Le verbe aneuvien

De Idéolexique.

Version du 17 janvier 2019 à 00:06 par Anoev (discuter | contributions)
(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)

Le verbe est, avec le nom, un des piliers de la phrase aneuvienne. Il représente le procès de la phrase ou de la proposition. Comme la phrase aneuvienne est de type SVC (sujet-verbe-complément) dans la plupart des cas de figure, celui-ci en est en plein centre.

Sommaire

[modifier] Formes référencées

Tous les verbes aneuviens présents dans les pages de ce lexique sont présentés sous trois flexions qui représentent :

  • L'infinitif présent : c'est celui qui apparaît comme titre de la page, et qu'on trouve en entier dans les dictionnaires d'Idéopédia (dictionnaire étendu, listes Swadesh & Picoche-Rolland) ; on le retrouve au singulier des temps composés de l'indicatif comme l'imparfait, et les futurs (avec mir, auk & dhep). Il sert également pour la première forme du conditionnel présent (avec kjas), ainsi que pour le participe des verbes en -en.


  • L'infinitif parfait : sa flexion, si elle ne sert pas de référence lexicale au verbe, est extrêmement importante, puisque, en plus de servir à tous les temps accomplis de l'indicatif, sert également pour le pluriel du présent de la quasi totalité des verbes (y compris de verbes irréguliers), ainsi, on a :


Infinitif présent Infinitif parfait Indicatif présent (pluriel) Indicatif parfait (pluriel)
liven livna er livne er livnar

Cette flexion sert à former le participe des verbes ne finissant pas par -en :

Infinitif présent Infinitif parfait Participe présent
fàk fàkta fàktun

Le participe passé (uniquement verbal, et invariable, comme le présent) est obtenu en ajoutant -a au présent :

pùzuna = étant parti.
  • Enfin, le subjonctif passé, qui sert non seulement au conditionnel passé (avec la particule kjas), mais également à former l'impératif :
Infinitif présent Subjonctif passé Impératif présent
pùze puzéa pùzet
hab habéa habet
dor doría dorit
hàlten halténa hàltent

Comme on le constate, l'accent, déplacé en avant-dernière syllabe au subjonctif passé, retrouve le radical à l'impératif. Cette forme sert également, comme pour l'indicatif, à l'obtention des temps composés accomplis (plus-que-parfait, futur antérieur) :

Er ere zhœṅge tep or ere lóm puzéa = Nous craignions que vous fussiez déjà partis.
Da mir habéa ùt osdòraċ = il aura eu un empêchement.

Cette flexion est invariable, comme le montre le premier exemple de ce paragraphe.

Au subjonctif passé, comme l'accent tonique est déplacé en avant-dernière syllabe, toute syllabe longue du radical est raccourcie ; la syllabe est également raccourcie au subjonctif présent, mais pas à l'impératif, qui pourtant en dépend pour sa formation, ainsi :

Or waadit tep ar gunésa àt meas = Attendez qu'ils aient pris la valise.
Or waadit tep ar gunes àt meas = Attendez qu'ils prennent la valise.
Or gœneste àt meas = Prenez la valise.

[modifier] Verbes irréguliers

Les irrégularités, si elles existent en aneuvien, sont beaucoup moins profondes que dans les langues naturelles et les changements de radicaux n'atteignent pas la dimension qu'on trouve en français (aller, je vais, ils iront) ou en anglais (to go, I went). On a, certes, des racines comme aau, ahwa, aúa (bâiller), ou skrip, skripta, skriptéa, elles sont motivées soit par l'euphonie (aau) ou bien l' étymologie (skripta, de SCRIPTVM). Un verbe comme ere, era, eréa (être) paraissant anodin à la vue de son tableau, est, en fait, un verbe irrégulier, le seul de ce type, puisque

  • le présent de l'indicatif est représenté par un • ou par ep ;
  • ere qui est le présent de l'infinitif, est bien reproduit sous sa forme variable à l'indicatif (erer), mais c'est l'imparfait, il est d'ailleurs la racine de la particule homonyme) ;
  • les futurs (mir, auk, dhep) et conditionnel présent 1re forme utilisent donc cette forme conjuguée :
    Er erer = nous étions ; er mir erer = nous serons, ar kjas erer = ils seraient ;
  • era est commun au passé et au plus-que-parfait de l'indicatif ;
  • er est commun au présent et à l'imparfait du subjonctif[1];

eréa est commun au passé et à l'imparfait de ce même mode, il sert pour le futur antérieur de ce mode (mir eréa) et pour le conditionnel passé (kjas eréa), comme pour les autres verbes. L'impératif (eret) et le participe (erun) sont réguliers. Tout d'même !

