Le livre des commencements (paragraphe 7)

De Elkodico.

Le Mahâbhârata

I Le Livre des commencements • II Le Livre de l'assemblée • III Le Livre de la forêt • IV Le Livre de Virata • V Le Livre des préparatifs • VI Le Livre de Bhîsma • VII Le Livre de Drona • VIII Le Livre de Karna • IX Le Livre de Shalya • X Le Livre de l'attaque nocturne • XI Le Livre des femmes • XII Le Livre de l'apaisement • XIII Le Livre de l'enseignement • XIV Le Livre du sacrifice royal • XV Le Livre du séjour en forêt • XVI Le Livre des pilons • XVII Le Livre du grand départ • XVIII Le Livre de la montée au ciel

 
Le Livre des commencements

12345678910
111213141516171819

 

Le livre des commencements (paragraphe 7)

1.62. Histoire de Shakuntalâ. Éloge du roi Dusshanta.

1.63. Le roi Dusshanta part pour la chasse. Description de la chasse.

1.64. Dusshanta pénètre dans une ravissante forêt. Il arrive à un ermitage et y entre. Description de l’ermitage de Kanva.

1.65. Kanva est absent : sa fille, Shakuntalâ reçoit le roi. Dusshanta interroge Shakuntalâ. Elle raconte son histoire. Indra, effrayé des austérités de Vishvâmitra, envoie la nymphe Menakâ le séduire. Menakâ hésite : elle a peur d’une malédiction, mais elle obéira à Indra.

1.66. Menakâ séduit l’ascète Vishvâmitra. Ainsi naquit Shakuntalâ, abandonnée par sa mère dès sa naissance. Kanva la recueille.

1.67. Dusshanta séduit Shakuntalâ et l’épouse sur le mode des gandharva. Shakuntalâ lui fait promettre que son fils sera l’héritier direct du royaume. Dusshanta s’en va. Kanva, à son retour, approuve la conduite de Shakuntalâ.

1.68. Naissance du fils de Shakuntalâ au bout de trois années. Il grandit et fait l’admiration de tous. Kanva envoie Shakuntalâ et son fils chez Dusshanta pour réclamer leur droits. Shakuntalâ présente son fils à Dusshanta, mais celui-ci ne la reconnaît pas et la chasse. Indignation et reproches de Shakuntalâ. Éloge de l’épouse. Éloge de l’amour filial. Dusshanta persiste et se moque de Shakuntalâ.

1.69. Shakuntalâ rappelle ses devoirs à Dusshanta. Éloge de la vérité. Une voix céleste confirme les paroles de Shakuntalâ : cet enfant est bien son fils, qu’on l’appelle Bharata. Dusshanta accueille dignement Shakuntalâ et son fils, et fait de ce dernier le prince héritier. La gloire de Bharata.

1.70. Histoire de Yayâti. Résumé : Yayâti, un roi exemplaire, tombe soudain dans une vieillesse extrême. De ses cinq fils, seul le cadet Pûru accepte de prendre la vieillesse de son père. Il en est récompensé par l’accession à la royauté.

1.71. Les asura ont pour chapelain Kâvya Ushanas, qui a le pouvoir de rappeler les morts à la vie. Ainsi les dieux sont-ils désavantagés dans leur combat avec les asura. Ils envoient Kacha, le fils de Brihaspati, comme disciple chez Kâvya Ushanas pour percer son secret. Kacha conquiert l’affection de Kâvya et de sa fille Devayânî. Les asura, comprenant le projet de Kacha, le tuent. A la demande de Devayânî, Kâvya le ressuscite. Les asura le tuent à nouveau, et font avaler ses cendres à Kâvya, mêlées à de l’alcool. Kâvya ne peut le rappeler à la vie, Kacha le tuerait en sortant de son ventre !. Devayânî insiste. Kâvya n’a d’autre solution que de transmettre son pouvoir à Kacha, afin que celui-ci, après l’avoir tué en sortant de son ventre, puisse le ressusciter. Kâvya Ushanas interdit solennellement l’alcool aux brâhmanes. Après mille années, Kacha demande son congé à Kâvya.

1.72. Devayânî lui demande de l’épouser. Kacha refuse : elle est devenue sa soeur, puisqu’il a habité le ventre de son père. Devayânî le maudit : il ne pourra utiliser lui-même le pouvoir qu’il a acquis. Kacha la maudit : elle n’épousera pas un brâhmane. Kacha rejoint les dieux.

