Sais-tu qui te mangera ? (troisième partie)

De Elkodico.

Sais-tu qui te mangera ?

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Sais-tu qui te mangera ? (troisième partie)

Hocklenge
19/6/1774

Ce que Kantalabutt ignorait, c'était que dans son entourage proche travaillait une taupe du service de renseignement du Roenyls : Bakún, un p'tit gars astucieux qui avait fait tous les métiers, y compris celui de brigand. Il était partout et était au courant de tout. Il assurait peu ou prou l'intendance de ce royaume maudit. Ce garnement avait à son service toute une équipe de coupe-jarrets qui se seraient fait écarteler pour le Roenyls. Une cinquième colonne bien organisée et insoupçonnable. L'un d'eux partit à bride abattue en direction du nord, transmettre la vérité quant au dernier rapt commis par les argousins du roi félon. Renseignements capitaux pour l'avenir du royaume car la réputation d'impétuosité d'Akirons n'était pas inconnue de Bakún. Le prince héritier était en danger de mort, il ne fallait pas qu'il aille à Strælgarde. Mais le maître espion ne se doutait pas qu'au même moment, Akirons et ses hommes avaient déjà traversé les Toolemnare et filaient droit vers la forteresse sanglante. Kantalabutt, lui, avait organisé une orgie monumentale pour célébrer sa future victoire, les pires dépravations y étaient exercées à l'encontre de pauvres victimes innocentes enlevées çà et (parmi lesquelles, trois "rescapées" de la forteresse) ; victimes qui, de toute façon ne devaient pas survivre à l'issue de ces ignobles festivités. Bakún en était, naturellement, et force lui était de s'en réjouir, sinon il aurait paru suspect aux yeux de son souverain de circonstance, lequel avait horreur des suspects : « Un suspect, c'est déjà un coupable ! » aimait-il à dire, et il les traitait comme on l'imagine. Kantalabutt avait des divertissements à la hauteur de sa mentalité, il dépensait des fortunes vertigineuses avec sa cour tandis que les deux tiers de ses sujets n'avaient même pas de quoi se nourrir, voire de s'habiller.

Quand, quelques jours plus tard il apprit ce qui était arrivé à Strælgarde lors du passage des émissaires (parce qu'en plus, il y en avait plusieurs !) et qu'en plus, ceux-ci étaient reparti avec la rançon, il écuma de rage. Il alla lui-même torturer et achever quelques prisonniers dans ses geôles secrètes, afin de se détendre un peu. Joie ou colère, chez Kantalabutt, tout était prétexte à tuerie. Le peuple commençait à en avoir assez, et, dans l'impossibilité de se révolter face à la cruauté sans limite de leurs tourmenteursseuls quelques nobliaux de province, comme Kantalamúrr parvenaient à lui tenir tête, mais ne pouvaient pas le renversercertains espéraient l'arrivée en force d'un libérateur providentiel ; l'expression de cet espoir circulait secrètement, allait de ville en ville, de campagne en village, jusqu'à atteindre quelque palais étranger, à Nakol, Sanpaz ou Lannrúke...


Nakol

Palais royal

4/7/1774

Pendant qu'Akirons était reparti quelques jours chez sa bien-aimée, l'ambiance au palais était plutôt bonne, bien que ternie quelque peu par l'annonce de la dernière forfaiture de Kantalabutt à l'égard des derniers otages. On se réjouissait à l'avance des prochaines noces du prince. Une bonne partie de la cour serait du voyage (la cérémonie devait se tenir à Splan). Un beau matin, vers 6h30, le comte Zonkhal, qui avait fait la fête toute la nuit au palais avec des compagnons et quelques courtisanes, musardait en direction des caves à la recherche de quelque bonne bouteille. Passant devant les cuisines, il vit un spectacle hallucinant : la reine Lætixia dévorait a belles dents un beau quartier de viande crue (elle aimait certes les bons petits plats, mais la chair fraîche crue ne la rebutait pas, surtout au petit déjeuner !). Il se rendit compte que la viande en question était d'origine humaine : la tête d'une toute jeune fille trônait sur la grande table au milieu des autres morceaux. Il voulut s'esquiver sans bruit mais son épée heurta le chambranle de la porte. Au bruit entendu, la souveraine se retourna et dit simplement : « Tu n'as rien vu, tu ne sais rien. Ne dis pas un mot, sinon... » et elle passa son index tout sanglant sur son cou, de gauche à droite, ce qui laissa une trace rouge, du plus impressionnant effet. Le pauvre garçon repartit tout hébété, croyant encore rêver ce qu'il venait de voir. Il se souvint alors, que lors d'une conférence donnée à la cour par un géographe sur les lointaines tribus anthropophages, la reine avait manifesté le plus vif intérêt, posant questions sur questions au conférencier. Le jeune homme, qui était présent avait pris cette curiosité pour de l'appétit culturel. On susurrait dans les couloirs du château, qu'un jour la reine avait tenu elle-même à se rendre à la morgue le lendemain d'une tuerie odieuse et inexplicable. Certaines personnes de sa suite eurent l'impression que la souveraine se rendait au marché ! Le témoin de cet étrange petit-déjeuner se promit, s'il en avait la possibilité d'en toucher deux mots au prince, on ne sait jamais !


Auteur : Anoev

Tena Kiwe Wami Li ?

Texte en elko


Traducteur : Ziecken

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Version 2013
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