Les verbes

De Elkodico.

Un verbe est un mot qui exprime une action ou un changement d'état. En elko, les verbes se reconnaissent facilement par leur suffixe systématique "- i", ils ne se déclinent pas, ne s'accordent pas et ne se conjuguent pas, en d'autres termes les verbes sont invariables.


Sommaire

Description

Les verbes sont donc des mots exprimant une action ou un changement d'état. Ils s'opposent ainsi aux noms qui désignent des objets ou des concepts, aux adjectifs qui qualifient les noms et aux adverbes qui informent sur la manière dont est exercée l'action.


milo coup → mili taper

Le suffixe -i

Les verbes prennent le suffixe -i provenant de la voyelle de corps de la clé DIW (activité). Il se place en fin de mot en se substituant au suffixe -o utilisé pour former les noms :


lambao œil → lambai voir


Il est à noter que lorsque le suffixe -i est placé après une voyelle il est prononcé très discrètement, et est souvent assimilé à un petit /j/, il est noté /i/ dans la prononciation phonétique. Par ailleurs, il n'est généralement pas compté dans la versification.

La flexion

Comme il l'était dit dans l'introduction, les verbes ne subissent aucune conjugaison ni aucune flexion. Cela facilite de ce fait considérablement l'apprentissage de l'elko. Les verbes conservent leur forme en -i dans toutes les circonstances. La personne est exprimée par les pronoms, le mode et le temps sont, quant à eux, exprimés au moyen d'auxiliaires.


peki trouver

  • Oro peki Je trouve
  • Oro bau peki j'ai trouvé

Sémantique

La sémantique s'intéresse au sens et à la signification des verbes. Et c'est là que cela se corse ! Autant l'utilisation des verbes ne pose pas de problème à un francophone, autant la traduction peut rapidement induire en erreur. En effet, l'elko se distingue du français par la catégorisation de ses verbes. De nombreux verbes français sont classés sous l'appellation verbes d'état et ne sont pas, en elko, considéré comme des verbes mais comme des adjectifs. Toutefois, ces adjectifs spéciaux sont placés dans le constituant verbal.

Rappelez-vous, les verbes sont décrits comme des mots qui indiquent une action ou un changement d'état. Or, dans des verbes comme "être, savoir, voir, entendre, penser, ..." aucune action ou aucun changement d'état n'est observé, c'est pourquoi c'est mots ne porteront pas le suffixe -i mais le suffixe -a. C'est ainsi que l'on distingue les verbes d'action (suffixe -i) et les verbes d'état (suffixe -a). De plus, les verbes d'action, que l'on nomme plus simplement "verbes" se divisent à leur tour en deux sous familles : les verbes actifs et les verbes passifs :

  • Les verbes actifs prennent le suffixe -ii toujours réduit à -i, ils indiquent que l'action est exercée par le sujet et pour l'objet.
  • Les verbes passifs prennent le suffixe -ai, ils indiquent que l'action est exercée par et pour le sujet.


TEB (étude)

  • teba connaître (aucune action, c'est un état)
  • tebai étudier, apprendre (l'action est faite par le sujet et pour lui-même)
  • tebiitebi enseigner (l'action est faite par le sujet mais il n'en est pas le bénéficiaire)

Les types de verbes

Comme nous venons de le voir, la grammaire de l'elko distingue deux oppositions verbales :

  • Les verbes dynamiques et les verbes statiques.
  • Les verbes actifs et les verbes passifs.

Les verbes dynamiques et les verbes statiques

Cette distinction n'est pertinente que dans cette grammaire franco-elkanne, car en elko, les verbes dynamiques sont simplement nommés "verbes" tandis que les verbes statiques sont rangés du côté des adjectifs. En effet un verbe comme rega ("penser") est considéré comme un état et non comme une action, il équivaut à "être pensif", l'action correspondante serait regi ("réfléchir").


Remarque : Utiliser le suffixe -i en place du suffixe -a est une erreur que font beaucoup de francophones. Cela demande un peu de réflexion au début, mais cela devient très vite un réflexe si l'on en comprend la logique.

Les verbes actifs et les verbes passifs

Les verbes actifs et les verbes passifs indiquent tous deux qu'ils font une action mais ce qui les différencie c'est le bénéficiaire de cette action. Les verbes actifs indiquent que le sujet exerce l'action sur quelqu'un ou quelque chose d'autre tandis que les verbes passifs indiquent que le sujet et non seulement celui qui exerce l'action mais également celui qui la subit (ou en bénéficie, tout dépend du verbe !).