1.73. Les dieux se réjouissent. Indra, fort de ce nouveau pouvoir, part affronter les asura. En route, par jeu, il disperse les vêtements de jeunes filles qui se baignent. Et Sharmishtâ, la fille du roi des asura Vrishaparvan, prend par mégarde les vêtements de Devayânî. Dispute entre Devayânî et Sharmishtâ. Sharmishtâ fait tomber Devayânî dans un puits. Yayâti passe par , et prend la main de Devayânî pour la tirer du puits. Devayânî rapporte à son père les paroles injurieuses de Sharmishtâ à son égard.

1.74. Kâvya plaide le pardon. Devayânî refuse de continuer à habiter dans la maison de Sharmishtâ.

1.75. Kâvya annonce au roi Vrishaparvan qu’il va le quitter s’il n’apaise pas la colère de Devayânî. Vrishaparvan lui offre toutes ses richesses. Mais cela ne suffit pas : Devayânî exige que Sharmishtâ lui soit donnée comme esclave. Vrishaparvan accepte et Sharmishtâ, pour sauver les siens, devient l’esclave de Devayânî.

1.76. Un jour, Devayânî, Sharmishtâ et leurs compagnes se divertissent dans la forêt. Passe Yayâti, au cours d’une partie de chasse. Les présentations sont faites. Devayânî demande à Yayâti de l’épouser : il a déjà pris sa main !. Yayâti remontre la différence de caste : il ne veut pas encourir la malédiction du père de Devayânî. Celle-ci se fait forte d’obtenir le consentement de son père. Kâvya Ushanas donne sa fille à Yayâti. Il lui recommande de ne pas conduire Sharmishtâ dans son lit.

1.77. Yayâti regagne sa ville avec Devayânî. Il installe Sharmishtâ à l’écart. Il donne un fils à Devayânî. Sharmishtâ lui demande de lui permettre d’accomplir son devoir de femme et de lui donner également un fils. Yayâti cède, Sharmishtâ a un fils.

1.78. Devayânî demande qui est le père de cet enfant. Sharmishtâ répond que c’est un homme pieux. Devayânî a deux fils avec Yayâti, Yadu et Turvasu, Sharmishtâ trois, Dhruyu, Anu et Pûru. Un jour, Yayâti et Devayânî se promènent : ils rencontrent les enfants de Sharmishtâ. Devayânî demande qui est leur père, et ils montrent Yayâti. Devayânî, offensée, retourne chez son père, suivie par Yayâti. Kâvya maudit Yayâti et le condamne à une vieillesse immédiate. Yayâti plaide, mais la malédiction ne peut être reprise. Tout au plus pourra-t-il échanger sa vieillesse avec l’un de ses fils.

1.79. Yayâti essaye en vain de persuader ses fils l’un après l’autre, d’échanger leur jeunesse contre sa vieillesse, pour une période de mille ans, afin qu’il puisse encore jouir des plaisirs de la vie. Ils refusent et Yayâti écarte leur descendance du royaume. Le cadet, Pûru, accepte. Sa descendance régnera sur le royaume.

1.80. Yayâti redevient jeune, et règne et parcourt les domaines du plaisir. Au bout de mille ans, il rend sa jeunesse à son fils et lui donne le royaume. Les brâhmanes protestent : ce n’est pas l’aîné !. Yayâti explique que ses aînés lui ont désobéi : seul Pûru s’est montré un fils fidèle. Ainsi, le royaume lui revient de droit.

1.81. Yayâti se retire dans la forêt et se livre pendant mille ans à des austérités.

1.82. A sa mort, il monte au ciel il séjourne longtemps dans les différents paradis. A Indra qui l’interroge, il rapporte les conseils qu’il a donnés à son fils.

1.83. Mais Yayâti se vante de ses mérites. Indra le chasse du ciel. Yayâti demande de tomber parmi des hommes de bien. Ashtaka le voit tomber et lui demande qui il est.

1.84. Yayâti explique les raisons de sa chute. Il montre qu’il faut savoir être indifférent à son sort. Il raconte son séjour dans les différents paradis et sa chute.

1.85. Aux questions d’Ashtaka, Yayâti explique ce qui se passe après la chute et comment l’homme se réincarne. Il met Ashtaka en garde contre l’orgueil.