[modifier] Les catégories de verbes

Sont au nombre de quatre, référencées par le subjonctif passé :

[modifier] Les verbes en -éa

C'est une catégorie importante qui rassemble deux groupes :

  • l'infinitif en -E
  • l'infinitif en consonne.
Infinitif présent Infinitif passé Subjonctif passé
pode poda podéa
pùze pùza puzéa
ort orta ortéa
fàk fàkta faktéa
Au présent de l'indicatif
les verbe en -E font leur pluriel en -er.
les verbes en consonne remplace la désinence -A du passé par un -E :
Er fàkte, ar orte = nous faisons, ils prient.
Au parfait (passé) de l'indicatif
le -E des verbes en -E est remplacé par un A, le pluriel s'obtient en rajoutant un -R
Ar pùzar = ils sont allés.
Le parfait des verbes réguliers en consonne est obtenu simplement en ajoutant un A au présent de l'infinitif :
Ka proráma = elle a programmé ; kar prorámar = elles ont programmé.
Au parfait du subjonctif, la désinence est toujours -éa :
soit on ajoute un -A à l'infinitif en -E, soit on ajoute éa à l'infinitif, selon le cas.
l'accent tonique est déplacé vers le É.
Le subjonctif est invariable, à quelque personne que ce soit, que ce soit au présent ou au passé. Les verbes en -E perdent le E. Les radicaux longs sont raccourcis. S'il y a un diacritique, il subsiste :
ar pùz = ils aillent.

[modifier] Les verbes en -é_a

C'est la plus importante des catégorie, qui rassemble quatre groupes :

  1. l'infinitif en -en derrière un phonème simple : liven
  2. l'infinitif en -en derrière deux phonèmes ou un phonème affriqué : hàlten
  3. l'infinitif en -eC[2]derrière un phonème simple : vlokes.
  4. l'infinitif en -eC[2]derrière deux phonèmes ou un phonème affriqué : sùrzher.
Infinitif présent Participe présent Infinitif passé Subjonctif passé
liven livun livna livéna
hàlten hàltun hàltena halténa
vlokes vloxun vloxa vlokésa
sùrzher sùrzherun sùrzhera surzhéra
letère letèrun letèra letéra

Selon le nombre ou le type de phonème(s) présent(s) devant le E de la désinence, celui-ci se maintient ou disparaît au parfait de l'infinitif ou au pluriel du présent de l'indicatif. Certaines adaptations orthographiques sont susceptibles d'intervenir si la consonne (unique) qui précède le -E est un D, un K, un P ou un T et que la dernière consonne est un S (cf vlokes). Pour les verbes en -en, seule la dernière voyelle change au participe présent, quel(s) que soi(en)t le(s) phonème(s) qui la précède(nt). Pour les verbes à phonème(s) multiple(s) ou affriqué, seule la place de l'accent tonique distingue le subjonctif de l'indicatif, au passé. Au subjonctif présent, seuls les verbes en -en perdent leur désinence, à l'exception notable de open. On trouve également parmi ces verbes, des dérivés du verbe ere, qui ont pour formes référencée -ère, -èra, -éra ; il ont pour seule différence avec sùrzher (quatrième verbe du tableau), un pluriel en -èrer au présent de l'indicatif[3]et l'accent tonique placé en conséquence.

[modifier] Les verbes en -ía

C'est une catégorie qui rassemble deux groupes :

  • l'infinitif en -J
  • l'infinitif en consonne.
Infinitif présent Infinitif passé Subjonctif passé
vedj vedja vedía
kom koma komía
audj audja ădía
kàn kàna kanía
Au présent de l'indicatif
Les verbes réguliers ajoutent un -E au pluriel :
Er audje, ar kàne = nous entendons, ils peuvent.

En guise de particularité, le -E final (pluriel) des verbes en -J est toujours prononcé ([ə]) et le -J final (singulier) est prononcé [ɪ] devant le mot suivant s'il commence par une consonne :

eg audj kas /əgˈɐʊdɪkɐs/ = je l'entends.
Au parfait (passé) de l'indicatif
Le parfait des verbes réguliers en consonne est obtenu simplement en ajoutant un A au présent de l'infinitif :
Da vedja = il a vu ; dar vedjar = ils ont vu.
Au parfait du subjonctif, la désinence est toujours -ía :
soit on remplace le J par un Í (accentué), soit on ajoute -ía à l'infinitif, selon le cas.
l'accent tonique est déplacé vers le Í.

