Our-Shanabi : batelier des dieux

De Elkodico.

L'épopée de Gilgamesh


L'épopée de Gilgamesh (Prologue)
Tablette I : Les deux héros

Gilgamesh : Dieu et hommeEnkidou : les premiers âgesLe chasseur : L'intermédiaireLa femme : l'initiatriceParoles de la femmeRéponse de EnkidouParoles de la femme IIRêves de Gilgamesh

Tablette II : La rencontre, l'amitié, le projet d'aventure

Les bergers : l'apprentissageOurouk aux rempartsLa lutteL'amitiéL'aventureLa vaillance

Tablette III : Préparatifs et départ

Les préparatifs de l'expédition

Tablette IV : Le voyage

Les songes de Gilgamesh : sur la route des cèdres

Tablette V : Prouesses dans la forêt des Cèdres, victoire sur Humbaba

La forêt des cèdres : la mort de Houmbaba

Tablette VI : Nouveau triomphe et démesure : le Taureau-céleste

Ishtar : l'amourLe refus de GilgameshLamentations d'IshtarLe retour des deux héros

Tablette VII : La mort d'Enkidu

Mort d'Enkidou

Tablette VIII : Les funérailles d'Enkidu

L'homme-scorpion

Tablette IX : Gilgamesh à la recherche de l'Immortalité

Shamash : Le dieu-soleil

Tablette X : L'arrivée au but

Sidouri : la cabaretièreL'humaine conditionOur-Shanabi : batelier des dieux

Tablette XI : L'échec et le retour à la vie ordinaire

Outa-Napishtim : l'aïeul immortelLe déluge : la plante d'immortalité

Tablette XII : Autre version de la mort d'Enkidu
L'épopée de Gilgamesh (Épilogue)

 

Our-Shanabi : batelier des dieux

Batelier des dieux
Gilgamesh répond à Sidouri :
« est le chemin, cabaretière,
qui mène à OutaNapishtim,
montre-moi
comment faire pour me diriger vers lui.
Si pour l’atteindre je dois traverser les mers
je le ferai.
S’il est impossible de l’atteindre
j’irai errant dans le désert
Sidouri dit à Gilgamesh :
»Personne jusqu’alors, Gilgamesh,
n’a fait ce voyage.
Seul le puissant Shamash
peut traverser la mer
et qui d’autre que Shamash peut la traverser ?
Le voyage est dur et pénible
que feras-tu lorsque tu atteindras
les eaux profondes de la mort ?
Écoute, Gilgamesh,
il y a ici Our-Shanabi,
le batelier d’Outa-Napishtim
qui a avec lui les shout-abni,
il est maintenant dans la forêt
pour ramasser de l’Ournou
montre toi à ses yeux
si tu peux, traverse avec lui,
sinon rentre dans ton pays
Gilgamesh entendant ces paroles
prend sa hache, dégaine son poignard
et s’enfonce dans la forêt.
Comme une flèche
il se jette sur les shout-abni
dans sa furie il les brise.
Our-Shanabi voit le poignard briller
il entend le bruit de la hache
il lève les yeux
voit Gilgamesh et lui dit :
»Dis-moi quel est ton nom
moi, mon nom est Our-Shanabi
le batelier d’Outa-Napishtim le lointain
Gilgamesh dit à Our-Shanabi :
»Mon nom est Gilgamesh
je suis venu d’Ourouk
de l’Eanna sacré, demeure d’Anou et d’Ishtar.
J’ai traversé les montagnes
j’ai fait un long voyage
par le soleil se lève
je suis venu pour te voir
et maintenant que j’ai vu ton visage
Our-Shanabi fais-moi connaître
Outa-Napishtim, le lointain
Our-Shanabi dit à Gilgamesh :
»Pourquoi alors tes joues sont-elles flétries
et ton visage si sombre ?
Pourquoi le chagrin est-il dans ton cœur ?
Pourquoi la fatigue et l’épuisement
marquent-ils ton visage défait
pareil au visage de celui qui a fait un long voyage ?
Pourquoi la grande chaleur et le grand froid
ont-ils frappé ton visage ?
Pourquoi vas-tu errant dans le désert ?»
Gilgamesh dit à Our-Shanabi :
»Comment mes joues ne seraient-elles pas flétries
et mon visage sombre ?
Comment le chagrin ne serait-il pas dans mon cœur ?
Comment la fatigue et l’épuisement
ne marqueraient-ils pas mon visage défait
pareil au visage de celui qui a fait un long voyage ?
Comment la grande chaleur et le grand froid
n’auraient-ils pas frappé mon visage ?
Le destin des hommes a atteint mon compagnon
mon petit frère
âne sauvage de la plaine
tigre du désert
celui qui a vaincu tous les obstacles
qui a gravi le sommet des montagnes
celui qui a saisi et tué le taureau céleste
qui a abattu Houmbaba
le gardien de la Forêt des Cèdres.
Enkidou, mon ami, mon compagnon
celui que j’ai aimé d’amour si fort
celui qui m’a accompagné dans toutes les épreuves
est devenu ce que tous les hommes deviennent.
Je l’ai pleuré la nuit et le jour
je me suis lamenté sur lui
six jours et sept nuits
en me disant qu’il se lèverait
par la force de mes pleurs et de mes lamentations.
Je n’ai pas voulu le livrer au tombeau
je l’ai gardé six jours et sept nuits
jusqu’à ce que les vers lui tombent du nez.
Après sa mort je n’ai plus retrouvé la vie
par peur de la mort
me voici errant dans le désert.
Ce qui est arrivé à mon ami me hante.
Comment pourrais-je trouver le repos ?
Comment pourrais-je me taire ?
Mon ami que j’aimais d’amour si fort
est devenu de l’argile,
moi aussi devrais-je me coucher
et ne plus jamais me lever ?»
Gilgamesh dit encore à Our-Shanabi :
»Maintenant Our-Shanabi
montre-moi le chemin qui mène à Outa-Napishtim,
indique moi la route qui mène jusqu’à lui,
si pour l’atteindre je dois traverser les mers
je le ferai
s’il est impossible de l’atteindre
j’irai errant dans le désert
Our-Shanabi parle et dit à Gilgamesh :
»Tes mains Gilgamesh
ont empêché le passage,
tu as brisé et détruit les shout-abni,
sans eux on ne peut plus traverser.
Va Gilgamesh
prend la hache,
descends dans la forêt
et coupe cent vingt perches
de soixante coudées chacune
et couvre-les de bitume
Gilgamesh entendant ces paroles
prend sa hache
dégaine son poignard
et descend dans la forêt.
Il coupe cent vingt perches
chacune de soixante coudées
il les couvre de bitume
et les apporte à Our-Shanabi.
Après la préparation du bateau
Gilgamesh et Our-Shanabi s’embarquent,
ils descendent la barque sur les flots
et ils naviguent.
Au troisième jour
le trajet d’un mois et quinze jours
est accompli.
Quand Our-Shanabi atteint les eaux de la mort
il dit à Gilgamesh :
»Dépêche-toi Gilgamesh
prends une perche pour pousser
mais que ta main
ne touche pas les eaux de la mort.
Dépêche-toi Gilgamesh
prends une deuxième perche
une troisième et une quatrième.
Prends, Gilgamesh une cinquième perche
une sixième et une septième.
Prends, Gilgamesh, une huitième perche
une neuvième et une dixième.
Prends une onzième et une douzième
Au bout de cent vingt perches
Gilgamesh a utilisé toutes les perches
alors il enlève ses vêtements
et les hisse comme une voile.


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