1.86. Yayâti expose les qualités requises aux quatre stades de la vie. Les différentes sortes d’ermites.

1.87. Les mérites du renonçant. Ashtaka offre à Yayâti les mondes célestes qui lui reviennent. Yayâti refuse : un roi n’accepte pas de cadeaux. Pratardana fait de même et Yayâti refuse.

1.88. Vasumanas offre à Yayâti les mondes qui lui reviennent contre un brin d’herbe. Yayâti refuse. Shibi offre à Yayâti les mondes qui lui reviennent. Yayâti refuse. Cinq chars d’or apparaissent. Ils y montent tous les cinq et gagnent le ciel. Le char de Shibi les dépasse tous : c’est normal, c’est le plus généreux. Yayâti se fait reconnaître de ses petits-fils.

1.89. Généalogie des Pândava de Pûru à Samvarana. Durant le règne de Samvarana de nombreux désastres se produisent. Attaqué par ses ennemis, Samvarana fuit et se réfugie dans la forêt. Il prend Vasishtha comme chapelain et reconquiert son royaume. Généalogie de Samvarana à Shantanu.

1.90. Généalogie de Daksha à Shantanu. Résumé des événements récents. Naissance de Bhîshma et de Vyâsa, de Citrângada et de Vicitravîrya. Mort sans enfants de Citrângada et de Vicitravîrya. On fait appel à Vyâsa qui engendre Pându, Dhritarâshtra et Vidura. Dhritarâshtra épouse Gândhârî et en a cent fils. Pându a deux femmes, Kuntî et Mâdrî. Pându, en chassant, tue un couple de gazelles qui s’accouplaient. Maudit par elles, il mourra s’il s’unit à une femme. Kuntî, à la demande de Pându, lui procure trois fils : Yudhishthira avec Dharma, Bhîma avec Vayu et Arjuna avec Indra. Mâdrî lui procure deux fils, Nakula et Sahadeva, avec les Ashvin. Pându veut coucher avec Mâdrî et tombe mort. Mâdrî monte sur son bûcher funéraire. Descendance des Pândava jusqu’aux petits-fils de Janamejaya.

1.91. Histoire de Mahâbhisha et naissance de Bhîshma. Mahâbhisha, un roi de la lignée d’Ikshvâku, est monté au ciel. Gangâ vient saluer Brahmâ, quand le vent soulève sa jupe. Tout le monde détourne le regard, sauf Mahâbhisha. Brahmâ le condamne à retourner sur terre : il choisit Pratîpa pour père. Gangâ rencontre les Vasu, abattus : ils ont été maudits par Vasishtha, condamnés à renaître dans une matrice humaine. Ils demandent à Gangâ d’être leur mère et de les enfanter avec Shantanu, le futur fils de Pratîpa. Elle devra les jeter dans l’eau au fur et à mesure qu’ils naîtront, afin qu’ils ne restent pas trop longtemps sur terre. Gangâ demande qu’un fils au moins puisse être épargné pour Shantanu. Ils acceptent à condition que ce fils reste sans enfant.

1.92. Pratîpa fait ses dévotions au bord de la Gangâ. Gangâ prend forme humaine, s’assied sur sa cuisse droite, se présente comme une créature céleste et lui demande de l’aimer. Pratîpa refuse : la cuisse droite est la place d’une belle-fille, pas celle d’une maîtresse. Elle épousera donc son fils à naître. Gangâ accepte, mais ce fils ne devra pas connaître son origine, ni poser de questions sur ce qu’elle fera. Naissance de Shantanu, réincarnation de Mahâbhisha. Pratîpa lui annonce qu’une créature céleste viendra l’aimer. Shantanu devient roi. Un jour, en chassant sur les bords de la Gangâ, il voit une créature splendide et en tombe amoureux. Celle-ci accepte d’être à lui, à condition qu’il ne pose aucune question sur qui elle est ni sur ce qu’elle pourrait faire et qu’il ne proteste pas. Ainsi Gangâ devient la femme de Shantanu, et c’est la passion entre eux. Elle a sept fils, et jette chacun d’eux à sa naissance dans la Gangâ en disant "Je te fais une faveur". Shantanu, lié par sa promesse, n’ose rien demander. A la naissance du huitième, Shantanu proteste : "Ne le tue pas !". Gangâ lui dit qu’il pourra garder ce fils, mais qu’elle devra le quitter : il a rompu le pacte. Elle lui explique pourquoi elle faisait cela.

