Peau d'Âne : Quatrième partie

De Elkodico.

Peau d'Âne

Partie IPartie IIPartie IIIPartie IVPartie V

 

Peau d’Âne

Trois fois, dans la chaleur du feu qui le transporte,
Il voulut enfoncer la porte ;
Mais croyant voir une Divinité,
Trois fois par le respect son bras fut arrêté.
Dans le Palais, pensif il se retire,
Et , nuit et jour il soupire ;
Il ne veut plus aller au Bal
Quoiqu'on soit dans le Carnaval.
Il hait la Chasse, il hait la Comédie,
Il n'a plus d'appétit, tout lui fait mal au coeur,
Et le fond de sa maladie
Est une triste et mortelle langueur
Il s'enquit quelle était cette Nymphe admirable
Qui demeurait dans une basse-cour
Au fond d'une allée effroyable,
l'on ne voit goutte en plein jour.
C'est, lui dit-on, Peau-d'âne, en rien Nymphe ni belle
Et que Peau-d'âne l'on appelle,
À cause de la Peau qu'elle met sur son cou ;
De l'Amour c'est le vrai remède,
La bête en un mot la plus laide,
Qu'on puisse voir après le Loup.
On a beau dire, il ne saurait le croire ;
Les traits que l'amour a tracés
Toujours présents à sa mémoire
N'en seront jamais effacés.
Cependant la Reine sa Mère
Qui n'a que lui d'enfant pleure et se désespère ;
De déclarer son mal elle le presse en vain,
Il gémit, il pleure, il soupire,
Il ne dit rien, si ce n'est qu'il désire
Que Peau-d'âne lui fasse un gâteau de sa main ;
Et la Mère ne sait ce que son Fils veut dire.
Ô Ciel ! Madame, lui dit-on,
Cette Peau-d'âne est une noire Taupe
Plus vilaine encore et plus gaupe
Que le plus sale Marmiton.
N'importe, dit la Reine, il le faut satisfaire
Et c'est à cela seul que nous devons songer.
Il aurait eu de l'or, tant l'aimait cette Mère,
S'il en avait voulu manger.
Peau-d'âne donc prend sa farine
Qu'elle avait fait bluter exprès
Pour rendre sa pâte plus fine,
Son sel, son beurre et ses oeufs frais ;
Et pour bien faire sa galette,
S'enferme seule en sa chambrette.
D'abord elle se décrassa
Les mains, les bras et le visage,
Et prit un corps d'argent que vite elle laça
Pour dignement faire l'ouvrage
Qu'aussitôt elle commença.
On dit qu'en travaillant un peu trop à la hâte,
De son doigt par hasard il tomba dans la pâte
Un de ses anneaux de grand prix ;
Mais ceux qu'on tient savoir le fin de cette histoire
Assurent que par elle exprès il y fut mis ;
Et pour moi franchement je l'oserais bien croire,
Fort sûr que, quand le Prince à sa porte aborda
Et par le trou la regarda,
Elle s'en était aperçue :
Sur ce point la femme est si drue
Et son oeil va si promptement
Qu'on ne peut la voir un moment
Qu'elle ne sache qu'on l'a vue.
Je suis bien sûr encore et j'en ferais serment,
Qu'elle ne douta point que de son jeune Amant
La Bague ne fût bien reçue.


Auteur : Charles Perrault

Titre en elko

Texte en attente de traduction


Traduction : Nom du traducteur

Versions
Version 2013
Analyses
Analyse fréquentielleAnalyse syntaxique
Outils personnels