Le conte du genévrier (deuxième partie)

De Elkodico.

Le conte du genévrier


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Le conte du genévrier

Et il mangea, mangea jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien, suçant tous les petits os, qu'il jetait à mesure sous la table. Mais la petite Marlène se leva et alla chercher dans le tiroir du bas de sa commode le plus joli foulard qu'elle avait, un beau foulard de soie, puis, quand son père eut quitté la table, elle revint ramasser tous les os et les osselets, qu'elle noua dans son foulard de soie pour les emporter dehors en pleurant à gros sanglots. Elle alla et déposa son petit fardeau dans le gazon, sous le genévrier ; et quand elle l'eut mis , soudain son coeur se sentit tout léger et elle ne pleura plus. Le genévrier se mit à bouger, écartant ses branches et les resserrant ensemble, puis les ouvrant de nouveau et les refermant comme quelqu'un qui manifeste sa joie à grands gestes des mains. Puis il y eut soudain comme un brouillard qui descendit de l'arbre jusqu'au sol, et au milieu de ce brouillard c'était comme du feu, et de ce feu sortit un oiseau splendide qui s'envola très haut dans les airs en chantant merveilleusement. Lorsque l'oiseau eut disparu dans le ciel, le genévrier redevint comme avant, mais le foulard avec les ossements n'était plus . La petite Marlène se sentit alors toute légère et heureuse, comme si son frère était vivant ; alors elle rentra toute joyeuse à la maison, se mit à table et mangea.

L'oiseau qui s'était envolé si haut redescendit se poser sur la maison d'un orfèvre, et il se mit à chanter :

Ma mère m'a tué ;

Mon père m'a mangé ;

Ma sœurette Marlène

A pris bien de la peine

Pour recueillir mes os jetés

Dessous la table, et les nouer

Dans son foulard de soie

Qu'elle a porté sous le genévrier.

Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

L'orfèvre était à son travail, dans son atelier, occupé à fabriquer une chaînette d'or ; mais lorsqu'il entendit l'oiseau qui chantait sur son toit, cela lui parut si beau, si beau qu'il se leva précipitamment, perdit une pantoufle sur son seuil et courut ainsi jusqu'au milieu de la rue, un pied chaussé, l'autre en chaussette, son grand tablier devant lui, tenant encore dans sa main droite ses pinces à sertir, et dans la gauche la chaînette d'or ; et le soleil brillait clair dans la rue. Alors il resta et regarda le bel oiseau auquel il dit :

- Oiseau, que tu sais bien chanter ! Comme c'est beau ! Chante-le-moi encore une fois, ton morceau !

- Non, dit l'oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien. Donne-moi la chaînette d'or, et je le chanterai encore.

- Tiens, prends la chaînette d'or, elle est à toi, dit l'orfèvre, et maintenant chante-moi encore une fois ton beau chant.

L'oiseau vint prendre la chaînette d'or avec sa patte droite, se mit en face de l'orfèvre et chanta :

Ma mère m'a tué ;

Mon père m'a mangé ;

Ma sœurette Marlène

A pris bien de la peine

Pour recueillir mes os jetés

Dessous la table, et les nouer

Dans son foulard de soie

Qu'elle a porté sous le genévrier.

Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Et aussitôt il s'envola pour aller se poser sur le toit de la maison d'un cordonnier, il chanta :

Ma mère m'a tué ;

Mon père m'a mangé ;

Ma sœurette Marlène

A pris bien de la peine

Pour recueillir mes os jetés

Dessous la table, et les nouer

Dans son foulard de soie

Qu'elle a porté sous le genévrier.

Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Le cordonnier entendit ce chant et courut en bras de chemise devant sa porte pour regarder sur son toit, et il dut mettre la main devant ses yeux pour ne pas être aveuglé par le soleil qui brillait si fort.

- Oiseau, lui dit-il, comme tu sais bien chanter !


Auteur : Jacob et Wilhelm Grimm

Titre en elko

Texte en attente de traduction


Traduction : Nom du traducteur

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