1.93. La malédiction des Vasu. Vasishtha avait obtenu Surabhî, la vache qui exauce les désirs, comme vache sacrificielle. La femme du Vasu Dyaus, un jour, aperçoit Surabhî, et la réclame pour son amie Jitavatî, la fille du roi Ushînara. Dyaus vole la vache. Vasishtha maudit les Vasu et les condamne à renaître sous forme humaine. Les Vasu plaident avec Vasishtha, qui tempère sa malédiction : les Vasu auront une malédiction de courte durée, sauf Dyaus, qui vivra longtemps parmi les hommes et ne connaîtra pas de femme. Gangâ avait accepté d’être la mère des Vasu réincarnés, et d’abréger leur existence mortelle en les jetant dans l’eau à leur naissance. Gangâ disparaît en emmenant son fils.

1.94. Éloge de Shantanu. Un jour, Shantanu s’étonne de voir que les eaux de la Gangâ sont particulièrement basses. Il voit un jeune homme qui arrête les eaux avec les flèches de son arc. Le roi ne reconnaît pas son fils, qui disparaît. Gangâ se montre à lui avec Bhîshma, et le lui fait reconnaître comme son fils. Shantanu ramène Bhîshma dans sa ville et le nomme prince héritier. Le renoncement de Bhîshma. Shantanu, un jour, voit une jeune fille au parfum extraordinaire : il en tombe amoureux, et la demande à son père, le roi des pêcheurs. Celui-ci pose une condition : que le fils qui naîtra d’elle soit roi et que personne d’autre n’hérite du royaume. Shantanu refuse mais perd goût à l’existence. Interrogé par Bhîshma sur les raisons de sa tristesse, il répond qu’il s’inquiète de n’avoir qu’un seul fils. Un ministre rapporte à Bhîshma les conditions posées par le roi des pêcheurs. Bhîshma va le trouver, et accepte que le fils à naître de Satyavatî soit roi à sa place. Le roi des pêcheurs argue que les fils de Bhîshma pourraient ne pas tenir sa promesse, et Bhîshma fait voeu de chasteté. Il ramène Satyavatî à Hâstinapura.

1.95. Shantanu a deux fils avec Satyavatî, Citrângada et Vicitravîrya. A la mort de Shantanu, Bhîshma installe Citrângada roi. Celui-ci se bat pendant trois ans avec son homonyme, le gandharva Citrângada, qui le tue. Vicitravîrya est installé sur le trône encore enfant, sous la régence de Bhîshma.

1.96. Les filles du roi de Kâshi, Ambâ, Ambikâ et Ambâlikâ ont réuni les rois pour se choisir un époux. Bhîshma s’y rend et déclare qu’il va les enlever toutes les trois : que les rois s’y opposent !. Il les charge dans son char et s’en va. Les rois le poursuivent et engagent la bataille, mais ils sont défaits. Shâlva défie Bhîshma. Combat entre Bhîshma et Shâlva. Bhîshma tue les chevaux et le cocher de Shâlva, et lui laisse la vie sauve. Bhîshma donne les trois princesses de Kâshi à son frère pour qu’il les épouse. Ambâ lui révèle qu’elle aime Shâlva et est aimée de lui : c’est lui qu’elle devait choisir. Bhîshma la laisse partir. Ambikâ et Ambâlikâ épousent Vicitravîrya. Peu de temps après, celui-ci meurt d’épuisement.

1.97. Satyavatî demande à Bhîshma d’assurer la descendance de son frère et de donner des enfants à ses épouses. Mais Bhîshma ne peut renoncer à son voeu de chasteté.

