La gare

De Elkodico.

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C’est une chaude journée de juin. Le soleil tape dur sur l’entrée de la gare, peignant ses murs ocres de couleurs insoutenables. La foule qui se presse sur la place tend à réduire au maximum son exposition au feu : mais le hall et son ombre sont déjà bondés, et les rares auvents disponibles à l’extérieur ne protègent en rien de cet air sec et lourd qui bride la respiration. Les miliciens en faction devant les portes restent imperturbables. Leur attirail pourtant est une véritable étuve. Ce sont des gouttes énormes (et malodorantes) qui s’échappent de sous leurs casques, tandis que leurs doigts gantés de cuir restent figés sur leurs fusils à l’éclat métallique insupportable. La relève est dans une heure, car la durée des tours de garde n’a pas encore été réduite : selon le calendrier officiel, le solstice d’été n’est que dans cinq jours. Autour des gardes en faction, il s’en trouve peu pour leur accorder ne serait-ce qu’une pensée compatissante. Tous essaient plutôt de s’introduire dans la gare à tout prix, qui pour attraper un train, qui pour attraper de l’ombre. Tous, sauf cette petite fille en station devant la colonne principale, inondée de soleil.

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