Le Purgatoire (La Divine Comédie) - Chant XXIX

De Elkodico.

La Divine Comédie

L'Enfer

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Purgatoire

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

Le Paradis

Chant IChant IIChant IIIChant IVChant VChant VIChant VIIChant VIIIChant IXChant XChant XI
Chant XIIChant XIIIChant XIVChant XVChant XVIChant XVIIChant XVIIIChant XIXChant XXChant XXI
Chant XXIIChant XXIIIChant XXIVChant XXVChant XXVIChant XXVIIChant XXVIIIChant XXIXChant XXXChant XXXIChant XXXIIChant XXXIII

 

Le Purgatoire - Chant XXIX

Chantant comme une femme éprise d’amour, elle continua, après la fin de ses paroles : Beati quorum tecta sunt peccata ! Et comme, à travers les ombres sauvages, s’en allaient seules des nymphes, désirant l’une fuir, l’autre voir le soleil, lors elle se mut, remontant le fleuve le long de la rive, et moi comme elle, à petits pas suivant ses petits pas ; et entre les siens et les miens il n’en était pas cent, lorsque les bords également se courbèrent, de sorte que je marchai vers le Levant.

Longtemps ainsi nous n’avions pas cheminé, quand la Dame vers moi se tourna ; disant : « Mon frère, regarde et écoute !… «

Et voilà que soudain traversa de toutes parts la grande forêt une lueur telle, que je doutai si ce n’était point un éclair. Mais, l’éclair brille et s’éteint au même instant, et cette lueur durait, resplendissant de plus en plus, aussi en mon penser je disais, « Qu’est ceci ? «Et dans l’air lumineux s’épandait une douce mélodie, d’, pris d’un juste zèle, je gourmandai la hardiesse d’Eve, pensant que obéissaient la terre et le ciel, une femmelette seule, et qui venait d’être créée, ne souffrit point d’être enveloppée d’un voile sous lequel si, pieuse elle était restée, je jouirais de ces ineffables délices, goûtées une première fois et bien d’autres fois.

Tandis que ravi j’allais à travers tant de prémices du plaisir éternel, et désirant plus de joies encore, devant nous l’air devint tel qu’un feu ardent, sous les verts rameaux ; et déjà, comme un chant, le doux son était entendu : O Vierges sacro-saintes, si jamais pour vous je souffris la faim, les veilles, l’occasion me sollicite d’en demander la récompense ! Que l’Hélicon pour moi maintenant verse ses eaux, et qu’avec son cœur Uranie m’aide à penser et à mettre en vers des choses grandes !

Un peu plus loin apparaissaient sept arbres d’or, selon le faux aspect que leur donnait le long espace qui était encore entre eux et nous ; mais, lorsque j’en fus assez près pour que l’objet, dégagé de la vague apparence qui trompe le sens, ne perdit par la distance aucun trait de sa forme, la vertu qui à la raison prépare le discours, reconnut que c’étaient des candélabres, et, dans les paroles du chant, distingua Hozannah ! En haut, flamboyait le beau lustre, plus brillant de beaucoup que, dans un ciel serein, la Lune à minuit, au milieu de son mois.

Je me tournai, plein d’admiration, vers le bon Virgile ; et il me répondit par un regard non moins plein de stupeur. Puis je reportai mes yeux sur ces choses splendides, qui vers nous se mouvaient si lentement, que les eussent vaincues des épouses nouvelles.

La Dame me gourmanda : « Pourquoi t’enflammes-tu ainsi à l’aspect des vives lumières, et ce qui vient derrière elles ne regardes-tu point ? «Alors, les suivant comme leurs guides, je vis venir des gens vêtus de blanc ; et ici jamais ne fut de blancheur aussi éclatante. L’eau brillait à gauche, et quand je la regardais, elle me renvoyait, comme un miroir, mon image senestre.

Lorsque je fus sur ma rive en un endroit je n’étais plus distant que de la largeur du fleuve, je suspendis mes pas pour mieux voir : et je vis les petites flammes, semblables à des banderoles flottantes, aller devant, laissant, derrière, l’air coloré, de sorte qu’au-dessus il présentait sept bandes distinctes, toutes de ces couleurs dont le Soleil fait son arc, et Délia, sa ceinture.

Ces étendards se prolongeaient en arrière, au delà de ma vue, et, à mon jugement, ceux d’en dehors étaient l’un de l’autre distants de dix pas.

Sous ce beau ciel que je décris, venaient deux à deux, vingt-quatre vieillards couronnée de lis. Tous chantaient : « Bénie sois-tu entre les filles d’Adam ! et que bénies éternellement soient tes beautés ! «

Lorsque les fleurs et les autres fraîches herbes, qui devant moi ornaient l’autre rive, cessèrent d’être foulées par ces élus, comme dans le ciel une lumière suit une autre lumière, vinrent après eux quatre animaux couronnés de vert feuillage. Chacun d’eux avait six ailes, dont les plumes étaient pleines d’yeux ; et tels, s’il vivait, seraient les yeux d’Argus. A décrire leurs formes, plus, lecteur, ne dépenserai-je de rimes : car tant me presse une autre dépense, qu’en celle-ci je ne puis être prodigue. Mais lis Ezéchiel, qui les dépeint comme il les vit venir de la froide région, avec le vent, avec la nuée et avec le feu : et tels que tu les trouveras dans son livre , tels étaient-ils ici, hors qu’à l’égard des ailes, Jean est avec moi, et se sépare de lui . L’espace entre eux contenait un char sur deux roues triomphales, qu’avec le cou tirait un griffon . Et celui-ci en haut étendait ses deux ailes entre la bande du milieu et les trois de chaque côté ; de sorte qu’en agitant l’air, il n’en touchait aucune ; tant elles s’élevaient, qu’on les perdait de vue ; ses membres d’oiseau étaient de couleur d’or, les autres mélangés de blanc et de vermeil.

Non seulement Rome ne réjouit point d’un aussi beau char l’Africain ou Auguste ; mais auprès serait pauvre celui du Soleil ; celui du Soleil, qui, s’égarant, fut brûlé, à la prière fervente de la Terre, quand Jupiter secrètement fut juste .

Trois Dames ; venaient, dansant en rond du côté de la roue droite : l’une si rouge, que dans le feu à peine la discernerait-on ; l’autre, comme si les chairs et les os eussent été d’émeraude ; la troisième, semblable à de la neige qui vient de tomber.

Elles paraissaient conduites tantôt par la blanche, tantôt par la rouge, et les autres sur son chant réglaient leur aller lent ou vif.

A gauche, quatre autres , vêtues de pourpre, menaient leur danse à la suite de l’une d’elles , qui à la tête avait trois yeux.

Après ce groupe, je vis deux vieillards dissemblables de vêtement, mais de contenance pareille, tous deux modestes et graves. L’un paraissait des familiers de ce grand Hippocrate, que la nature fit pour le salut des animaux qui lui sont le plus chers ; l’autre paraissait avoir le soin contraire, portant une épée brillante et aiguë, telle qu’au delà du ruisseau j’en eus peur. Puis j’en vis quatre d’humble apparence, et, derrière tous, un vieillard seul venir dormant, le visage animé . Et ces sept étaient vêtues de la première robe , pourtant autour de la tête ils n’avaient point de couronne de lis, mais de roses et d’autres fleurs vermeilles. D’un peu loin, on aurait juré qu’au-dessus des sourcils tous étaient en feu. Et quand le char fut vis-à-vis de moi, un tonnerre fut ouï : et il sembla qu’à ces dignes personnes d’aller outre il fut interdit, s’étant arrêtées avec les premières enseignes.


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