1.98. Bhîshma explique que les épouses des kshatriya se sont tournées vers les brâhmanes pour avoir des enfants, après que Râma les a tous exterminés. Il raconte l’Histoire de Dîrghatamas. Le rishi Utathya a une ravissante épouse, Mamatâ, dont son frère Brihaspati est amoureux. Alors qu’elle est enceinte, Brihaspati la séduit, mais l’enfant dans son sein lui dit : "Ta semence a été versée en vain, la place est prise !". Brihaspati le maudit et le condamne à de longues ténèbres, d’ son nom : Dîrghatamas. Dîrghatamas a des enfants, qui, quand il devient vieux, l’abandonnent sur un tronc au milieu de la Gangâ. Il est recueilli par le roi Balin, sans descendance, qui lui demande de lui procurer des enfants avec son épouse Sudeshnâ. Mais celle-ci, le trouvant vieux et aveugle, lui envoie sa servante, dont il a onze enfants. Balin réclame ces enfants, mais Dîrghatamas lui explique que ce ne sont pas les fils de Sudeshnâ, mais ceux d’une servante. Balin envoie encore Sudeshnâ trouver Dîrghatamas, et, cette fois-ci, elle aura un fils, le prince Anga. Ainsi les brâhmanes peuvent donner des fils aux kshatriya.

1.99. Naissance de Dhritarâshtra et de Pându. Satyavatî révèle à Bhîshma comment elle a eu un fils, Vyâsa, avec l’ascète Parâshara. Celui-ci peut assurer la descendance de Vicitravîrya, c’est aussi un demi-frère de Vicitravîrya. Bhîshma approuve. Vyâsa, sentant que sa mère a besoin de lui, arrive. Satyavatî lui explique ce qu’elle attend de lui. Vyâsa accepte de donner des fils à son demi-frère et demande qu’Ambikâ et Ambâlikâ se soumettent à une préparation d’un an. Mais Satyavatî est pressée et demande à Vyâsa de le faire sur le champ. Satyavatî persuade les reines d’accepter.

1.100. Vyâsa s’approche d’Ambikâ, mais celle-ci ne peut supporter sa vue et ferme les yeux. Vyâsa annonce à Satyavatî que le fils qui naîtra, Dhritarâshtra, sera aveugle. Celle-ci se désespère : un aveugle ne peut être roi!. Elle prie Vyâsa de donner un fils à Ambâlikâ. Celle-ci pâlit à sa vue. Vyâsa annonce que le fils qui naîtra, Pându, sera albinos. Satyavatî demande à Ambikâ de recevoir Vyâsa à nouveau, mais celle-ci envoie une servante à sa place. Et ainsi, naît Vidura, réincarnation de Dharma maudit par Mândavya.

1.101. Histoire de Mândavya. Mândavya est un ascète adonné à des austérités farouches. Un jour, des voleurs, poursuivis par les soldats du roi, se cachent dans son ermitage. Les soldats interrogent Mândavya qui ne répond rien. Aussi, quand les soldats trouvent les voleurs et leur butin, ils pensent que Mândavya est leur complice. Le roi le condamne à être empalé. Mândavya reste en vie. Le roi apprend que Mândavya est un ascète renommé et le fait désempaler, mais il est impossible de retirer le pal. On le coupe donc de façon qu’il ne dépasse pas, et Mândavya part ainsi. Il va trouver Dharma et lui demande pour quelle faute il a été puni : pour avoir enfoncé une paille dans une mouche quand il était enfant !. Mândavya trouve le châtiment disproportionné à la faute, et maudit Dharma : il se réincarnera sous forme humaine.

1.102. Le royaume des Kuru prospère sous la conduite de Bhîshma. Pându devient roi.

1.103. La prise de bandeau de Gândhârî. Bhîshma obtient la main de Gândhârî, la fille de Subala, pour Dhritarâshtra. Celle-ci, apprenant que Dhritarâshtra est aveugle, met un bandeau sur ses yeux, qu’elle jure de ne jamais enlever.

1.104. Naissance de Karna. Kuntî, la fille de Shûra, est confiée au roi Kuntibhoja. Elle accueille avec perfection l’irascible ascète Durvâsas, qui lui accorde un voeu : elle pourra, à sa guise, avoir un fils du dieu qu’elle invoquera. Kuntî, par curiosité, invoque le soleil, qui lui donne un fils, Karna, et restaure sa virginité. Kuntî abandonne Karna, qui est recueilli par le sûta Adhiratha. Karna était avec cuirasse et boucles d’oreilles. Un jour, Indra, déguisé en brâhmane, les lui réclame : Karna n’hésite pas et se les arrache du corps pour les lui donner. Indra lui donne une épée qui tuera celui contre lequel il la lancera, quelqu’il soit.