WAM (aliment)

  • wam(i)i : nourrir (le sujet n'est pas le bénéficiaire)
  • wamai : manger (le sujet est le bénéficiaire)


Remarque : Le premier "i" est mis entre parenthèses car il suit la règle de

Résumé

Les verbes dynamiques

Les verbes dynamiques sont les verbes proprement dit. Il en existe deux sortes : les verbes actifs et les verbes passifs.


wami "nourrir"

Les verbes statiques

Les verbes statiques ne sont pas considérés comme des verbes en elko mais comme des adjectifs. Ils sont décrits dans cette page pour permettre la comparaison avec les verbes français. Les verbes d'état - tout comme les adjectifs - prennent le suffixe -a provenant de la voyelle de corps de la clé RAM (qualité). Les verbes statiques sont des mots qui ne décrivent pas une action mais un état : voir, savoir, être, rêver, penser, ... Par conséquent, ils ne prendront pas le suffixe -i mais le suffixe -a.


tora "(être) fort"


Placé avant un nom, le mot portant le suffixe -a se traduit par un adjectif, placé après, il se traduit par un verbe d'état, c'est-à-dire un adjectif précédé de l'auxiliaire "être".

Les verbes actifs

Lorsque le sujet exerce une action mais qu'il n'en est pas le bénéficiaire, le verbe qui l'accompagne est dit "actif".


Emeldo wami melzebo L’apiculteur nourrit les abeilles

Les verbes passifs

Lorsque le sujet est le bénéficiaire de l'action exprimée par le verbe, celui-ci est dit "passif".


Emeldo wamai melzebo L’apiculteur mange des abeilles


 


Les verbes transitifs

Les verbes transitifs sont des verbes qui sont accompagnés d'un complément. En elko, ces verbes prennent le suffixe -i.


loli " faire tomber (quelque chose)"

Les verbes intransitifs

Les verbes intransitifs sont des verbes qui ne sont accompagnés d'aucun complément. En elko, ces verbes prennent le suffixe -ai.


lolai "tomber"

Les verbes impersonnels

Les verbes impersonnels sont des verbes qui ne nécessitent l'emploi d'aucun pronom personnel. En français, on utilise généralement le pronom "il" mais en elko, aucun pronom n'est utilisé.


∅ lallai "il pleut"

les suffixes cumulés

Le triangle verbal

Grâce aux suffixes cumulés, il est possible de distinguer les verbes passifs des verbes actifs.

Le suffixe -ai : les verbes passifs

Le suffixe cumulé "-ai" est utilisé pour former les verbes passifs, c'est-à-dire les verbes où le sujet est bénéficiaire de l'action (ex: apprendre, ressentir, éprouver, aimer, ...). Il est également utilisé pour traduire la plupart des verbes réfléchis (se laver, se raser, s'affranchir, ...). Comme tous les suffixes cumulés, le suffixe "-ai" peut se réduire à "-i" dans un contexte clair.


tebai apprendre


Pour aider à la traduction, on peut se souvenir qu'un verbe passif peut se paraphraser par "devenir + adjectif" ou par "recevoir + nom". Ainsi kalai pour se traduire par "devenir beau" ou par "recevoir de la beauté". Ce procédé permet d'éviter des traductions abusives influencées par le français.

Le suffixe -ii : les verbes actifs

Le suffixe cumulé "-ii" est utilisé pour former les verbes actifs, c'est-à-dire les verbes décrivant une action où le sujet est acteur (faire, manger, taper, lire, ...). Comme tous les affixes composés de deux voyelles identiques (règle de simplification acrofixale), il faut n'en conserver qu'une seule : c'est la règle de simplification acrofixale. C'est pourquoi le suffixe -i sera privilégié sur son équivalent cumulé (-ii).


tebi enseigner


Pour aider à la traduction, on peut se souvenir qu'un verbe actif peut se paraphraser par "rendre + adjectif" ou par "donner + nom". Ainsi kali pour se traduire par "rendre beau" ou par "donner de la beauté". Ce procédé permet d'éviter des traductions abusives influencées par le français.

Le suffixe -aa : Les verbes statiques

En revanche, les verbes statiques peuvent représenter une difficulté pour les apprenants francophones. En effet, les verbes d'état ne traduisent ni une action ni un changement d'état, dès lors, ils ne peuvent prendre le suffixe -i. Les verbes statiques prennent le suffixe -aa ; comme tous les affixes composés de deux voyelles identiques (règle de simplification acrofixale), il faut n'en conserver qu'une seule : c'est la règle de simplification acrofixale. C'est pourquoi le suffixe -a sera privilégié sur son équivalent cumulé (-aa).


teba savoir, connaître

Pour aider à la traduction, on peut se souvenir qu'un verbe d'état peut se paraphraser par "être + adjectif" ou par "avoir + nom". Ainsi kala pour se traduire par "être beau" ou par "avoir de la beauté". Ce procédé permet d'éviter des traductions abusives influencées par le français.

La conjugaison

La conjugaison elkanne est d'une simplicité extrême du fait de son caractère isolant, de l'absence de flexion. Maîtriser la conjusaison elkanne c'est revient à connaître les pronoms et les auxiliaires temporels.

