Le heaume d'Ægis : Le créatif (S1E1)

De Wikiaegis.

Premier des mythes fondateurs du multivers d'Ægis. Il raconte la naissance du multivers et de l'Œil d'Ægis.


Le heaume d'Ægis : Aux origines d'un multivers

Le créatif Le réceptif La difficulté initiale La force juvénile L'attente Le conflit L'armée La solidarité Le pouvoir d'apprivoisement du petit La marche La paix La stagnation La communauté avec les hommes Le grand avoir L'humilité L'enthousiasme La suite Le travail sur ce qui est corrompu L'approche La contemplation Mordre au travers La grâce L'éclatement Le retour L'innocence Le pouvoir d'apprivoisement du grand Les commissures des lèvres La prépondérance du grand L'insondable Le feu L'influence La durée La retraite La puissance du grand Le progrès L'obscurcissement de la lumière La famille L'opposition L'obstacle La libération La diminution L'augmentation La percée Venir à la rencontre Le rassemblement La poussée vers le haut L'accablement Le puits La révolution Le chaudron L'ébranlement La montagne Le développement L'épousée L'abondance Le voyageur Le doux Le lac La dispersion La limitation La vérité intérieure La prépondérance du petit Après l'accomplissement Avant l'accomplissement

Chroniques du Losda Récits du monde du Losda
 


Sommaire

Synopsis

Dans ce premier épisode est décrit le commencement, le tout à partir du rien. Du néant naît la quintessence. Elle sera bientôt à l'origine du multivers.

Mythe

   
Classification
 
Format : Mythe : Mythe fondateur
Genre : fantastique
Registre : onirique
Style : narratif
Fiche technique
 
Année : 2020
Auteur : Ziecken
Code-récit : LHDAS1E1
Statut : bloqué
Contexte
 
Époque : Premier âge
Lieux :
Personnages : Quintessence
Objets :

Le néant

Aux temps les plus anciens n’existait ni matière, ni vie. Tout n’était encore qu’obscurité et ténèbres et rien ne se distinguait de ce décor uniforme puisque rien ne demeurait alors. Jamais aucune lueur n’avait percé la noirceur de ce sinistre tableau.

L’obscurité s’étalait à perte de vue et donnait à cet ensemble une sensation de vertige. Il s’y dégageait une lancinante impression de solitude immergée dans l’éternité. Exempt de toute vie, ce panorama monochrome n’augurait rien de bon. Quiconque aurait pu assister à ce spectacle aurait été épris d’une angoisse irrépressible.

Bien que le néant fût le seul constituant de cet univers primitif, il était d’une densité telle qu’il en aurait comprimé toute pensée, empêchant toute réflexion, toute analyse. L’univers était alors semblable à un immense trou noir sans début ni fin.

Notre vision nous rassure et nous permet de discerner la menace pour mieux nous préparer à l’affronter. Les couleurs donnent de la gaieté à notre monde qui bien souvent en est dépourvu. Mais lorsque nos sens sont occultés et que rien ne peut être perçu, l’anxiété est telle qu’elle ne peut que nous conduire vers une profonde affliction.

Mais là, dans ce décor inerte, aucune forme, aucune couleur, ni aucune texture ne composaient encore ce que l’on aurait pu appeler la nuit du monde, tant l’opacité y était dense. La lumière n’emplissait pas encore de sa chaleur réconfortante chaque recoin de l’univers et aucun astre n’emplissait ce ciel illimité. Où que se posait le regard, rien ne pouvait être discerné dans cette noirceur à la fois saisissante et angoissante. Mais, bientôt les étoiles s’uniront et dessineront dans ce firmament des constellations aux formes étranges et incongrues que l’humanité, depuis la Terre interprétera comme autant de créatures fabuleuses qui empliront des siècles durant, tant de mythes et de légendes. L’obscurité et le néant n’étaient pas les seuls à occuper cet espace infini. Le froid aussi emplissait ce vide béant. Un froid si saisissant et si prégnant qu’il en paraissait vivant et contrastait ainsi avec l’ambiance inerte de ce désert de ténèbres glacées.

Tout était calme, bien trop calme. Ce genre de calme qui augure la plus trépidante des tempêtes, un désordre et un chaos incontrôlables dont jaillirait bientôt toute vie. Comme l’éternité peut paraître longue lorsqu’elle est tissée d’inaction. On devinait que quelque chose se préparait, à l'image d'une foule attendant dans le noir que le rideau s'ouvre sur un décor de théâtre somptueux. Il y régnait une ambiance électrique. L'énergie impalpable du néant se chargeait peu à peu, la tension montait de manière exponentielle. L'instant semblait suspendu entre deux éternités.

La naissance de la quintessence

C’est alors qu’un point de lumière perça l’obscurité. Venu de nulle part, ce grain de clarté s’annonçait comme un affront courageux aux ténèbres environnantes. Cette minuscule sphère d’énergie palpitait et s’animait d’une multitude de volutes électriques. La tension y était palpable. On ressentait la nervosité de cette entité en devenir qui ne demandait qu’à s’exprimer.