1.105. Pându épouse Kuntî. Il épouse aussi Mâdrî, fille du roi des Madra. Pându défait les rois voisins, les autres se soumettent, il agrandit le royaume et accumule le butin et les tributs. Il est reçu triomphalement à Hâstinapura.

1.106. Le butin est partagé entre Bhîshma, Vidura, Satyavatî et sa mère. Puis il part chasser dans la forêt. Vidura épouse la fille de Devaka.

1.107. Naissance des fils de Dhritarâshtra. Vyâsa avait accordé à Gândhârî d’avoir cent fils. Elle porte ses enfants pendant deux ans, puis met à grand peine au monde une boule de chair informe. Elle se prépare à la jeter, mais Vyâsa intervient : qu’elle l’arrose d’eau froide. La boule de chair se sépare alors en cent parties que l’on place dans des pots de terre remplis de beurre clarifié, et que l’on brisera en temps utile. Dhritarâshtra précise que c’est le fils de Pându qui sera roi. A la naissance du premier fils, Duryodhana, des présages affreux se font entendre. Vidura conseille de l’abandonner, pour le salut de la dynastie, mais Dhritarâshtra refuse. En un mois, naissent les cent fils de Dhritarâshtra, et une fille, Dusshalâ. Naissance de Yuyutsu, fils de Dhritarâshtra et d’une servante.

1.108. Nom des cent fils de Dhritarâshtra.

1.109. Malédiction de Pându et naissance des Pândava. Pându tue à la chasse un daim en train de s’accoupler. Le daim est un ermite déguisé, il blâme Pându de n’avoir pas attendu la fin de l’accouplement et le maudit : il trouvera la mort s’il s’accouple avec une femme. Et la femme avec qui il s’accouplera le suivra sur le bûcher funéraire.

1.110. Pându renonce au trône, se retire dans la forêt, et précise son programme d’austérités. Kuntî et Mâdrî le suivent. Pându erre de place en place en remontant vers le nord.

1.111. Des ermites le dissuadent de remonter plus au nord, les femmes ne pourraient suivre. Pându veut continuer, il a conscience de son indignité car il n’a pas d’enfants, ses ancêtres resteront sans descendance et il ne pourra gagner le ciel. Les ermites lui assurent qu’il aura des fils. Pându s’en ouvre à Kuntî. Il passe en revue les douze sortes de fils, six légitimes, six illégitimes. Il raconte l’Histoire de Shâradandâyinî. Cette femme noble, pour procurer un fils à son époux, se tenait à un carrefour et choisissait un brâhmane de passage. Elle a ainsi eu trois fils. Que Kuntî en fasse autant.

1.112. Kuntî proteste. Elle lui raconte l’Histoire de Vyushitâshva. C’est un roi remarquable, il a vaincu tous les rois de la terre et offert un sacrifice du cheval. Fou d’amour pour sa femme Bhadrâ Kâkshivatî, il meurt d’épuisement. Bhadrâ, sans enfants, se désespère et invoque son mari défunt. La voix de son mari lui enjoint de se préparer à le recevoir : il lui donnera un fils !. Elle lui obéit et ainsi elle met au monde sept fils. Pându peut en faire autant, par la force de son ascèse.

1.113. Histoire de Shvetaketu. Autrefois, lui répond Pându, les femmes allaient à leur guise, et prenaient leur plaisir comme elles voulaient. Shvetaketu est un ermite, fils d’Uddâlaka. Un jour, devant lui, un brâhmane prend la main de sa mère et lui dit : "Allons". Shvetaketu est indigné, mais son père le calme : c’est la loi, les femmes sont libres, comme le sont les vaches. Shvetaketu n’est pas d’accord, et promulgue la nouvelle loi, que l’on suit aujourd’hui : une femme infidèle à son époux encourt la même peine que pour un avortement, de même un homme qui séduit une femme mariée ou une femme qui refuse d’avoir un enfant quand son mari le lui demande. Le roi Kalmâshapâda a eu un fils de Vasishtha, et lui-même est de Vyâsa. Il supplie Kuntî de lui obéir et d’avoir pour lui un fils avec un brâhmane. Kuntî lui révèle le voeu que lui a accordé Durvâsas : elle peut invoquer un dieu à sa guise et avoir un enfant de lui. Pându lui demande d’invoquer Dharma.