Les pronoms

Étant donné que les verbes sont invariables, l'expression de la personne se fait au moyen des pronoms.

wami manger


Oro wami Je mange

Olo wami tu manges

Ogo wami Il, Elle, On mange

Iro wami Nous mangeons

Ilo wami Vous mangez

Igo wami Ils mangent

waki partir


Oro waki Je pars

Olo waki tu pars

Ogo waki Il, Elle, On part

Iro waki Nous partons

Ilo waki Vous partez

Igo waki Ils partent

kowi dire


Oro kowi Je dis

Olo kowi tu dis

Ogo kowi Il, Elle, On dit

Iro kowi Nous disons

Ilo kowi Vous dites

Igo kowi Ils disent

Les auxiliaires temporels

Étant donné que les verbes sont invariables, l'expression du temps se fait au moyen d'auxiliaires appelés auxiliaires temporels. En elko, il existe quatre auxiliaires temporels : wedu (passé), wodu (présent) et wudu (le futur) et wadu/wėdu (incertain). L'auxiliaire de l'intemporel est systématiquement omis, car il est considéré comme le temps par défaut. Lorsqu'il est employé c'est que l'on veut insister sur le fait que l'on ignore le moment exact où l'évènement s'est produit.


Oro wedu wami Je mangeais
Oro wodu wami Je mange
Oro wudu wami Je mangerai
Oro (powu) wami Je mange

Les modes

L'elko connaît quatre modes : l'indicatif, l'impératif, le subjonctif et le déclaratif. Il s'exprime au moyen des profixes.

Le déclaratif

Le déclaratif ou général est l'un des quatre modes utilisés en elko. Il énonce un fait général, il peut être réel ou non. Il s'oppose ainsi à l'indicatif qui est un mode énonçant des faits réels. Il ne trouve pas d'équivalent en français, c'est pourquoi il est souvent confondu avec l'indicatif.

Il s'exprime au moyen du profixe =w placé sur l'auxiliaire temporel.

  • L'intemporel général : aucun auxiliaire
  • Le passé général : wedu
  • Le présent général : wodu
  • Le futur général : wudu


Ego wudu waki ka dele Il partira ce soir

L'indicatif

L'indicatif est le mode le plus utilisé en elko. Il énonce un fait réel, réalisé ou non. Il s'oppose ainsi au conditionnel.

Il s'exprime au moyen du profixe =h placé sur l'auxiliaire temporel.

  • L'indicatif général[1] : pohu[2]
  • L'indicatif passé : hedu
  • L'indicatif présent : hodu
  • L'indicatif futur : hudu


Ero hedu wami Je mangeais

L'impératif

L'impératif est l'un des quatre modes utilisés en elko. Il énonce un ordre ou une injonction. Il se marque au moyen d'aucun auxiliaire temporel ni d'aucun profixe, mais doit s'accompagner d'un point d'exclamation. Par conséquent ce mode ne connaît qu'un seul et unique temps.

wami ! mange !

L'impératif volitif

L'impératif volitif marque la volonté, la prière et la demande. Elle se marque au moyen du suffixe -ei placé sur le verbe.


Que la lumière soit : dolei

Le médiatif

Le médiatif est l'un des quatre modes utilisés en elko. C'est aussi une spécificité de l'elko. Il énonce un fait hypothétique soumis rapporté par une tierce personne. En français on a recours au conditionnel pour exprimer cela.[Le médiatif se marque au moyen du profixe =f.


Ego fedu waki sėldėtoi il serait en partance pour un pays étranger

L'aspect

L'aspect permet de distinguer un verbe perfectif d'un verbe imperfectif. Le perfectif indique une action accomplie, réalisée et terminée et s’exprime au moyen du suffixe « -a » tandis que l'imperfectif indique une action en cours, envisagée sous l’angle de sa durée s’exprime au moyen du suffixe -i.

Le perfectif

Le perfectif est un aspect du verbe qui exprime un état, une action accomplie et révolue. Le perfectif se marque au moyen du suffixe « -a ». Le perfectf traduit en général les temps composés du français. En l’absence d’auxiliaire il se traduit par le passé composé.


Ero wama J’ai mangé


En l’absence d’auxiliaire il se traduit par le présent, mais en fonction de l’auxiliaire temporel duquel il est accompagné il traduira un temps différent :

  • Ego wedu wama Il avait mangé, eut mangé (plus-que parfait, passé antérieur)
  • Ego wodu wama Il a mangé (passé composé)
  • Ego wudu wama Il aurait mangé (futur antérieur)

L'imperfectif

L'imperfectif est un aspect du verbe qui exprime une action en cours, envisagée sous l’angle de sa durée. L'imperfectif se marque au moyen du suffixe « -i ». L'imperfectif traduit en général, les temps simples du français et les formes gérondives.


Remarque : Ero wami Je mange


En l’absence d’auxiliaire temporel il se traduit par le passé composé, mais en fonction de l’auxiliaire temporel duquel il est accompagné il traduira un temps différent :

  • Ego wedu wami Il mangeait, il mangea (imparfait, passé simple)
  • Ego wodu wami Il est en ce moment même en train de manger (présent)
  • Ego wudu wami Il mangera (futur)

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