Sais-tu qui te mangera ? (deuxième partie)

De Elkodico.

Sais-tu qui te mangera ?

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Sais-tu qui te Mangera ? (Deuxième partie)

Toolemnare
Septembre 1770

Cette excellente réputation courait dans tout le pays jusqu'à atteindre les oreilles d'une dame qui habitait le sud-est et quidit-onpouvait se permettre des incursions sans péripéties dans ce royaume endormi des Toolemnare. Cette dame était issue d'une grande lignée de fées et avait pour nom Dylevja ; elle avait pour la seconder, d'autres fées presque aussi puissantes et aussi efficaces qu'elle. On affirmait aussi que toutes se réunissaient au centre de ce royaume de sommeil, dans un château dont toute la famille avait été endormie, à commencer par la fille, une fille belle comme... mais ce pouvait n'être que légendes. Or Dylevja existait belle et bien ; et c'est lors d'une réunion avec ses consœurs qu'elle dit solennellement : « C'est celui qu'il nous faut pour réveiller notre princesse, sa famille et son royaume. ». Elle se souvenait encore de ce que lui avait dit Djolna, sa mère lorsqu' elle quitta ses fonctions de fée : « Je vais te dire ce que ta grand-mère m'a dit quand elle avait mon âge : En 1674 la fille du roi Edgar II, victime d'un sortilège, se perça la main et plongea dans l'inconscience. Ce fut un moindre mal : la responsable de ce sortilège, une fée vindicative répondant au nom de Malvyna lui avait promis la mort, mais j'ai pu amoindrir le mal : elle dormirait pendant cent ans. D'ici , vous surveillez le domaine, que personne ne puisse y entrer jusqu'à ce que quelqu'un digne de confiance aille la réveiller ainsi que tout le royaume ; un prince serait l'idéal. Voilà, je te passe le relais ; nous sommes en 1757 et j'ai soixante-dix ans, dans dix-sept ans elle doit se réveiller, moi, je quitte mes fonctions et c'est toi et la nouvelle promotion qui gardez le royaume d'ici et qui débusquez la perle rare. Ce sera l'issue de la plus longue mission jamais opérée par nous autres fées : cent ans et trois générations. Le succès de cette mission est entre tes mains, bon courage ». Il ne restait plus que quatre ans à attendre, et à espérer qu'à l'issue de ce délai, Son Altesse le prince Akirons de Nakol veuille bien se promener dans le secteur. Or, c'est un événement dramatique qui l'y entraîna.


Province de l'Oneklaan
24/5/1774


Le coup de force avait eu lieu en pleine nuit, dans un petit village du sud du royaume : une dizaine d'individus en armes entrèrent brutalement dans les maisons, réveillèrent sans ménagements hommes, femmes et enfants, les enchaînèrent solidement et les enfermèrent dans des cages roulantes. Les cris, les pleurs et l'incompréhension des villageois se mêlaient aux hurlements des bandits. Le village, peuplé de soixante-dix âmes fut vidé en dix minutes. Les carrioles grillagées roulaient à toute vitesse à travers champs pour éviter les postes-frontière au mépris total des pauvres gens qui y étaient enfermés et qui subissaient des secousses effroyables. Ces sinistres véhicules qui après avoir traversé le sud de l'Oneklaan et quinze lieues du royaume neutre d'Alfazye, obliquèrent et foncèrent droit devant eux afin d'atteindre la forteresse de Strælgarde, poste avancé d'Hocklenge, capitale d'un royaume sans nom ayant pour souverain l'innommable roi Kantalabutt.


Forteresse de Strælgarde
1/6/1774


À l'issue d'un épouvantable voyage, les pauvres otages furent jetés et entassés dans des cellules du sous-sol de la forteresse et n'étaient nourris que d'un infâme brouet par jour. Le convoyeur avait juste dit au gouverneur de la forteresse et au roi qui avait quitté la capitale pour la circonstance : « Voilà la marchandise ! ». Après quoi Kantalabutt envoya une lettre d'ultimatum exigeant une somme faramineuse contre la libération des otages. En fait, il n'avait pas envie de libérer qui que ce soit mais il se retranchaitcourageusementderrière un état neutre et un territoire infranchissable. Il dit à son vassal :

Tiens, tu fais envoyer cette lettre, Akkar ne doit pas la recevoir avant le 15 juin, ainsi, son émissaire n'arrivera pas à temps. Tu fais exécuter tous les otages, à l'exception de deux ou trois jeunes femmes que tu me fais envoyer en mon palais. Lorsque l'émissaire arrivera à la forteresse, il croira m'y trouver, en fait, je serai parti. Tu prends l'argent et tu le tues ; l'affaire est réglée, on n'en parle plus.
Vous ne craignez pas une réaction de...
Penses-tu ! Akkar n'osera jamais faire traverser l'Alfazye à ses troupes.
Et si l'émissaire arrive à temps ?
Il ne peut pas ! Il faut qu'il contourne les Toolemnare qui, pour une raison que j'ignore, sont infranchissables. Et puis, assez discuté : tu est pour obéir aux ordres, pas pour formuler des objections !

Ce qui fut dit futhélasfait. Les otages furent presque tous massacrés, sans distinction d'âge, égorgés ou éventrés, selon l'humeur des bourreaux. Les supplications furent sans effet. Une fois cette besogne achevée, Kantalabutt ravi du spectacle, s'en alla vers sa capitale. C'était bien lui le plus fort, se disait-il. Mais il ne se doutait pas qu'un jour il devrait payer pour ce qu'il faisait et que ce jour n'était peut-être pas si lointain que ça !


Nakol

Palais royal

11/6/1774

Pendant que se déroulaient ces horreurs, la vie suivait son cours au palais royal du Roenyls : le roi régnait, sa femme mangeait, son fils étudiait et la cour jouait. On apprit par un commissaire royal du sud que toute la population d'un village de l'Oneklaan avait disparu en une nuit. Des témoignages, plutôt rares, firent état de carrioles grillagées et d'hommes en armes portant des parures étrangères. Ainsi Kantalabutt (c'était sûrement lui !) avait recommencé. Il fallait à tout prix renforcer la frontière sur toute sa longueur, y compris avec l'Alfazye. Son roi comprendrait le problème. Six jours plus tard Akkar reçut une missive : l'ultimatum de Kantalabutt : 500000 dukkas-or contre la vie des otages. Il dit à son fils :

Akirons, tu rêves toujours de partir en mission chez Kantalabutt ?
Plus que jamais, mon père.
J'ai une mission de confiance pour toi : tu vas porter cet argent à Kantalabutt en personne à Strælgarde. Prends quelques hommes avec toi : la somme est considérable, il ne manquerait plus que ça que tu te la fasses voler en route. Prends des hommes en qui tu as une confiance absolue.
Merci. Je pars tout à l'heure.
Puisse le Ciel t'aider dans ta mission.
Pourquoi ?
Tu n'as que cinq jours. Or il faut presque une semaine de cheval pour arriver à Strælgarde.
Je trouverai un raccourci !

Sur cette dernière phrase, Akirons manda Zonkhal, Leonart, Henryg et quelques autres gentilshommes pour cette mission pénible. Le raccourci auquel il avait pensé, c'était la traversée du royaumegelé et endormides Toolemnare.


Auteur : Anoev

Tena Kiwe Wami Li ?

Texte en attente de traduction


Traduction : Ziecken

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Version 2013
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