Cette graine d’énergie était figée dans l’espace. Elle ne s’y déplaçait pas, elle ne se mouvait pas. Elle s’animait de l’intérieur et laissait entrevoir des mouvements vifs comme si ce qui s’y développait était à l’étroit dans cette chrysalide énergétique.

Il est difficile de se rendre compte de la taille d’un objet évoluant dans l’infini. Puisque rien autour de servait de repère si ce n’est l’immensité de l’espace. Mais, le milieu dans lequel demeurait ce vigoureux noyau d’activité paraissait à la fois si infime et si puissant qu’il n’en faisait pas craindre pour sa pérennité.

Cette petite boule d’énergie aux couleurs pastelles semblait dotée de vie. D'un bleu clair semblable à celui d’un ciel sans nuage et d’un blanc aussi pur qu’il en ferait pâlir les nuages, elle s’animait seule au milieu du néant.

Elle se mit soudain à convulser, chaque fois plus intensément la faisant se gonfler de manière considérable. A chaque à-coup elle doublait de volume. Sa croissance exponentielle suggérait qu’elle allait bientôt occuper tout l’univers. Rien ne semblait l’arrêter dans sa frénésie de déploiement.

La luminosité de ce soleil était telle qu’elle parvenait à percer de sa pureté les ténèbres alentours. La sphère enfla tant et si bien qu’elle devint si immense qu’elle en rendait insignifiant l’infini lui-même. Elle continuait de grandir et grandir encore et donnant l’impression que rien ne pouvait la ralentir dans sa fougue juvénile.

Puis, peu à peu, ce gonflement s’essouffla. Les proportions de cet astre de lumière cessèrent de s’accroître et l’ensemble se stabilisa enfin. Les contours formaient une sphère parfaite aux dimensions indécentes qui laissèrent en rien supposer ce qu’elle fut au départ.

C’est ainsi que naquit la quintessence. Tel était le nom donné à cette sphère de lumière qui illuminait de ses rayons l’univers tout entier.

La quintessence demeura ainsi, suspendue dans l’infini de l’univers des millénaires durant. Le néant environnant l’observait de ses crocs avides n’attendant qu’une marque de faiblesse pour lui bondir dessus à l’engloutir afin de restaurer à tout jamais les ténèbres primordiaux.

Mais, le destin de la quintessence serait tout autre, son histoire venait de commencer…

La quintessence

La quintessence se présentait comme une sphère lumineuse gigantesque aux contours parfaits et au rayonnement si pur qu’il en faisait presque disparaître les ténèbres.

La surface de cet astre magnifique évoquait des courants marins aux nuances irisées superposés les uns aux autres qui donnaient à l’ensemble une sensation de vie. Les mouvements de surface s’animaient lentement sur tout le pourtour tandis que les courants de profondeur évoluaient de plus en plus rapidement au fur et à mesure que l’on s’enfonçait en son cœur.

Cette sphère n’était seulement constituée d’énergie, elle était aussi conscience. Une conscience pure et absolue qui contenait en son sein tout le devenir de la création. Partout la lumière qui s’animait au sein de la quintessence était porteuse d’une volonté créatrice, d’un désir de s’imposer au néant et de proposer un Tout si fort et si intense qu’il s’équilibrerait avec le Rien environnant.

La quintessence contenait la matière et l’esprit et les soudaient ensemble dans un équilibre parfait. Comme si les quatre éléments que sont l’air, l’eau, le feu et la terre étaient soudés entre eux grâce un cinquième qui leur servait de mortier : l’éther. Ils formaient ensemble une unité quintessencielle.

La quintessence symbolisait l’unité et l’uniformité. En effet, les éléments ne formaient qu’un tout, la matière et l’esprit aussi n’étaient qu’un. Rien ne se distinguait dans cette masse animée au potentiel insoupçonné.

Mais la quintessence symbolisait aussi la solitude et l’immobilité. La solitude, car elle était isolée dans ce décor de ténèbres et l’immobilité car l’astre restait figé au milieu du Néant.

La quintessence se démarquait de par cette ambivalence, ambivalence qui sera bientôt à l’origine de l’univers tel que nous le connaissons aujourd’hui.

La quintessence symbolisait également le départ et le commencement, elle suggérait le premier pas d’une longue aventure qui s’étalera sur des millénaires et qui s’apprête à présent à commencer.

La sphère quintessente était à présent en place depuis si longtemps qu’on aurait pu penser qu’elle avait toujours été là. Sa sérénité et sa stabilité donnait à penser que l’équilibre parfait entre l’ombre et la lumière avait été atteint et se maintiendrait pour l’éternité.

La quintessence vit pourtant ses derniers instants. Bientôt elle disparaîtra et laissera place à un décor bien plus complexe où prendra place la plus fabuleuse des histoires.


Les récits du monde du Losda









Voir aussi : Portail du monde du Losda

 

Outils personnels