Le poêle en fonte (première partie)

De Elkodico.

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Le poêle en fonte
1ère partie - 2ème partie
 

Le poêle en fonte

Au temps l'on pratiquait encore la magie, une vieille sorcière ensorcela un prince royal et l'obligea à vivre dans un immense poêle en fonte situé en pleine forêt. Le prince y resta de nombreuses années car personne ne savait le délivrer. Un jour, une princesse s'égara dans la forêt et ne savait pas comment retourner chez elle. Elle erra pendant neuf jours entre les arbres touffus et arriva finalement au poêle en fonte. Elle entendit alors une voix lui demander :

- D' viens-tu ? veux-tu aller ?

- Je me suis égarée et je ne sais pas comment rentrer chez moi.

Et la voix du poêle dit :

- Je t'aiderai et tu pourras vite rentrer chez toi, si tu me promets de faire ce que je te demanderai. Moi aussi je suis un prince et encore plus noble que toi, et je voudrais t'épouser.

La fille royale s'affola.

- Mon Dieu, que ferais-je avec un poêle en fonte ? pensa-t-elle, mais souhaitant par-dessus tout rentrer vite chez elle, elle promit au poêle de faire tout ce qu'il lui demanderait.

Et la voix dit :

- Tu reviendras ici avec un couteau et tu creuseras un trou dans la fonte.

Et un guide apparut et la reconduisit chez elle, sans prononcer un mot.

Au château, tout le monde se réjouit du retour de la princesse. Le vieux roi se jeta à son cou et l'embrassa avec effusion. Sa fille fut néanmoins très troublée et elle dit d'une voix triste :

- Oh, mon cher père, si tu savais ce que j'ai endurer ! Je n'aurais jamais réussi à sortir de cette forêt profonde et épaisse si je n'étais pas arrivée à un poêle en fonte qui m'a aidée. En revanche, j'ai m'engager à revenir auprès de lui pour le libérer et l'épouser.

Le vieux roi faillit s'évanouir. Il fut effondré d'autant plus qu'il s'agissait de sa fille unique. Finalement, ils décidèrent d'envoyer dans la forêt la fille du meunier à la place de la princesse. Ils l'accompagnèrent jusqu'à la lisière de la forêt, lui donnèrent un couteau et lui demandèrent de creuser un trou dans le poêle.

Elle creusa sans relâche pendant vingt-quatre heures mais sans aucun effet. À l'aube on entendit depuis le poêle en fonte :

- Il me semble que le jour s'est levé.

- J'ai la même l'impression, répondit la jeune fille. Je crois entendre tourner le moulin de mon père.

- Ah, tu es donc la fille du meunier ! Tâche de rentrer d' tu es venue et envoie-moi la princesse !

La jeune fille partit et dit au roi que ce n'était pas elle qu'on voulait dans la forêt, que c'était la princesse qu'on y attendait.

Le vieux roi eut peur et la princesse commença à pleurer. Mais il y avait encore une autre jeune fille au château, la fille du porcher, et elle était encore plus belle que la fille du meunier. Ils décidèrent donc de lui donner un peu d'argent pour qu'elle aille dans la forêt à la place de la princesse. Ils l'accompagnèrent jusqu'à la forêt puis, pendant vingt-quatre heures, elle creusa la fonte sans relâche. Mais elle ne réussit à gratter le moindre fragment.

À l'aube, elle entendit la voix du poêle :

- Il me semble que le jour s'est levé.

Et la jeune fille répondit :

- Il me semble aussi, j'ai l'impression d'entendre le cor de mon père.

- Ah, tu es donc la fille du porcher ! Va-t'en tout de suite et envoie-moi la princesse ! Et dis-lui que si elle ne vient pas, tout se passera comme je l'ai promis. Le royaume tout entier sera détruit, et il ne restera pas une seule pierre debout.

La princesse écouta les larmes aux yeux, mais il ne servait à rien de se lamenter.

Elle fit donc ses adieux à son père, prit un couteau et se dirigea vers le poêle en fonte au fond de la forêt. Une fois sur place, elle se mit à gratter et la fonte semblait fondre d'elle-même sous ses mains. Et deux petites heures plus tard, elle avait déjà réussi à creuser un petit trou. Elle regarda alors dans le poêle et y vit un beau jeune homme vêtu d'un costume brillant, brodé d'or et serti de pierres précieuses. Il lui plaisait vraiment et son cœur s'enflamma pour lui. Elle continua à creuser jusqu'à ce que le trou soit suffisamment large pour que le prince puisse sortir. Il dit alors :

- Tu m'appartiens et je t'appartiens. Tu es ma fiancée, car tu m'as sauvé.

Et il voulut l'emmener dans son royaume sur-le-champ, mais la princesse souhaita revoir son vieux père. Le prince ne s'y opposa pas, mais lui demanda de ne pas dire plus de trois mots à son père et de le rejoindre ensuite sans tarder.

La princesse rentra chez elle - mais elle prononça plus de trois mots. Et le poêle en fonte disparut, s'envola loin par-dessus les monts en verre et les épées tranchantes, mais le prince n'était plus à l'intérieur il était libéré.

La princesse fit ses adieux à son père, prit un peu d'argent pour la route et alla retrouver le prince dans la forêt. Mais elle ne le trouva pas. Elle le chercha pendant neuf jours, et elle était épuisée et affamée, car elle ne savait pas comment se nourrir. À la tombée de la nuit, ayant peur des animaux sauvages, elle grimpa sur un petit arbre pour y passer la nuit. Et vers minuit, elle aperçut une faible lumière au loin.

« J'y trouverai peut-être de l'aide » se dit-elle.

Elle descendit de l'arbre et partit en direction de la lumière.

Elle arriva à une petite chaumière, vieille et voûtée, toute recouverte d'herbes.

« Ah, suis-je arrivée, pauvre de moi ? » soupira la princesse. Elle jeta un coup d'œil à l'intérieur, mais elle ne vit que des grenouilles, petites et grosses. Puis, elle aperçut aussi une belle table garnie, avec du vin et de la viande rôtie, et des assiettes et des coupes en argent. Elle prit donc son courage à deux mains et frappa à la porte. Et la grenouille Grassouillette coassa en réponse :


Dépêche-toi, grenouille verte,

Tellement grosse mais si alerte,

Hop et hop ! Va-t'en découvrir

Qui, notre maison, va accueillir.


Auteur : Jacob et Wilhelm Grimm

Titre en elko

Texte en elko


Traducteur : Nom du traducteur

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