1.114. Elle invoque Dharma, et en a un fils, Yudhishthira. Une voix lui annonce que son fils sera un roi irréprochable. Puis, à la demande de Pându qui veut un fils fort, elle invoque Vayu et en a Bhîma. La voix proclame : "Il sera fort parmi les forts". Et de fait, peu de temps après sa naissance, Bhîma, en tombant, fracasse une montagne. Duryodhana naît le même jour que Bhîma. Pându pense à Indra, pour obtenir un fils supérieur, demande à Kuntî de se purifier durant une année, et se livre lui-même a des austérités terribles. Indra lui promet de lui donner un fils qui détruira tous ses ennemis. Kuntî invoque alors Indra et en a Arjuna. La voix annonce les exploits futurs d’Arjuna. Les dieux, les rishi, les gandharva, les apsaras (Liste de 35 Apsaras), les serpents se réjouissent et lui rendent hommage. Pându veut d’autres fils, mais Kuntî estime que trois suffisent.

1.115. Mâdrî demande à Pându de persuader Kuntî de la faire profiter de son voeu de façon qu’elle puisse aussi avoir des enfants. Pându le demande à Kuntî, qui assiste Mâdrî. Celle-ci fait appel aux Ashvin et en a deux jumeaux, Nakula et Sahadeva. Pându demande de nouveau à Kuntî de laisser Mâdrî avoir un fils. Kuntî refuse : elle avait dit : "pour cette fois" et Mâdrî en a profité pour avoir des jumeaux !

1.116. Au printemps, Pându, seul dans la forêt avec Mâdrî, ne peut résister à sa beauté et la prend, malgré ses objurgations. Il meurt. Kuntî fait à Mâdrî des reproches mêlés d’envie. Mâdrî confie ses enfants à Kuntî : elle monte sur le bûcher funéraire de Pându.

1.117. Les ermites accompagnent Kuntî et les enfants à Hâstinapura, avec les corps de Pându et de Mâdrî. Toute la ville sort pour les accueillir. Un des ermite présente les Pândava à Bhîshma, à Vidura et à Dhritarâshtra, explique leur naissance et raconte la mort de Pându. Il demande que les rites funéraires soient accomplis pour Pându et Mâdrî. Puis les ermites disparaissent soudainement, à l’étonnement général.

1.118. Dhritarâshtra ordonne des funérailles solennelles pour Pându. Description des cérémonies.

1.119. Cérémonie du shrâddha. Vyâsa annonce des temps troublés. Satyavatî se retire dans la forêt avec Ambikâ et Ambâlikâ. Elles se livrent toutes trois à des austérités sévères, et meurent, quand leur temps est venu. Les Pândava sont élevés avec leurs cousins. Bhîma fait des tas de misères à ses cousins en jouant avec eux : il est si fort !. Duryodhana décide de noyer Bhîma. Il profite de son sommeil au bord de la Gangâ, l’enchaîne et le jette à l’eau. Bhîma rompt ses chaînes et sort de l’eau. Une autre fois, Duryodhana fait mordre Bhîma endormi par des cobras. Mais les crocs des serpents n’arrivent pas à percer la peau de Bhîma. Bhîma se réveille, et tue les serpents. Duryodhana verse un poison violent dans la nourriture de Bhîma, mais Bhîma est tellement coriace que le poison est sans effet. Duryodhana, Karna et Shakuni font ainsi plusieurs tentatives, sans succès. Sur les conseils de Vidura, les Pândava ne disent rien. Dhritarâshtra engage Kripa comme précepteur.

1.120. Histoire de Kripa. Le fils du brâhmane Gautama, Sharadvat, est flèches en mains. De fait il s’intéresse plus aux armes qu’au veda. Indra, inquiet des pouvoirs de Sharadvat, envoie l’apsaras Jâlapadî le séduire. Sharadvat est émerveillé, laisse tomber arc et flèches, mais il résiste à la tentation et se sauve. Sa semence s’échappe, sans qu’il s’en aperçoive, et tombe sur un roseau elle se divise en deux : ainsi naîtront les jumeaux Kripa et Kripî. Shantanu, en chassant, trouve les jumeaux et les adopte. Sharadvat les retrouve, fait connaître leur origine au roi, et enseigne à Kripa le métier des armes. Ainsi Kripa, à son tour, enseigne le métier des armes aux Pândava, aux Kaurava et aux Vrishni et à d’autres.