[modifier] Les verbes en -a

C'est la moins importante des catégories, et elle comporte, en proportion beaucoup de verbes irréguliers.

Infinitif présent Infinitif passé Subjonctif passé
klim klima klima
fluk flukta fluktúa
drorq drorqa drorqúa
siyl siyla syla
kœlyme kœlma kulýma

Le dernier prouve que certains (rares) verbe dont l'infinitif finit en -E ne sont pas nécessairement des verbes en -éa. Mais qu'on se rassure : la conjugaison de kœlyme (cumuler) réserve beaucoup moins de chausses-trappes que celle du verbe français "aller".

[modifier] Les particules modales et temporelles

[modifier] Kjas

Il n'existe qu'une seule particule modale : c'est kjas. Elle se situe entre le sujet et le verbe, lequel est

soit au subjonctif, soit à l'indicatif, pour exprimer le conditionnel ;
soit à l'impératifpour exprimer une prière, une requête polie ou un conseil avenant.

[modifier] Les particules de temps et d'aspect

Elles également ont la particularité, pour la plupart, de pouvoir être utilisées à plus d'un mode, contrairement à ce qu'on peut trouver, dans d'atres langues où l'infinitif est de mise. Là, à l'inverse, quand on trouve une de ces particule, on est sûr d'une chose, c'est que le verbe qui suit n'est pas à l'infinitif.

[modifier] ere

Prise directement sur le verbe homonyme, elle a la particularité, cependant, de rester invariable : c'est le verbe qui la suit auquel est appliquée la flexion nécessaire. Cette particule exprime l'imparfait, quel qu'en soit le mode et/ou l'aspect. Il peut se combiner avec l'indicatif présent (itératif passé ou état passé), passé (plus-que-parfait), prétérit (passé antérieur, utilisé pour la concordance des temps) ; au participe présent (passé duratif ou progressif), au subjonctif présent ou passé.

[modifier] mir

Pris de miraj ou de miret il exprime le futur dans sa forme la plus générale, du moins, avec l'indicatif présent (équivalent du futur simple français, castillan, italien, ou de formes comme shall/hill + infinitif présent en anglais, ou de la conjugaison de быть + le verbe russe à l'infinitif). Avec l'indicatif passé, il indique un futur accompli (antérieur), pur produit de la concordance des temps. Avec le prétérit, il est utilisé dans des fictions de voyage dans le temps, lorsqu'un procès s'est déroulé dans le futur. À l'inverse, il est utilisable avec un verbe au participe passé lorsqu'un procès va, doit se dérouler dans le passé. Mir avec le participe présent indique un procès au futur exprimé dans sa durée. Enfin, mir est combinable avec les leux flexions du subjonctif (présent & passé), comme calque de ses équivalents portugais et castillans. On le trouve également à l'impératif pour une consigne ou un ordre différé.

[modifier] auk

... est la flexion du futur proche (I'm going to sleep, je vais dormir). Au présent de l'indicatif, il n'appelle pas de commentaire particulier, puisque c'est la traduction (eg auk sliyf) de la phrase citée. Au parfait et au prétérit de ce même mode, cependant, il exprime un futur proche dans le passé (Da auk sliyfă kortep à telefon driynă = Il allait dormir lorsque le téléphonne sonna) ; le temps du verbe dépend de la concordance des temps. Devant un verbe au participe présent, il exprime le début d'un procès au présent ou au futur ; devant un participe passé, il exprime le début d'un procès passé. Moins utilisé que mir, il est également trouvable au subjonctif.

[modifier] dhep

Cette particule, qui exprime l'immédiateté ou l'imminence, a la particularité d'exprimer un procès qui va se réaliser à l'instant ou qui vient de se finir, tout dépend du temps du verbe. Elle n'est utilisable qu'avec un verbe à l'indicatif. Devant un verbe au présent, elle indique l'imminence : e dhep pàteze! = j'arrive. Devant un verbe au passé (parfait), il indique un passé immédiat : Melàni dhep kœnada inzhun sed pyrpijse = Mélanie vient de finir de manger ses petits pois. Comme il y a un futur proche dans le passé, il y a aussi un passé immédiat dans le passé (Elle venait de se marier), il est exprimé avec dhep précédé d'un verbe au prétérit : ka dhep nùpnă.


  1. On a également les formes mir er et kjas er. Auk er est moins courant
  2. 2,0 2,1 C représentant une autre consonne que le N
  3. Tous les verbes en -E se conjuguent de la même manière à l'indicatif présent et parfait, contrairement à ce qu'on peut trouver en en français avec "sortir" vs "assortir", ou "partir" vs "répartir".
Outils personnels