eux, tu dusses être attiré ? «Après avoir poussé un soupir amer, à peine eus-je assez de voix pour répondre, et avec fatigue les lèvres la formèrent. Pleurant, je dis : — Les choses présentes avec leur faux plaisir, attirèrent mes pas, sitôt que se cacha votre visage. Et elle : « Si tu avais tu ou nié ce que tu confesses, la faute n’en serait pas moins connue : la sait le souverain Juge. Mais quand, de sa propre bouche, le pécheur s’accuse, en notre cour la roue tourne contre le tranchant. Mais pour que tu rougisses maintenant de ton erreur, et pour qu’une autre fois tu sois plus fort contre la voix de la Sirène, mets bas la semence de tes pleurs et écoute : tu entendras comment, dans la voie contraire devait te faire entrer ma chair ensevelie. Jamais la nature ou l’art ne t’offrit un plaisir égal à celui que te causait la vue des beaux membres dans lesquels je fus renfermée, et qui, dispersés, ne sont que terre. Et si, par ma mort, ce plaisir suprême te trompa, quelle chose mortelle devait désormais t’inspirer du désir !

Bien devais-tu, blessé une première fois par les choses trompeuses, t’élever plus haut derrière moi, qui n’était plus telle : point ne devais-tu abaisser tes ailes pour attendre d’autres coups, ou d’une jeune fille, ou de quelque autre vanité d’un si court usage.

Le petit oiseau, nouvellement éclos, attend deux ou trois fois ; mais à ceux emplumés déjà, en vain tend-on des rets, et lance-t-on des flèches."

Tels qu’écoutant, les enfants se tiennent, honteux et muets, les yeux à terre, se reconnaissant et se repentant ; tel me tenais-je, et elle me dit : « Puisque entendre seulement t’afflige, lève la barbe, et plus encore tu t’affligeras en regardant."

Avec moins de résistance ou notre vent, ou celui de la terre d’Iarbe déracine un chêne robuste, qu’à son commandement je ne levai le menton : et quand par la barbe elle désigna le visage, bien connus-je le venin de l’argument. Et lorsque ma face se releva, l’œil comprit que ces premières créatures avaient suspendu leur aspersion . Et mes yeux, encore peu assurés, virent Béatrice tournée vers l’animal qui est une seule personne en deux natures . Au delà du vert ruisseau , sous son voile, elle se vainquait elle-même, dans sa beauté présente, plus qu’autrefois ici les autres. tellement me piqua l’ortie du repentir, que de toutes les autres choses, celle qui me détourna le plus dans son amour, je la pris le plus en haine. Un remords si vif me déchira le cœur que je tombai vaincu ; et ce qu’alors je devins, le sait celle de qui en venait la cause. Puis, lorsqu’une vertu du dehors m’eut ranimé le cœur, je vis au-dessus de moi la Dame que j’avais trouvée seule ; elle disait : « Tiens-moi, tiens-moi ! «Elle m’avait amené dans le fleuve jusqu’à la gorge, et me tirant après elle dessus l’eau, elle allait légère comme une navette.

Quand je fus près de l’heureuse rive, Asperges me si doucement j’entendis chanter, que non-seulement le peindre, mais me le remémorer même je ne saurais. La belle dame ouvrit les bras, et m’embrassant la tête, me plongea il convenait que je busse l’eau : ensuite elle me retira, et tout humide m’introduisit dans la danse des quatre belles ; et chacune d’un bras m’enlaça. « Nymphes ici nous sommes, et dans le ciel nous sommes étoiles ; avant que Béatrice descendît du ciel, nous lui fûmes destinées pour servantes. Nous te mènerons devant ses yeux ; mais aiguiseront les tiens, pour qu’ils pénètrent dans la lumière qui en eux brille, les trois de l’autre côté , qui voient plus avant. «Ainsi chantant elles commencèrent : puis avec elles elles me menèrent à la poitrine du Griffon, Béatrice debout était tournée vers nous. Elles dirent : « N’épargne point les regards ; nous t’avons placé devant les émeraudes, dont jadis l’Amour tira les traits qui te blessèrent. «Mille désirs plus ardents que la flamme, lièrent mes yeux à ses yeux brillants, qui demeuraient fixés sur le Griffon .

Comme le soleil dans le miroir, ainsi l’animal double rayonnait dedans, offrant tantôt un aspect et tantôt un autre . Pense, lecteur, si je m’étonnais, voyant l’objet demeurer le même, et son image changer. Tandis que, pleine de stupeur et de joie, mon âme goûtait de cet aliment, qui, rassasiant de soi, de soi renouvelle la faim ; par leur démarche se montrant de la plus haute tribu , les trois autres s’avancèrent en chantant leur angélique carole. « Tourne, Béatrice, «chantaient-elles, « tourne tes yeux saints sur ton fidèle, qui pour te voir a fait tant de pas ! De grâce, accorde-nous de lui dévoiler ta face, pour qu’il contemple la seconde beauté que tu cèles. «

O splendeur de la vive lumière éternelle ! Qui, tant eût-il pâli sous les ombres du Parnasse, ou bu à ses fontaines ne paraîtrait impuissant d’esprit, s’il tentait de te peindre telle que tu apparus le ciel t’enveloppe d’harmonie et de fleurs, lorsqu’au grand jour tu te découvris ?


Auteur : Nom de l'auteur

Titre en elko

Texte en elko


Traducteur : Nom du traducteur

Versions
Version 2016
Analyses
Analyse fréquentielleAnalyse syntaxique

Analyse de texte

Outils personnels