1.121. Histoire de Drona. Le brâhmane Bharadvâja aperçoit l’apsaras Ghritâcî en train de se baigner. Sa semence s’échappe et il la recueille dans un baquet. Ainsi naîtra Drona. Drona étudie chez Agniveshya qui lui transmet l’arme d’Agni. Prishata, ami de Bharadvâja, a un fils, Drupada, qui devient ami de Drona. Drona épouse Kripî et a un fils, Ashvatthâman. Drona va trouver Râma et obtient de lui ses armes et tous les secrets et formules concernant les armes.

1.122. Drona va trouver Drupada et l’appelle "mon ami". Drupada le rabroue : un roi n’a pas n’importe qui pour ami, surtout pas un brâhmane pauvre. Drona est furieux, mais ne dit rien. Il va à Hâstinapura et rencontre les princes qui jouaient au palet : le palet tombe dans un puits et ils n’arrivent pas à l’en retirer. Drona se moque d’eux : il perce le palet d’une flèche, puis la flèche d’une autre flèche et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il n’ait plus qu’à retirer le tout. Les princes, émerveillés, ne savent comment le remercier : il leur demande de parler de lui à Bhîshma. Bhîshma fait venir Drona et l’interroge. Drona raconte ses déboires avec Drupada. Bhîshma l’engage comme maître d’armes. Drona demande à ses élèves de lui promettre de l’aider à réaliser son dessein secret, quand ils auront maîtrisé la science des armes : seul Arjuna promet. Drona les enseigne, ainsi que Karna et d’autres princes venus des royaumes voisins.

1.123. Arjuna est en train de manger quand le vent éteint sa lampe : il continue à manger dans le noir, sans difficulté. Comprenant ainsi l’aide que donne la pratique, il s’entraîne à tirer à l’arc de nuit. Drona le félicite et lui promet d’en faire un archer insurpassable. Il entraîne les princes à toutes sortes de combat. Histoire d’Ekalavya. Ekalavya, prince des Nishâda demande à être enseigné par Drona, mais celui-ci refuse (les Nishâda sont ennemis des Kaurava). Ekalavya façonne une statue d’argile à l’image de Drona, qu’il traite comme un maître, s’entraîne avec foi et discipline et acquiert ainsi la maîtrise des armes. Un jour les princes vont chasser. Leur chien découvre Ekalavya et se met à aboyer. Ekalavya lui tire sept flèches d’un seul coup dans la gueule. Lorsque les Pândava voient ce coup de maître, ils vont trouver Ekalavya qui se présente comme un élève de Drona. Arjuna rappelle à Drona sa promesse d’en faire un archer insurpassable : et pourtant Ekalavya semble l’emporter sur lui !. Drona et Arjuna vont trouver Ekalavya : celui-ci se déclare élève de Drona. Drona alors réclame ses honoraires : qu’Ekalavya lui donne son pouce droit. Ce qu’il fait sans hésiter, mais il cesse d’être un archer incomparable. Duryodhana supporte difficilement l’excellence de Bhîma et d’Arjuna. Le concours de tir. Drona organise un concours : il place un oiseau dans un arbre, et les fait viser tout à tour. Il les interroge sur ce qu’ils voient en visant. Tous répondent qu’ils voient la cible, et l’arbre, et les autres. Drona les écarte. Seul Arjuna ne voit que la tête de l’oiseau. Tire, lui dit Drona, et l’oiseau tombe, la tête coupée. Un autre jour, Drona prend un bain et est attaqué par un crocodile. Délivrez-moi, dit-il à ses élèves. Arjuna tue le crocodile de ses flèches avant que les autres aient eu le temps de réagir. Drona donne à Arjuna l’arme "Tête de Brahmâ" et la manière de s’en servir : il ne doit jamais l’utiliser contre un homme, elle brûlerait le monde.


Auteur : Nom de l'auteur

Titre en elko

Texte en elko


Traducteur : Nom du traducteur

Versions
Version 2017
Analyses
Analyse fréquentielleAnalyse syntaxique
Le Mahâbhârata









  • Livre VIII : 73


  • Livre X : 7879



  • Livre XIII : 8990

  • Livre XIV : 9192


  • Livre XVI : 96

  • Livre XVII : 97

  • Livre XVIII : 98

 

Analyse de texte

Outils personnels